‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 56 sur 85 · Préciser exactement l’àge de Çâkya, où il reparut dans · texte numérisé non relu

Préciser exactement l’àge de Çâkya, où il reparut dans

LE BOUDDHA F.ï LE BOUDDHISME.

la société hindoue , cela n’est guère possible. Toutefois si Ton réfléchit aux circonstances qui précédèrent son apparition à Bénarès et parmi lesquelles nous notons sa longue indécision s’il enseignera ou non la doctrine acquise, puis la conversion de plusieurs marchands qui faisaient partie d’une caravane nombreuse qu’il rencontra en roule, nous ne pouvons guère nous tromper, si nous lui donnons 37 ans au moins au moment de son arrivée à Varânaçi.

5. Ces deux ans de séparation de ses compagnons de solitude étaient plus que suffisants pour accomplir un voyage au delà de YIndus, dans l’Ariane, où la tradition mongole nous le présente discourant avec les adorateurs du feu, les Ters {Fars, Pars, Perses), et c’est ce voyage, comme je n’en doute pas, que les légendes nous racontent par le mot de Bôdhimanda.

6. Bôdhimanda vent dire « le siège de l’intelligence, » et c’est par ce nom que les écrivains bouddhiques désignent le lieu où le Bouddha eut ses révélations sous Yarbre de l’intelligence, ou « le roi de la félicité éternelle, » suivant les Chinois.

7. Or, on n’a pas encore trouvé dans l’Inde un endroit qui s’appelât ou qui se fût appelé ainsi, et, le trouvât-on, encore nous paraîtrait-il plus naturel de penser que ce nom de bôdhimanda a été donné à cet endroit parle Bouddha, en souvenir de « la demeure de l’intelligence » {hôçaddstâra') des Iraniens , où il était allé s'instruire dans les doctrines de la révélation primitive.

8. Et maintenant nous croyons en avoir assez dit sur ce qui fait le sujet de ce livre, le Voyage du Bouddha dans la Haute Perse, et la libation de sa doctrine morale avec celle des Mages , « les hommes de la première loi » { poirya tkaêcha ), comme ils se nomment.

9. A ceux auxquels nos preuves ne paraissent pas bonnes et concluantes, nous dirons: Le seul fait historique qui a des preuves irréfragablement attestées , parce que ces preuves

! sont toujours actuelles et palpitantes , c'est le fait qui va de l’Orient à l’Occident, de l’origine du monde à la fin du monde, c’est la personne du Christ et le Christianisme.

10. C’est assez dire que nous ne croyons point avec l’auteur du Journal des savants , déjà nommé, et dont les appréciations sur les religions de l’Inde fourmillent de si grosses erreurs historiques et philosophiques, que le Christianisme se rattache, par l’esprit sémitique, à l’Inde dont « la pensée, » dit-il, est l’aïeule de la nôtre, et qui a ouvert la carrière que » nous avons suivie après elle , et , sans le vouloir, sur ses » pas. »

11. Comme cela est intelligent ! et que le Christ, le fils historique du chantre inspiré des Psaumes , est glorifié de cette adjonction de ses ancêtres aux chantres des hymnes matérialistes du Rig-Vcda!

12. Mais le Rationalisme n’en fait pas d’autres. Pour le coup c’est dans l’Inde qu’il cherche « la source véritable de notre » civilisation , qui , sur la route infaillible des langues que » nous parlons, dit-il , ne peut remonter ni ailleurs , ni au » delà, quand elle veut connaître ses vraies origines. »

13. Que vous en semble? Pour moi, je fais fi de tous ces systèmes dont nous a gratifié et ne cesse de nous gratifier la science qui vise à renverser la pierre angulaire de l’humanité, et j’estime que tous les faits qu’elle établit sont absurdes et ruineux, eussent-ils la durée de l’empire chinois ou l’étendue du bouddhisme.

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