CHAPITRE VI
Cinquième et dernière preuve du voyage de Bouddha dans la Haute Perse pendant le temps qu'on le place en méditation sous le figuier sacré.
1. Il nous reste un dernier pointa éclaircir pour achever de prouver que Çâkyamouni n’a pas trouvé sa science sous l’arbre bôdhi ; c’est celui que nous avons indiqué dans le chapitre précédent, en disant qu’il y a deux années au moins dans la vie du Bouddha, dont l’emploi ne se trouve pas justifié par l’explication légendaire de son extase sous le figuier sacré.
2. En effet, Siddhdrtha avait 28 ans révolus quand il se fit çramana ou ascète ; il resta six ans dans la solitude avec ses cinq compagnons, ce qui fait 34 ans. Mettons, si vous voulez, 35 ans , pour parer à toutes les objections, et aussi à cause du passage de Çâkyamouni dans quelques écoles brahmaniques.
3. Or, toutes les histoires de sa vie s’accordent à dire qu’il atteignit la triple science ( [trividyâ ), c’est-à-dire qu’il devint Bouddha, à l’âge de 36 ans, et qu’il ne parut à Bénarès, où il commença à tourner la roue de la loi ou à enseigner, qu’un certain temps après avoir atteint à la dignité suprême du bouddhisme.