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Le tombeau de l’apôtre fut longtemps en haute véné

TRADITIONS PRIMITIVES

ration, et au 14e siècle encore, au temps où le visita Marco Polo, les chrétiens hindous, et même les Sarrasins, qui appelaient l’endroit Betoumah , maison de S. Thomas (Beit- Touma), s’y rendaient en pèlerinage : maint cristiens et mant Sarazinhi vienent en perlinajes.

. 14. Parmi les écrivains ecclésiastiques qui attestent la prédication de l’Evangile accomplie par S. Thomas, dans le midi de l’Inde, dans le Kranganor d’abord, puis dans le Travancor , sur toute la côte de Malabar et enfin sur celle de Coromandel, il suffit de citer Eusèbe , Grégoire de Nazianze , Jérôme etCosmas le voyageur, ou Indikopleustes, au 6e siècle.

15. Le Christianisme, dans ces pays et dans d’autres parties de l’Inde, fit de tels progrès, qu’au 4e siècle, le missionnaire Théophile, surnommé l’Indien, l’y trouva répandu partout, et que sa mission se borna à le réformer. Ces chrétiens faisaient des choses que l’Evangile n’enseignait pas:Fadebant quæ lex divinanon prœcipit, dit Philostorgue.

16. Suidas, de son côté, affirme, et il avait sans doute des documents qui lui permissent de parler avec cette assurance, que les habitants de l’Inde intérieure furent baptisés sous le règne de Constantin le Grand.

17. Cela s’accorde d’ailleurs avec ce que deux voyageurs, qui étaient restés longtemps dans l’Inde, dirent après leur retour à S. Alhanase, contemporain du premier empereur chrétien , de la grande disposition des Hindous à embrasser la doctrine évangélique.

18 Le philosophe Méropius lui dit : Indi ad salulis viam facile deduci possent; etl’autre, qui fut saint Frumence : Quantopere optarent Indi divinœ fidei radiis illustrari.

19. Il est également certain queles Hindous connurent, dès les temps apostoliques, la parole écrite de Dieu, car Panlœnus , missionnaire alexandrin, contemporain de l’empereur Sévère, trouva entre leurs mains l’évangile de S. Matthieu, qu’ils disaient tenir de l’apôtre Barthélemy.

20. En effet, S. Barthélemy prêcha la bonne nouvelle dans l’Inde, ainsi que l’ont consigné Jérôme, Eusèbe etSozomène.

21 . Que la propagation de l’Evangile se fît avec une étonnante facilité parmi les Hindous des premiers siècles du Chris-

tianisme, c’est ce qui est encore attesté par les résultats qu’obtint parmi eux un missionnaire dont nous avons déjà cité le nom, S. Frumence; il fonda beaucoup de chrétientés dans l’Inde.

22. Le succès de ces prédications apostoliques doit être tenu pour certain, puisque nous savons positivement qu’il eut lieu même à la voix d'un apôtre des temps presque modem's, S. François Xavier.

23. « Je baptise souvent des bourgs entiers chaque jour, » dit dans une de ses lettres cet homme admirable, si bien que » la plupart du temps la voix et les forces me manquent. »

24. L’Inde n’opposa donc pas plus d’obstacles à l’action du Christianisme que le reste de l’Orient qui connut la doctrine évangélique jusque dans la Bactriane, dès avant le 2e siècle, ainsi qu’il est constant par le témoignage du savant Bardesanes , qui vivait à Edesse vers 160.

2o. On peut dire du signe de la richesse spirituelle du Christianisme, la parole de l’Evangile, ce que Cosmas dit du signe de la richesse matérielle de l’Empire romain, sa monnaie, le denarius , qu’il était reçu en tous lieux jusqu’aux extrémités d la terre .

26. Il s’ensuit que le bouddhisme qui prit une si grande extension par les soins du roi Açôka , et qui la continua après lui au point qu’au 2e siècle, vers 122 avant notre ère, nous le voyons déjà répandu chez des peuples de race turque, dans le pays Hieuthou , au nord du Tibet -, il s’ensuit, dis-je, que le bouddhisme dut se trouver en contact avec le Christianisme, dans YIrân oriental comme dans l’Inde, dès les premières années de notre ère.

27. C’est alors que, par un mélange d’idées bouddhiques et d’idées chrétiennes, se produisit le gnosticisme proprement dit, c’est-à-dire cette doctrine qui prétendait posséder la science supérieure, la yvûciç, et qui, toute en contemplations hypostatiques et en aspirations vers la délivrance des liens du monde sensible, enseignait des pratiques physiques pour opérer cette délivrance par le retour des êtres dans le sein de l’Être suprême.

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