CHAPITRE III
Prédication de l’Evangile dans l’Inde : — Elle est due à plusieurs apôtres ; mais
surtout à S. Thomas. Preuves. — Facilité avec laquelle les Hindous recevaient la doctrine du Christ.
1. En ce temps-là la vraie lumière, vera lux, venait de se lever sur le monde pour l’éclairer et l’attirera elle, et ses rayons, dans la personne des apôtres, partirent de Jérusalem et se répandirent dans tout l’univers.
2. La terre de l’Inde ressentit une des premières l’action du zèle apostolique, car ses voies de communication avec l’Occident étaient nombreuses et bien connues.
3. Le commerce que l’Empire-Romain a entretenu avec l’Inde et la Chine pendant plusieurs siècles, par la voie de terre qui passait au nord de la mer Caspienne, et par celle de la mer Rouge, avait pris, dès les premières années de notre ère, une activité telle, que Pline en évalue les opérations, de son temps, à la somme de cent millions de sesterces par an , ce qui fait plus de millions de notre monnaie actuelle.
i. Il est donc tout naturel de supposer que plusieurs d’outre les apôtres durent diriger leurs pas vers l’extrême Orient, et cette supposition se trouve confirmée par des témoignages que tout peut nous faire considérer comme authentiques; ils
nous montrent, en effet, avançant dans ees routes lointaines, les Apôtres Philippe , Barthélemy et The, mas.
5. On a contesté la mission de 5. Thomas dans l’Inde proprement dite, mais cela n’est pas sérieux. Les autorités qui l’établissent sont dignes de toute considération.
6. Si Origène dit que S Thomas fut l’apôtre des Parthes., il n’y a là rien qui contredise le fait de son apostolat dans l’Inde.
7. On sait que sous les Arsacides , l’empire des Parthes s’était démesurément agrandi , vers le milieu du 2e siècle avant J.-C., et que ses limites du côté de l’Inde étaient loin d’être bien connues en Occident.
8. La mission indienne de S. Thomas est affirmée par la tradition locale et par plusieurs écrivains ecclésiastiques des premiers siècles.
9. La tradition locale est tellement précise que, suivant la Chronique syrienne de Barhebraeus, les chrétiens hindous, des lieux où S. Thomas avait prêché l’Evangile, n’éprouvaient aucune hésitation à se proclamer les disciples de cet apôtre : Nos Thomœ aposloli discipuli simus. Voilà ce qu’ils disaient, au 8e siècle, en 780. à Timothée, patriarche de Séleucie, qui voulait les ramener sous sa juridiction.
10. Cette tradition a conservé le souvenir du lieu où S. Thomas tomba victime de la haine des brâhmanes. Cela arriva dans une ville qui n’existe plus, mais qui alors était grande et florissante; elle s’appelait Maliapour , ou mieux Mailapour.
U . Elle était tout près au midi de la ville actuelle de Madras, et la tradition (lit que l’animosité des brahmanes s’alluma contre l’apôtre, parce qu’ayant converti le roi du pays et une grande partie de son peuple , il s’était trouvé la cause de l'amoindrissement de l'autorité de la caste sacerdotale, ainsi que de la diminution des riches aumônes qui la faisaient vivre.
12. Elle souleva donc la populace, et S. Thomas fut percé d’un coup de lance; d’autres disent qu’il fut lapidé. L’un n’empêche pas l’autre,