‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 63 sur 85 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

S. Thomas a prêché l’Evangile dans la Chine. Preuves. — Propagande du Christianisme dans la haute Asie et dans la Chine par les Xestoriens. Table de

Si-ngan-fou. — Seconde mission catholique en Chine. — Le roi-prêtre Jean.

— La chrétienté de S. Thomas dans l’Inde devient nestoricnne.

1 . 11 y a des auteurs, Marco Polo et Frey Gouvea, entre autres, qui disent que S. Thomas alla aussi en Chine, qu’il y prêcha l’Evangile et fonda une chrétienté à Cambalu on Camballè (Khan-halikh. résidence royale), c’est-à-dire Péking.

2. Cela est confirmé par la tradition des chrétiens de S. Thomas, qu’on a trouvé consignée dans le bréviaire de l’Eglise de Malabar, ainsi que l’atteste Triganlius.

3. Ces témoignages, on peut les corroborer par celui d’Arnobe qui vivait dans le 3e siècle, sous Dioclétien, et qui dit. dans ses Traités contre les Gentils, que les Chinois, qu’ilappelle les Seres , connaissaient le Christianisme.

4. Ainsi, pas de doute ^ 1 Evangile avait été prêché dans l’empire du Milieu dès le temps de l’Eglise primitive. Mais il est vrai aussi que, par suite de la profonde indifférence des peuples bouddhiques non pas pour la religion, mais pour la vérité religieuse, et qui aux Chinois surtout fait regarder du même œil toutes les religions, dès qu’ils n’en craignent aucun

LE BOUDDHA ET LE BOUDDH1SMB.

péril pour leurs mœurs et leurs institutions, il est vrai, dis-je, que la doctrine de Jésus-Christ s’était promptement effacée chez eux, et qu'ils ne la connurent de nouveau que sous la forme altérée où elle leur fut apportée par les missionnaires nestoriens.

o. En effet, le christianisme fut prêché aux peuples bouddhiques de l’Asie centrale et de la Chine par les missionnaires de cette secte nommée d’après Nestorius que le Concile d’Ephèse retrancha de l’Eglise en 431, parce qu elle déniait à Marie le titre de mère de Dieu, Qeotôxcç, son titre le plus véridique et sans lequel toute la religion ne serait qu’imagination et mensonge.

6. Forcés de sortir de l’empire de Théodose II, ces hérétiques se retirèrent en Perse où ils trouvèrent si bon accueil auprès des Sassanides , ennemis des empereurs de Byzance, qu’ils s’emparèrent, en 496, du siège patriarcal de Séleucie. De la Perse, les missionnaires nestoriens se répandirent promptement parmi les peuples de la haute Asie, en suivant la route que les caravanes de l’Iràn s’étaient frayée, dès une haute antiquité, au nord-est de l’Oxus, à travers les déserts de feu ou de gravier qui confinent à la Chine occidentale.

7. La conquête que tirent les musulmans de la Perse en 638, loin d’être nuisible à cette propagation d’un christianisme bâtard, y aida au contraire ; car les mahométans, qui n’en voulaient qu'aux adorateurs du feu, protégèrent les chrétiens, et c’est en accompagnant les conquérants dans leurs expéditions au cœur de la haute Asie et en les dépassant dans la route indiquée, que les nestoriens, en nombre toujours plus considérable parvinrent dans la Mongolie, au Tibet et à la Chine.

8. Que beaucoup de leurs coreligionnaires les y eussent déjà précédés, c’est ce que nous voyons par le patriarche nestorien de Séleucie, Jesou-Jabous , qui envoya dans les Indes et en Chine des évêques et des prêtres dès l’an 636.

9. Cela suppose nécessairement qu’il y avait déjà dans ces pays des chrétiens de cette secte, ce qui se trouve du reste confirmé par les Annales de la dynastie des Thang , qui disent qu’en 63o un prêtre Olopen, (nestorien), du royaume de Ta-

TRADITIONS PRIMITIVES

thsin (l’empire romain d’Orient) apporta dans l’empire du Milieu une doctrine cju’on n’y connaissait pas auparavant.

10. Elle y trouva un accueil hospitalier de la part de l’empereur Taï-tsoung , et s’yrépandit promptement, ainsi qu’il résulte de l’inscription de la table de Tchhang-ngan ou Si-nganfou, qui date du 8e siècle , et dont quelques critiques modernes, d’une intempérance de négation difficile à excuser, ont attaqué l’authenticité, quoiqu’elle soit confirmée par des écrivains officiels de la Chine.

1 1 . Il sera toujoursfacile de tout contester ou d’accommoder la science à ses vues plus ou moins hostiles à la religion, mais cette science, quelque belle qu’en soit parfois l’apparence, n’est à la science véritable que ce que la fumée est à la flamme, et elle a le sort de la fumée : le souffle de la vérité l’emporte avec ceux qui persistent à l’entretenir pour aveugler les faibles.

12. Que j’aime mieux cette belle et large science historique qui n’est point ombrageuse, mais qui cherche franchement et trouve partout la gloire de cette divine religion calholiqueque nous a donnée le bon Dieu et pour laquelle l’univers entier a été créé !

13. Cependant, si le Christianisme se répandit vite chez les Chinois et chez les peuples de race turque et mongole, il manqua, par là-même qu’il était hérétique, de la vertu nécessaire pour s’y maintenir longtemps à l’abri des influences du bouddhisme.

14. 11 en subit des atteintes si profondes qu’on ne vit enfin presque plus de différence entre le nestorianisme et le bouddhisme, et que, lorsque le premier missionnaire catholique, d’une authenticité reconnue, le franciscain Jean de Monte- Corvino, vint en Chine, l’an 1292, il lui fallait absolument recommencer les conversions à nouveaux frais, et cette fois sans grands succès à cause des tracasseries des nestoriens, et bien qu’il fondât deux églises à Cambaliech (Pékin) et qu’il convertît, la première année de son séjour, le roi mongolkéraïte du pays de Tendouk, situé au nord de la grande muraille.

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