‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 81 sur 85 · Gela, du reste, n’est pas une simple supposition. Toute · texte numérisé non relu

Gela, du reste, n’est pas une simple supposition. Toute

l’histoire moderne de l’Inde prouve ce fait, que depuis la disparition du bouddhisme de ce pays, depuis que les diverses sectes du brahmanisme s’y sont seules trouvées en face de l’étranger, aucune religion venue du dehors, et quels qu’aient été les moyens employés par ses apôtres, n’a pu opérer des conversions dans l’Inde, j’entends des conversions en nombre considérable et qui changent la physionomie religieuse d’un pays.

17. D’ailleurs les grandes résistances, les résistances héroïques, des combats « tels qu’on n’en avait pas vu d’exemples », comme dit Belladori, n’eurent jamais lieu que lorsque les Musulmans se trouvaient aux prises avec des princes ou avec des populations brahmaniques, ainsi qu’on le voit entr’autres par la conduite de Dàher, de Djayapâla, de Trilotchanapàla et par celle des défenseurs de Somanâtha.

18. La prise de cette ville de Sùmanâtha ou Soumenat couronna l’œuvre de la conquête musulmane sous Mahmoud ; pour le moment ce fut la ville de Mathoura, sur la rive occidentale de la Djamounâ, dans la province actuelle d’Agra, qui éprouva le sort de la destruction.

19. C’était encore un lieu sacré pour le brahmanisme; c’était la ville natale de Krichna, et à ce titre elle était toute en beaux temples et en palais magnifiques. 11 n’en resta debout que quelques ruines.

20. Franchissant ensuite la Djamounàÿo ur la seconde fois, l’an 1019, Mahmoud occupa sans résistance tout le Canoge dont le roi et un grand nombre d'habitants avaient fui au-delà du Gange; puis, ayant donné à ce pays un gouverneur en la personne d’un Hindou converti à l’Islam, il reprit la route de l’Indus.

21. Mais son absence ne fut pas longue. Sur la nouvelle que peuples et princes, conduits par le râdja N indu de Kallindjer , (Kàlandjara), s’étaient levés après son départ et avaient tué le gouverneur qu’il leur avait imposé, il revint, en 1021, avec une armée plus nombreuse encore que les précédentes, et arriva promptement sur la Djamounâ.

22. Là il vit, l’attendant sur l’autre rive, le roi Trilôtchanapâla, à la tête d’une armée considérable. Mahmoud traversa

TRADITIONS PRIMITIVES

la rivière, anéantit l’armée hindoue et força son chef à une fuite précipitée.

23. Puis il songea à aller châtier le râdja de Kallîndjer qui s’était renfermé dans celte forteresse du Bandêlkhand, qui était la plus forte de toutes celles dont ces pays étaient garnis.

24. A la vue de son ennemi, le râdja ne perdit pas courage, mais il comprit que la résistance serait inutile. Alors, pour se ménager une capitulation aussi favorable que possible, sachant que Mahmoud aimait les sciences et les lettres, il lui envoya une pièce de vers, composée en sanscrit, dans laquelle il célébrait la personne et les qualités de son adversaire.

25. Mahmoud se fit traduire la composition par les lettrés dont il aimait à s’entourer, et qui l’accompagnaient dans toutes ses expéditions, et, trouvant l’hommage à son gré, il fit grâce au râdja et lui laissa son gouvernement.

26. C’est une chose qui étonne, quoiqu’on se l’explique cependant, que cette passion pour les sciences et les belles lettres dans ces conquérants implacables, qui se nomment les Ommiades, les Abbassides, les Samanides ou les Gaznévides, et qui leur fit faire de Cordoue, de Bagdad, de Bokhara et de Gazna, autant de rendez-vous de tout ce que les races Arabe et Persane avaient d’esprits instruits et distingués.

27. Mais cet amour pour les choses de l’esprit n’exerçait, si ce n’est par exception, aucune influence sur le cœur de tous ces conquérants; les princes musulmans, quelque lettrés qu’ils fussent, ne surent guère se refuser les actions les plus cruelles. Mahmoud, en particulier, était insatiable de destruction, de meurtre et aussi de pillage.

28. Après avoir détruit dâns le Canoge et dans l’Adjmir autant d’idoles et adorateurs d’idoles qu’il put atteindre, il songea à frapper un plus grand coup, et à cet effet, il marcha, l’an 1025, contre la ville de Soumenal ( Sômanâtha ) qui était située sur les bords de la mer, dans le Gouzeral.

29. Les Hindous y adoraient Çiva sous la forme d’un linga dont la partie supérieure était revêtue d’or et de pierres pré cieuses.

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