‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 85 sur 85 · TRADITIONS PRIMITIVES. — LE BOUDDHA ET I.E BOUDDHISME · texte numérisé non relu

TRADITIONS PRIMITIVES. — LE BOUDDHA ET I.E BOUDDHISME

tous les peuples qu’il s’est soumis. Le sommeil léthargique des races tibétaines et mongoles, jadis si pleines de force et d’énergie; la perversion, ou si on aime mieux, le matérialisme positif de cette nation chinoise, de mœurs si franches et si patriarcales tant qu’elle plaça le but de sa vie dans les doctrines religieuses du bien, du beau, de Y utile, et du vrai, déposées dans ses livres primitifs, les Ou-King, que Confucius s’est efforcé de remettre en honneur; le despotisme incroyable, enfin, sous lequel sont aplatis les peuples de Siam, quoiqu’ils se nomment toujours les Thaï, les libres: voilà, en somme, l’œuvre de la religion bouddhique, et quelques détails consolants, quelques exceptions honorables, ne sauraient nous réconcilier avec elle. Elle n’enseigne pas à adorer le néant; non, mais elle conduit à se prosterner devant la matière. Fondée par un homme sur une idée purement humaine, sa vie morale et sa vie spirituelle, quelque admirables qu’elles soient parfois, se résument en deux mots : abdication et superstition.

Néanmoins, l’histoire n’en est pas sans intérêt et surtout elle est instructive, car elle nous enseigne comment finissent les religions établies sur l’autorité d’un homme, cet homme s’appelât-il Bouddha, Mahomet, Photius ou Luther. En un sens, il est vrai, le Bouddha ne peut être assimilé à aucun des trois autres personnages; il vaut infiniment mieux qu’aucun d’entre eux, car il ne connut pas l’œuvre du CHRIST, et sa doctrine a une hauteur et une pureté morales qu’à beaucoup d’égards on peut admirer sans réserve. Cependant, puisque la logique des choses a voulu qu’elle aboutît au bouddhisme tel qu’il a prévalu, et tel qu’il existe, le Bouddha, bien que supérieur sous tous les rapports à Mahomet, à Photius et à Luther, ou précisément parce qu’il l’est, nous fait comprendre, mieux que qui que ce soit que, pour faire une religion, il ne faut rien moins que de pouvoir dire: Data est M I H I OMNIS UOTESTAS IN COELO, ET IN TERRA.

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