‹ Le bouddhisme éclectiqueChapitre 17 sur 58 · L'AMOUR HUMAIN ET L'AMOUR DIVIN · texte numérisé non relu

L'AMOUR HUMAIN ET L'AMOUR DIVIN

i. — Les véhicules à l'aide desquels il est possible aux êtres de progresser dans la voie du Deveniret d'atteindre à l'accomplissement de leur destinée, sont au nombre de deux : le Véhicule de l'Amour et le Véhicule de la Recherche '.

i. Sainte Catherine de Sienne a dit qu'on pouvait arriver à Dieu par deux voies : « L'Esprit qui connaît (science) et la Volonté (amour).

2- — L'Amour consiste à s'attacher de toutes les forces de son âme à ce qui est digne d'être aimé, c'est-à-dire ce qui répond à l'idéal que, dans la sphère de notre évolution présente, nous avons pu nous former du Bien absolu, du Beau absolu et du Vrai absolu.

3. — Soumis, comme tout ce qui existe, à la Loi du Devenir, l'Amour se manifeste sous trois formes successives qui sont les formes nécessaires de l'évolution universelle. Il est d'abord instinctif ou fatal, ensuite calculé et libre, finalement impersonnel et absolu.

4- — L'Amour instinctif a pour source originelle la condition fatale de l'essence divine. En s'éloignant de sa source, il revêt le caractère individuel et intéressé.

5- — L'Amour calculé se manifeste avec les premiers appels de la Concurrence vitale et devient de plus en plus formel au fur et mesure que l'être, profitant de sa liberté, cherche à vivre de la vie égoïste. Il se rectifie, se perfectionne et

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LES PRINCIPES ET LES MOYENS

s'émancipe sous l'empire bienfaisant de la Réaction conscientielle.

6. — L'Amour impersonnel est la résultante d'un travail de rectification continue et incessante qui permet à l'être moral d'aboutir à la Connaissance.

7- — Durant la période de l'Amour instinctif l'être est sous l'empire exclusif des sens et des attractions sexuelles. Les sentiments qu'il éprouve sont dominés par sa constitution organique, et en particulier par son système nerveux. Cet amour, essentiellement charnel, est désordonné, frivole, fragile et passager. Il provoque, chez les sexes différents, des illusions trompeuses et souvent funestes dans leurs conséquences.

Chez la femme, l'Amour maternel ne s'élève pas encore au-dessus du sentiment que la femelle des animaux éprouve pour ses petits, que la poule, par exemple, ressent pour ses poussins.

8. — Durant la période de l'Amour calculé, l'être est de moins en moins sou-

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mis aux impulsions de l'instinct originel dont les revendications sont contrebalancées par ceux de l'intérêt personnel.

Il n'aime plus seulement par névrosisme :

il aime surtout par intérêt, c'est-à-dire en raison des avantages qu'il espère retirer de l'être auquel il s'attache. L'homme n'est plus un mâle d'une manière exclusive ; sous l'inspiration de la Concurrence vitale, il devient, en en ayant plus ou moins conscience, un exploiteur de la femelle.

Chez la femme, durant cette période, l'Amour maternel n'est plus seulement instinctif; il est calculé. La femme aime son enfant parce qu'il est sa chose, sa propriété : elle cesserait complètement de l'aimer, quelque grand qu'ait été jusque là son amour, si on lui apprenait que l'enfant auquel elle se dévoue n'est pas réellement le sien. La haine pourrait même, en pareil cas, remplacer l'attachement primitif.

Etant par sa nature essentiellement

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intuitive, la femme, pendant la période de la Concurrence vitale, devance néanmoins bien souvent l'homme, en ce sens qu'elle est plus fortement impressionnée que celui-ci par les qualités morales et intellectuelles de l'enfant auquel elle a donné le jour.

9. — Durant la période transitoire de l'Amour impersonnel, l'homme cesse peu à peu de subir les entraînements de l'instinct et de la Concurrence vitale. Il s'attache aux êtres en raison de leur valeur morale et intellectuelle. Ce qu'il aime dans autrui c'est la manifestation, dans le monde de la forme, du Bien, et du Beau et du Vrai absolu; l'amour qu'il cultive est le rudiment de l'Amour divin.

Cet amour, dans les conditions voulues, s'épure, ne subit pas la conséquence des accidents éventuels de la vie : il ne peut que grandir en intensité, si la créature qui en est l'objet continue à s'en rendre digne.

La femme, durant cette période, n'est

plus seulement Mère de l'enfant; elle est déjà Mère de l'homme, en ce sens qu'elle provoque chez l'homme le besoin continuel d'amélioration de soi-même, la culture des forces intuitives et l'aperception du terme idéal dans la voie du Devenir.

10. — Le développement complet de la Mère de l'homme, conduit la femme au terme final de sa destinée : elle devient ainsi, pour employer le langage poétique des vieilles religions orientales, la « Mère de Dieu », en ce sens qu'elle fournit au Grand Tout un apport indispensable à l'accomplissement suprême de la Perfection absolue.

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