‹ Le bouddhisme éclectiqueChapitre 24 sur 58 · DE LA MÉTHODE ET DE LA POSSIBILITÉ DE SAVOIR · texte numérisé non relu

DE LA MÉTHODE ET DE LA POSSIBILITÉ DE SAVOIR

i . — Dès que l'homme a su se recueillir, dès qu'il a réfléchi, le grand problème de la Destinée est devenu l'objet de ses constantes préoccupations. Malgré le caractère en apparence inextricable de ce problème, il ne renonce jamais pour longtemps à l'espoir d'en découvrir la solution.

^^H GS*r SSiM

WM

2. — S'il est tombé parfois dans le découragement, s'il a douté qu'il lui soit possible de découvrir le sens de l'énigme de la vie, il ne s'est arrêté en route que par lassitude; mais il a laissé à d'autres avec confiance le soin de parcourir la voie dans laquelle il n'avait pas hésité à s'engager lui-même.

3. — Le Scepticisme, qui porte à croire que le problème de l'existence et de la destinée est un problème insoluble, constitue un état de maladie intellectuelle et morale qui doit être soigné et qu'il n'est pas impossible de guérir. L'hygiène de cette maladie se trouve dans l'enseignement religieux ; sa thérapeutique est dévolue à ceux qui comprennent la Charité dans sa plus haute et dans sa plus belle acception.

4. — La Certitude, pour l'être fini, est nécessairement relative; elle n'en est pas moins entière dans ses rapports avec la sphère d'évolution où il se trouve engagé. Elle est susceptible de s'élargir,

LES PRINCIPES ET LES MOYENS

mais elle ne change pas de nature. Tel un cercle, qui peut être imaginé avec des rayons sans cesse plus grands les uns que les autres, mais qui n'en est pas moins toujours un cercle quelle que soit l'étendue du rayon dont il procède.

5. — La relativité de la certitude n'est en rien attentatoire au besoin de vérité que nous voulons acquérir. Si elle était complète, l'œuvre du Devenir serait interrompue : il est de son caractère essentiel d'être indéfiniment continue.

6. — Nous pouvons obtenir la Certitude relative en faisant usage des ressorts de notre organisation intime. Cette certitude est acquise, lorsque les conclusions de nos forces rationnelles sont en harmonie avec les affirmations de notre « Sentiment préconscientiel ».

7. — Le Sentiment préconscientiel est une sorte de révélation intérieure qui se produit en nous lorsque nous sommes bien préparés à son éclosion et que nous voulons « apprécier ». Ce

sentiment se manifeste et s'affirme avant que notre Raison ait commencé son œuvre.

8. — Tandis que la Raison opère, essentiellement sous l'influence de l'individualité, le Sentiment préconscientiel se produit, au contraire, d'une façon en quelque sorte indépendante de l'individu.

Celui-ci est une force passive, celle-là une force active. Les deux forces doivent se contrôler et se compléter l'une et l'autre : elles doivent se traduire ensuite par un verdict unique qui constitue la Certitude.

9. — Ainsi, le Sentiment préconscientiel apporte à l'individu qui veut apprécier un concours d'autant plus précieux qu'il appartient à la Nature universelle, et non à l'individualité. Il appartient à la Nature universelle, parce qu'il est la résultante du travail collectif des générations antérieures dont il résume la substance essentielle, et des forces combinées de l'atavisme et des milieux successifs où

LES PRINCIPES ET LES MOYENS 7 3

ces forces se sont produites et se sont développées.

10. — La Certitude, acquise dans une période déterminée de l'évolution intellectuelle et morale des êtres, accomplit un cercle relatif de Connaissance ; ses manifestations préparent, par l'effet de l'atavisme et des milieux, l'accomplissement de nouveaux cercles de Connaissance de plus en plus larges, conformément à la loi du Progrès et du Devenir.

BûUDDH. ÉCLECT.

\!*Ji»

Page 1