LA SCIENCE DE L'OBSERVATION ET LA SCIENCE IDÉALE
i. — Il y a deux manières d'élargir le champ de notre savoir : l'une en faisant usage de nos sens, l'autre en faisant usage de nos forces intérieures ou conscientielles. La première manière constitue la Science proprement dite ou recherche au moyen de l'observation et de l'expérience.
La seconde manière constitue la science idéale ou mieux la Connaissance, c'est-àdire la recherche fondée exclusivement sur les ressources de notre organisation intime.
2. — Le Bouddhisme enseigne que le savoir obtenu au moyen de nos sens est
LES PRINCIPES ET LES MOYENS
un savoir trompeur et qu'il ne nous apporte que des illusions '. Cette vue philosophique a besoin d'être expliquée : elle a conduit parfois à des conclusions fausses et dangereuses.
3. — Nous ne pouvons obtenir la Certitude que par le travail de notre organisation intime ; mais, dans la période actuelle de notre évolution, nous sommes doués de sens, et la loi logique du Devenir ne nous a pas doués de sens, exprès pour nous induire en erreur. L'usage des sens nous sert à acquérir des notions provisoires et relatives qui peuvent s'élever à la hauteur de certitudes, lorsqu'elles concordent avec les révélations de notre organisme conscientiel. Dans tous les autres cas, les acquisitions de nos sens sont aléatoires et souvent pernicieuses.
4. — A chaque époque de l'histoire, les savants se sont cru en possession de données sûres et positives sur les phéno-