LA VIE ASTRALE
Si l'on tient à demeurer d'une façon absolue dans le domaine de la science dite « positive » de l'expérience et de l'observation, le problème de la vie astrale doit être mis de coté comme étant en dehors de la sphère actuelle de nos aperceptions. On ne saurait affirmer cependant qu'il soit en dehors de cette sphère d'une façon absolue. Ainsi, il est certain que la vie existe dans les planètes et dans les étoiles, aussi bien que sur notre globe.
Partout où la matière existe, il y a force, mouvement et combinaisons; et là où la force, le mouvement et les combinaisons
se produisent, il est impossible que la vie soit absente. C'est à peu près tout ce que nous pouvons affirmer, sans recourir aux procédés déductifs, si souvent dangereux, de la méthode apriorique.
De très curieux travaux ont été entrepris dans ces derniers temps sur l'analyse spectrale appliquée aux corps célestes ; mais les conclusions qu'on nous présente au sujet de la composition chimique des astres ne sont peut-être pas aussi sûres que l'on veut bien nous le dire. Si les expériences et les' observations faites sous nos yeux nous induisent sans cesse dans d'énormes méprises, à combien d'erreurs ne sommes-nous pas exposés lorsque nous nous occupons de corps perceptibles seulement avec une lunette et qui sont éloignés de ses lentilles par un espace immense dont nous ignorons la nature et le contenu ; car il ne faut pas nous dissimuler que les hypothèses de la science au sujet de l'éther sont encore à peu près complètement gratuites? Nous ignorons
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enfin si, dans les étoiles que nous apercevons avec le télescope, il n'existe pas des lois chimiques différentes de celles
de la terre et qui peuvent nous donner le change quand nous observons à grande distance la matière constitutive de ces étoiles.
Arago, interrogé sur la question de
savotr s ,1 y a des habitants dans le soleil repondit qu'il n'en savait rien. Interrogé de nouveau pour apprendre si le soleil pouvait être habité, le célèbre astronome répondit qu'il le croyait fermement. Dans
le premter cas, sa réponse avait été celle d un adepte de l'expérience et de l'observation; dans le second, elle a été celle dun penseur qui ne se décide pas à repousser complètement les «perceptions de notre organisme intime.
; Ce n'est, en effet, que par les aperceptions de notre organisme intime qu'il «ousestpermis de toucher, dès aujourdhui, au périlleux problème du peuplement des planètes. En nous appuyant
sur ces aperceptions, nous sommes très légitimement autorisés à dire que les corps célestes doivent être habités; il ne nous est pas licite d'affirmer qu'ils sont habités.
C'est pour rester dans la logique' de son système, pour se soumettre à ses exigences, que le Bouddhisme a déclaré l'existence de la vie astrale. D'après cette doctrine, les mondes habités sont innombrables et les habitants de chacun d'eux subissent des conditions de vie en rapport avec la nature spéciale de ces différents milieux. De la sorte, les hommes sont appelés à renaître dans des mondes plus ou moins avantageux, suivant la somme de mérite et de démérite qu'ils auront acquise durant leur vie terrestre '.
i. L'idée de renaissances dans les astres a été caressée par bien des penseurs, non seulement dans l'Inde, mais en Europe. Elle a été soutenue dans ces derniers temps par Blanqui et exposée avec de longs développements par M. Louis Figuier dans son livre sur Le lendemain de la
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Les conditions d'existence et d'évolution sont les mêmes dans un certain nombre de mondes, mais elles sont diverses dans d'autres. Lorsqu'un Bouddha vient à naître sur la terre, notre planète est la plus favorisée de toutes celles qui existent dans l'univers '.
Mort. - On pourra lire également avec un vif intérêt, sur cette question, l'ouvrage publié par M. Camille Flammarion sous le titre de Urame (Paris, 1891).