Mdrga, il y a une voie (qui aboutit à cette suppression
^ Dans ces termes, on comprend qu'il s'agisse de « quatre vérités » ou tout au moins de « quatre affirmations » ; et l'idée fausse que la souffrance est un mal et partant un méfait, ne peut plus être imputée au bouddha Çâkya-mouni.
On verra, je l'espère, par ce premier exemple, combien il est indispensable de réfléchir sur la manière de bien rendre une idée philosophique, si l'on ne veut pas qu'il résulte les conséquences les plus fâcheuses de sa mauvaise énonciation.
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LE DÉSIR DE VIVRE (Bhava)
Le désir de vivre ou bhava, qui nous porte à nous attacher à l'existence sensuelle [oupâdâna), est, suivant le Bouddhisme, la cause ée.nos réincarnations, et par conséquences souffrances qui sont inhérentes à ljfcà Le devoir du sage est de s'efforcer à eteffifrc en lui le désir de vivre.
Les observations, présentées plus haut relativement aux Quatre vérités salutaires, s'appliquent également à l'idée du bhava. Nous ne devons pas tenir à la vie,
APPENDICES
du moment où elle ne peut plus servir en rien à l'accomplissement de notre mission sur la terre; mais il est naturel que nous y tenions tant qu'il nous reste encore des moyens d'avancer dans la route à parcourir.
Je dois mentionner néanmoins une objection qui m'a été faite par un bonze japonais et sur laquelle il n'est pas inutile de réfléchir : « Pour l'homme qui s'est bien pénétré de la foi bouddhique, c'est un tort de tenir à la vie quand bien même on aurait la conviction de pouvoir en faire un emploi utile. D'abord, cette conviction est presque toujours un faux fuyant pour repousser un sacrifice que nous avons la faiblesse de redouter.
Ensuite, elle a le défaut d'être en révolte avec nos principes. Si, en effet, nous avons su rendre notre esprit suffisamment fort pour se désintéresser aux appels de la chair, nous sommes devenus plus aptes que jamais à approcher du Nirvana. Nous avons donc tout avantage à quitter ce
BOUDDH. ÉCLLCT. y
l34 LE BOUDDHISME ÉCLECTIQUE
monde pour renaître dans des conditions nouvelles et à coup sûr plus favorables pour avancer rapidement dans la Voie. »
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DE LA RÉSULTANTE DE L'ACTION (Karma)
On désigne sous le nom de karma « activité », le principe en vertu duquel une créature (animal, homme ou ange), aussitôt morte, renaît dans des conditions plus ou moins heureuses ou malheureuses, suivant la somme de mérite (kousala) ou de démérite (akousala), de sagesse ou de vice qu'elle aura accumulée pendant chacune de ses existences successives. Ces existences successives ont pour cause la soif de jouissances (trhhna) qu'éprouve l'être non encore émancipé et qui le porte à se cramponnera la vie (oup â-
'•'" I I BOODDH1SM n QUE
dâna comme un homme qui se rwie â la branche d'un arbre. Les sensations, qui proviennent du contact des sens avec le
monde extérieur et produisent avec les désirs le besoin ardent de les satisfaire, entretiennent les germes vitaux qui produisent de nouvelles existences, c'est-àdire de nouvelles agrégations deskandas, de nouveaux corps mus par des tendances et des aspirations nouvelles'. Le rahat, ou être entièrement dégagé de l'esclavage du désir, est sur d'entrer à sa mort dans le Nirvana, parce qu'en lui le karma.
cause des renaissances, n'existe plus '.
Tant que le karma, en effet, n'a pas été détruit, il est inséparable de l'être :
Semblable à I ombre, a dit Nagaséna, le karma suit toujours l'individu en quelque lieu qu'il se tTOUVt
L'idée du karma, avec les développe-
l. Khys DnvuJ. Buddhitm, 1887, y. loi.
■ Spence llara-y, .1 Utmu-I ufliujjlnsm. \ >') et 2 53.
pp. > (J
APPENDICES
ments qu'elle comporte, est une des plus importantes de l'ontologie bouddhique Cette idée repose-t-elle sur des bases assez solides pour qu'on puisse l'admettre au titre dune vérité définitivement acquise et établie sur des preuves irréfragables ?
Je crois qu'il y a avantage, pour le progrès des études philosophiques, à ne repondre à cette question qu'avec la plus grande réserve, aussi bien s'il s'agit de l'accepter que de la repousser. L'assise la plus résistante du dogme de la réincarnation consiste dans une « nécessité ,, qui domine toute l'économie du système bouddhique. La doctrine darwinienne de 1 évolution, en somme, ne possède guère que des fondements de la même nature ■ sans cesse contredite par des faits que sans doute nous voyons mal ou que nous ne comprenons pas, elle s'impose néanmoins par ce motif que mieux que toute autre elle rend plausible une conception générale de l'univers. Si l'on objecte que
ISOUDDH. éCLEC'l .
les forces militantes de notre conscience ne suffisent pas pour nous apporter la certitude du sujet du dogme de la transmigration des êtres, le bouddhiste nous oppose un argument contre lequel il est bien difficile de s'inscrire en faux. Cet argument, le plus considérable de la doctrine du Çâkya-Mouni, se résume en ces termes : « L'aperception des lois de la vie et de la destinée s'accroît en raison directe de la somme de Rectification morale que nous savons opérer dans notre personne; cette aperception devient une lumière' complète, lorsque nous sommes parvenus à anéantir le sentiment égoïste de notre individualité et à nous confondre, en nous y associant, dans la Loi éternelle et absolue. »
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