NÉCESSITÉ DE LA RELIGION ET DU POSITIVISME
i . — L'être fini se laisse facilement entraîner vers le mal : il a besoin d'un frein pour arrêter ses entraînements coupables, d'un aiguillon pour le pousser vers le bien, d'un phare pour lui rappeler sans cesse le but vers lequel il doit tendre.
Ce frein, cet aiguillon, ce phare, il ne peut les trouver ailleurs que dans la soumission à une loi morale exclusive de
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tout sentiment égoïste. Cette loi morale est la Religion.
2. — Le fait qu'on abuse parfois de la Raison n'est pas un motif suffisant pour abandonner la Raison : la Raison reste pure et immaculée en dépit de tous les abus qu'on peut en faire; elle continue et continuera éternellement à planer audessus des zones les plus hautes de la Nature universelle.
Le fait qu'on a abusé de la Religion pour répandre parmi les hommes des haines, des erreurs et des mensonges n'est pas un motif suffisant pour condamner la Religion : l'idée religieuse est indissolublement unie à l'œuvre du progrès et du Devenir.
3. — Mais, pour conserver ses prérogatives sur la direction morale des hommes, pour maintenir ses droits à commander à leur conscience et à lui imposer des règles sévères et intransigeantes, il faut qu'elle soit absolument conforme à la vérité, absolument positive.
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4. — Tout ce qui est en désaccord avec la Connaissance, en contradiction avec les verdicts du Raisonnement conscience] n'est point une formule de la Religion '.
Si la parole religieuse paraît avoir enregistré une formule fausse, la parole religieuse doit être interprétée par toutes les ressources de l'exégèse, parce que la parole religieuse ne peut être une parole d'erreur.
5. — La parole religieuse ne peut être une parole d'erreur parce que, dans les conditions originelles où se produit la parole religieuse, elle ne peut être fausse d'esprit. L'imperfection du langage a seule pu la rendre en apparence erronée par la forme.
1. « Ne croyez à rien qu'à ce qui vous csl imposé par votre propre conscience; mais h ce qui vous est impose par votre conscience, conformez votre vie de la façon la plus sévère, et la plus intransigeante » (cf. Mahaparinirvdna Sûtra; Foucaux, Le Bouddhisme au Tibet, p. 5).
6. — La véritable religion est nécessairement positive, parce qu'une religion véritable ne peut-être entachée d'erreur.
Le véritable positivisme est nécessairement religieux, parce que la vérité ne saurait divorcer avec la morale, avec le strict accomplissement du devoir.
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