SCÈNE XIII
Les mêmes , SUZANNE , accourant , avec un petit paquet sous
le bras (î).
m' SUZANNE.
Monsieur ! monsieur , venez donc voir ! un carosse à quatre chevaux qui s'arrête à votre porte.
maître huguo , d'un air modeste.
Je sais , Suzanne , c'est pour moi î
SUZANNE
Pour vous?...
MAITRE HUGUO.
On vient me chercher , ma bonne... C'est absolument Denys de
11 '." Syracuse que l'on arrache à ses bambins.
rei
* SUZANNE
Est-il possible î... Je vous verrais dans une voiture de la cour !...
MAITRE HUGUO, ému.
Allons , allons , Suzanne , pas de faiblesse... Il faut savoir supporter la fortune avec plus de calme et de sang-froid... Regarde... je ne suis pas ému... Embrasse-moi , Suzanne... Tu vois , quoique j'aille en voiture... je suis toujours le même.
MARINI
Songez qu'il ne faut pas faire attendre le prince ! (î) Suzanne, maître Huguo, Marini.
MAITRE HUGUO.
C'est juste ; que je prenne mes papiers... ( // court a sa table , ti en fourre dans toutes ses poches.) Mon projet sur les tribunaux*.. Mon traité des finances... (A Suzanne. ) Tu diras à notre intéressante inconnue que sa pension est sûre maintenant... Où diable ai-je donc fourré mes cours étrangères ? J'avais la Russie sous la main... Tu n'a pas vu la Kussie , Suzanne? il y avait un pâte dessus... Ah! tu diras à mes élèves que je, leur donne un congé indéfini.
Suzanne , rc gardant au fond.
Justement , tout le village qui se rassemble autour de la voiture... je veux être la première à leur annoncer la nouvelle.
(Elle va au fond.) maître huguo, cherchant toujours ses papiers.
Ah! voilà bien les femmes!., la vanité. {Lui criant de loin.) Laisse-les entrer pour qu'ils me voient partir.
MARIN I , le pressant.
Allons , ètes-vous prêt?
MAITRE HUGUO.
Vous venez avec moi , cher ami ?
MARINI
Je vous rejoindrai ; mais en ce moment je suis chargé d'uno mission.
MAITRE huguo, baissant la voix.
Mission diplomatique ?
MARINI
Précisément.
MAITRE HUGUO.
Que je ne vous dérange pas , les affaires de l'état avant tout.