‹ Le bouquet des fleurs de SénèqueChapitre 9 sur 10 · ODE ML · texte numérisé non relu

ODE ML

SENEQIE.

llliul mil aie, i))i cxtolli aliijiKiii , ii1)i oiiuics depiiinunlur ; ibi slare , iil)i oiniies jaçcnt. ( De l'Espilic 71. )

Retourne au monde avcctiuc ta challdt•ll^, Rcfay , grand homme , une questr nouvelle

Justement dcpitc ; Clicrclie partout en cet âge ou nous sommes , Je ne dis point lui liuuunc entre les hommes ,

Mais de l'Iuimanité.

Tu ne verras que des tigres en armes , Nouveaux Thebains , forcenans aux alarmr!> ,

Vainqueurs et déconfis , Le frère armé contre son propre frère , Le fds meurtrier se souillant en sou père ,

£t le père en son lils.

Piteux regard ! tons les bois d'Hyrcanic Ne sont affreux en tant de félonie ,

La terreur des humains , Que pour mourir , sans mourir en sa peine , La France loge , à soi mesme inhumaine ,

Des monstres inhumains.

L'Ambition , la grand beste de Lerne , Et la Discorde , engeance de l'Averne ,

Nourrissent leur fierté.

L'une en attente aux grans donne l'empire, L'autre aux sujets, afin de les séduire,

Promet la liberté.

Heureux qui vit comme toy , Galeville (i) , Contre l'effort de la rage civile Renforcé des vertus , Le cueur lui croit ou les cueurs affoiblissent , Il se tient ferme où les autres languissent Contre teri'e abbatus.

(i) M. d« Galeville était conseiller clerc au parlement de Rouen.

3o Lïï TIOUQITET

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ODE YIII.

SEINEQUE.

Fata râla et fixa sunt; atque magiiâ et ailernâ necessitale ducuntur. ( de l'Epistre 77-. )

Desprez (i), laisson là Bellone Forcener en tous ses faits.

Dieu , qui là haut tout ordonne Nous soit bénin , et nous donne Bientost une bonne paix.

Nous petiz que sous la terre Les Muses tiennent cachez , Vivou bien sans nons enquerre Du monde, et pour toute guerre Faison la guerre aux péchez

(1) Nicolas Michel, sieur Desprez, professeur royal déloquence et recteur de l'Université de Cacn en iSjg. Nous avons de lui plusieurs ouvrages.

Sans nous donner tant de peine, Vivon chacun bien pourveu D'une conscience saine :

Puis vienne la mort soudaine Nous surprendre à l'impourveu.

Que nous servira de craindre Ce qui nous suit en tous lieux ?

Mouron contens sans nous plaindre ^ L*hoinme ne sçaurail enfraindre La loy qu'ordonnent les cieux.

Cela que tu vois descendre Sous terre , sans plus de vois , Naguère sravait f^ntendre :

Ce n'est plus qu'im peu de cendre, Fardeau léger à cinq dois.

Le" corps perd, l'ame regagne Sa première liberté ; Le sçavoir qui l'accompagne Plus parfait, la fait compagne De la sainte éternité.

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