‹ Le Bourbonnais Sous La Seconde Restauration: L'Esprit PublicChapitre 13 sur 56 · SEE · texte numérisé non relu

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trigue et d’un parti qui ne s’est pas encore consolé de la perte de l’ancien gouvernement » (1).

A Etroussat, au courant de juillet 1817, une grande animosité régnait entre de Frémont, maire, et Ducoudert, adjoint. De Frémont était un ancien émigré : ses biens avaient été vendus comme biens nationaux. Le père de Ducoudert s'était rendu acquéreur de ces biens. De plus, le maire et l’adjoint n'avaient pas la même éducation, et chose plus grave, ils ne professaient pas les mêmes principes politiques. Le préfet se rangea naturellement du côté de l’émigré, et invita l’adjoint à démissionner. Ducoudert refusa énergiquement. Sa révocation fut alors demandée. Mais le Ministre ne tenait pas à encourager ces querelles de clocher, et il fit justement observer, que cette révocation pourrait ètre un sujet de triomphe pour de Frémont, et invita le préfet à demander la démission du maire, en lui faisant observer qu'on pourrait le dédommager par une place au conseil d'arrondissement. Pendant toutes ces discussions, le maire et l’adjoint d’'Etroussat se mettaient d'accord et le 19 mai 1818, le sous-préfet de Gannat écrivait que l’on « pouvait espérer un entier rapprochement » (2).

A Lapalisse, peu d'hommes étaient. susceptibles de faire de bons administrateurs. Ceux qui, par leur instruction, en auraient été capables, tournaient au libéralisme, et on hésitait à leur confier l'administration de la ville. En 1818, à la suite de la démission du maire, pour cause de santé, le souspréfet ne trouva que Guillomet, receveur particulier, à proposer en remplacement.

Le maire de Chantelle, Choisy, avait des opinions politiques qui n'étaient pas conformes aux vues du Gouvernement. Invité d'abord à démissionner, il refusa. Le 29 décem-

(1) Archives départementales, M, police, ire série No 6. (2) Archives départementales, M, police 1re série, 1818.

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bre 1818, il était relevé de ses fonctions. Cependant, c'était un bon administrateur, et le sous-préfet de Gannat ne put s'empêcher de lui décerner des éloges : « M. Choisy, écrit-il, poursuivit avec vigueur une foule d'abus, et le fit toujours dans la voie légale » (1).

La même année, le maire de Montmarault est en conflit avec son conseil municipal, et demande à démissionner.

En 1819, Crouzier, maire de Dompierre, est accusé de manquer de fermeté. Le 26 décembre, le préfet lui écrit : « si Monsieur le Maire ne se sent ni la femheté, ni l'autorité nécessaires pour diriger une commune, où il paraît qu'il y a des personnes turbulentes, et des ennemis de l’ordre et de la paix, 1l ferait bien de donner sa démission ». Crouzier refusa. Par arrêté du 21 février 1820, le préfet prononça sa suspension et Gemanda sa révocation au Ministre qui répondit, d'examiner si la suspension temporaire ne suffirait pas à ramener le sieur Crouzier au devoir (2).

A Vesse, en novembre 1820, Hugue Givois était révoqué de ses fonctions de conseiller municipal. Il adressait immédiatement un long mémoire justificatif au Ministre de l'intérieur, auquel le préfet répondit ainsi : « Le sieur Givois est, comme son frère, un ultra-libéral outré, et partage la détestable réputation que ce dernier s’est acquise pendant la Révolution. Sa fortune considérable lui donne beaucoup d'influence sur tous les habitants. Il use de cette influence pour tourmenter le maire, M. de Thony, et le curé. M. de Thony, maire de Vesse, est loin d’être un bon maire. Tracassier, orgueilleux, emporté, il ne veut souffrir aucune . résistance. sa prétention de faire nommer sa femme la première à la prière des morts, prouve son orgueil et son! esprit de domination. M. de Thony et Givois sont les deux seuls

(1) Archives départementales, M, police ire série, 1818. (2) Archives départementales, M, police, 1re série, 1819,

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