‹ Le Bourbonnais Sous La Seconde Restauration: L'Esprit PublicChapitre 27 sur 56 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Reprise des relations avec Rome. — Le Concordat de 1815, — Situation du Bourbonnais au point de vue religieux. — Alliance du Clergé et des ultras. — Installation d'un évêque à Moulins. — Le nouvel évêque. — Le Clergé et l'enseignement. — La querelle gallicane et ultramontaine, — Pamphlets de Montlosier. — Détense des Jésuites par de Conny. — Attachement du Clergé Bourbonnais aux Bourbon. |

Ccnflits entre les desservants des communes et les maires. — Sermon du curé de Bellenaves. — Refus de sépulture religieuse.

Napoléon déchu, Louis XVIII remontant sur le trône, il était naturel que le clergé se réjouit, et espère reprendre son ancienne influence. L'empire avait mis sur le même rang les évêques constitutionnels et les évêques démissionnaires. L'Empereur n'avait jamais voulu qu'on demanda aux constitutionnels de se rétracter ; la Restauration se proposait de le faire. Il y avait plus encore. En 1808, les Etats romains furent occupés ; à partir de cette date, le Pape avait cessé d’instituer des évêques français. Il y avait bien eu un concordat signé à Fontainebleau, le 13 février 1813, mais il avait été déclaré nul, par le Pape, quelques jours après. Les relations étaient donc rempues en fait, entre Rome et Paris. Le retour de Louis XVIII les rétablit.

La Chambre de 1815 avait déjà renforcé, par quelques mesures législatives, l'autorité morale du clergé. Les ultras

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voulaient plus encore. Ils prévoyaient, en effet, que le clergé leur serait un très utile auxiliaire dans la lutte qu'ils se proposaient d'entreprendre ; ils considéraient qu'un retour à l’ancien régime, c’est-à-dire le rétablissement et l’organisation des diocèses comme avant 1789, lui donneraient la force nécessaire pour soutenir leurs doctrines politiques. Qui, en effet, était mieux désigné, pour défendre un pouvoir que, selon les théoriciens du parti, Bonald entre autres, le Roi tenait de Dieu ? Qui, mieux que les évêques et les prêtres, pouvait aider dans leur action, ces hommes qui voyaient dans la société une œuvre divine, et dans le Prince un représentant de Dieu ? -

Mais pour cela un accord avec Rome était nécessaire. Le comte de Blacas, nommé ambassadeur auprès du Saint- Siège, commença secrètement les négociations. On se mit vite d'accord sur les points suivants. Le concordat de 1801 serait supprimé et celui de 1516 remis en vigueur, en principe ; les évêchés supprimés seraient établis ; les évêchés, cures et séminaires, recevraient une dotation convenable : le Pape consentirait à échanger ses droits sur Avignon cotre une indemnité. Mais le Roï voulut faire insérer, dans le traité, une clause spécifiant qu'il ne devrait jamais être porté atteinte aux libertés de l'Eglise gallicane, et que les règlements faits par ses prédécesseurs, contre les prétentions ultramortaines, ne seraient pas abrogés. Le Pape protesta, non seulement contre cette clause, mais aussi contre le serment que les pairs ecclésiastiques devaient prêter à une charte qui garantissait la liberté des cultes.

Enfin l'accord se fit, et, la 16 juillet 1816, le comte de Blacas, au nom de Louis XVIII, et le cardinal Consalvi, au nom de Pie VII, signèrent le traité. Le plus difficile res-tait à faire ; on espérait qu’un décret suffirait pour que le Concordat passa dans le domaine de l’application, mais Portalis, alors garde des sceaux, démontra que le Concordat de 14801 était loi d'Etat et ne pouvait être abrogé que par une

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