CHAPITRE III
I, Armée
Les Alliés envahissent la France. — Occupation d'une partie du Bourbonnais, — Exigences du baron de Hügel. — Contributions extraordinaires et réquisitions. — Etat d'esprit de l’armée après Waterloo. — La cocarde blanche, — Licenciement de l'armée. —
Incidents à Montluçon. — Les demi-soldes. — Surveillance des officiers en non-activité. — Le général de Courtais. — Organisation de la légion de l'Allier. — Bénédiction des étendards, —
Fêtes données par le colonel de Castellane.
Après avoir été battu à Waterloo, Napoléon, laissant à ses généraux le soin de rallier son armée, rentra à Paris. Les Chambres étaient contre lui et se déclarèrent en per: manence. Cependant, l'Empereur avait toujours la confiance au peuple et de l’armée. La foule äcelamait encore celui qui fut si longtemps son idole. Son entourage lui conseillait l’abdication. Napoléon hésitait ; il aurait pu être le chef du mouvement révolutionnaire qui avait pris naissance pendant les Cent-Jours. La grosse majorité des Français, l’armée, l’auraient suivi avec enthousiasme. Il ne voulut pas jouer ce rôle. Il abdiqua sans conditions.
Pendant que l'Empereur hésitait sur la conduite qu'il devait tenir, la Chambre des représentants se livrait à des discussions sans fin sur le régime qui devait succéder à l'Empire, Fouché manœuvrait en faveur des Bourbons, les Pairs délibéraient sur l’hérédité de la pairie. Personne ne se préoccupait de mettre la France en état de défense et de
la préserver de l'invasion.
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Les Alliés ne perdaient pas de temps et continuaient leur marche avec prudence. Ils arrivèrent bientôt aux portes de Paris. Wellington s'annonçait déjà comme un maître. Il venait, disait-il, à la tête « d'une armée victorieuse » pour aider les Français « à secouer le joug de fer » qui les avait opprimés si longtemps. « Ils savent cependant que j'ai le droit d'exiger qu’ils se conduisent de manière que je puisse les protéger contre ceux qui voudraient leur faire du mal » (1). Ainsi, une autorité étrangère affirmait sa volonté de guider, tout au moins l'autorité française. En fait, tant que les Alliés restèrent en France, ils furent les véritables maîtres. Le Gouvernement de Louis XVIII était paralysé en face d'hommes, dont les paroles pouvaient être appuyées, au besoin, par douze cent mille baïonnettes.
Les horreurs de l'invasion ne furent pas épargnées à notre département. Dès le 13 août, le comte de la Vieuville annonçait l'arrivée des troupes étrangères, par la voie du Bulletin administratif. « Conformément aux dispositions arrêtées par la note officielle du 24 juillet, qui fixe une ligne de démarcation pour déterminer le territoire qui sera occupé par les troupes des Hautes Puissances Alliées et spécialement affecté à son entretien, une partie du Corps d’arnée de Sa Majesté le Roi de Wurtemberg va prendre ses cantonnements sur la rive droite de l'Allier. Il intéresse essentiellement au maintien du bon ordre, de la tranquillité publique et individuelle, que ces troupes soient reçues avec tous les égards qui leur sont dûs et qu’il leur soit fourni, par leurs hôtes, ce que prescrivent les règlements qui seront publiés » (2).
Les troupes qui cantonnèrent à Moulins étaient placées
(1) Bulletin de l'Allier, No 461, 13 juillet 1815. (1) Bulletin de l'Allier, No 466, 17 août 1815.