‹ Le Bourbonnais Sous La Seconde Restauration: L'Esprit PublicChapitre 5 sur 56 · M PE · texte numérisé non relu

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braves populations, la mort d'un grand nombre de leurs enfants ! Ils annonçaient encore de nouvelles demandes d'hommes |!

Cependant, Napoléon, avec une nouvelle armée, recrutée en hâte, luttait avec une farouche énergie. Les débuts de 1814 virent des prodiges de science et d'audace. Peut-être l'Empereur eut-il forcé la Victoire, si la capitulation de Marmont à Paris, celle du duc de Castiglione à Lyon, n'étaient venues contrarier tous ses plans.

Le 31 mars, la capitale fut occupée. Les souverains alliés n'étaient d'accord que sur un point : la chute de Napoléon. En traversant la France, nulle part ils n'avaient vu de manifestations royalistes. Mais des émigrés, rentrés en hâte, se rendant compte du sentiment des Alliés, organisèrent à Paris, quelques démonstrations en faveur des Bourbons. Alexandre se laissa convaincre que le peuple réclamait son Roi et ne combaîtit plus la cause de Louis XVIII. Le 3 avril, le Sénat proclamaït la déchéance de l'empereur.

Napoléon, abandonné par ses maréchaux, signa, le 4 avril, une abdication conditionnelle ; mais devant les exigences des alliés, il dut signer, le 6 avril, son abdication sans condition.

Le même jour, le Sénat nommait une commission de gouvernement et le 14 avril, « déférait le gouvernement provisoire de la France à Son Altesse Royale, Monseigneur le comte d'Artois, sous le titre de Lieutenant général du royaume, en attendant que Louis Stanislas Xavier, appelé au trône des Français, eût accepté la Charte constitutionnelle » (1). Le 20 avril, Napoléon quitta Fontainebleau. Le peuple laissa partir son idole, Depuis (longtemps déjà, il souffrait « des rigueurs de la conscription, du blocus continental, des droits réunis, de la centralisation administrative » (2).

()Bulletin de l'Allier, No 397, 21 avril 1814. (2) Faure : Histoire de Moulins, tome I, p, 424,

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Le nouveau prince était un inconnu pour la France. Ayant vécu vingt-cinq ans à l'étranger, le Roi ne connaissait pas davantage son peuple. Les manifestations bruyantes auxquelles se livrèrent ses amis et partisans purent lui faire croire qu'il était vraiment désiré par la France entière.

Dès le 10 avril, le conseil municipal de Moulins avait envoyé son adhésion au Gouvernement provisoire et aux mesures qui assuraient la couronne à Louis XVIII (1). Le 26 avril, le Préfet de l'Allier, le baron Pougeard-Dulimbert, s'adressant aux maires, écrivait « la classe éclairée et les gens de bien désiraient depuis longtemps la chute de la dynastie qui opprimait la France » (2). Le 10 mai, il ordonnait la publication de la déclaration de Saint-Ouen, afin, disait-il, que les acquéreurs de biens nationaux soient assurés « de l'inviolabilité des actes qui les leur ont transmis », que les militaires n'aient plus de craintes sur « le maintien de leurs grades ou de leurs pensions » (3). Le Directeur des Contributions directes se félicita, lui aussi, de l'avènement de « l’Auguste Dynastie » ; il invita les employés sous ses ordres à redoubler d'efforts pour aplanir toutes les difficultés (4). Une députation (5)fut nommée par le conseil municipal de Moulins, pour porter au pied du trône « l'hommage de l'amour et de l’inviolable fidélité » des habitants, et demander à « Sa Majesté » de comprendre au nombre « des

{) Registre des délibérations du Conseil municipal dé Moulins, 10 avril 1814.

@) Bulletin de l'Allier, N° 398, 28 avril 1814.

3) Bulletin de l’Aïlier, N° 400, 12 mai 1814.

(4) Bulletin de l'Allier, No 398, 28 avril 1814.

(5) La députation était ainsi composée : Comte Desroys, maire, . président : de Chabre, Chevalier de Saint-Louis ; Baron Labrousse de Veyrazet, conseillers municipaux ; Comte Hastier de la Villemontais ; Barbara de Montgarnaud, (Registre des délibérations du Conseil municipal de Moulins, 1# mai 1814).

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bonnes villes de son royaume la cité qui s’enorgueillit d'avoir été le berceau de l'illustre famille des Bourbons ». Le Conseil général, peu de temps après, votait lui aussi une adresse où il assurait le Roi que les derniers événements avaient mis « au grand jour des affections profondes et trop longtemps comprimées ». « Plongés vingt-cinq ans dans les regrets, la tristesse et le deuil, disait-on dans cette adresse, - longtemps orphelins malheureux, le retour de Votre Majesté nous a rendu le souverain légitime, le père adoré qu'appelaient ious nos voeux ». (1).

A Montluçon, le sous-préfet donna, avec éclat, connaissance de l’arrivée de Louis XVIII. Les autorités constituées, la garde nationale, se réunirent sur la place de la Mairie. Le drapeau blanc fut arboré. Chacun prit une cocarde de la même couleur, « aux cris mille fois répétés de : « Vive le Roi ! » Le cortège se rendit ensuite à l'Eglise, où un « Te Deum » fut chanté (?).

« L’enthousiasme et l'allégresse, écrit le bulletin de l'Allier, organe officiel de la préfecture, règnent dans presque tout le département ». À Gannat, Saint-Pourçain, Cusset, Bourbon-l’'Archambault, retentissent les cris de « Vive le Roï ». Dans cette dernière commune, Hercule de Neufville fit don à la ville d’un drapeau blanc « garni de trois fleurs de lys, avec les inscriptions : Vive Louis XVIII — La paix ». Ce drapeau fut placé sur les tours du château des Bourbons, avec le concours des autorités et de la garde nationale (3). Partout, les amis des Bourbons : gentilshommes revenus de l’'émigration, fils de la vieille noblesse, trop longtemps contraints de faire bonne figure à celle créée par Napoléon,

() L'adresse du Conseil général fut présentée au Roi, le 29 novembre 1814, par : de Bellenaves, Devaux de Chambord, Bulot, Lomet et Loisel. (Bulletin de l'Allier, No 430, 8 décembre 1814).

(2) Bulletin de l'Allier, No 397, 21 avril 1814.

@) Bulletin de l'Allier, No 399, 5 mai 1814.

manifestent leur joie. Ils entraînent tout ce qu'ils peuvent de la masse avec eux. Leur morgue a presque disparu. Ils ne craignent pas de se mêler au peuple et de crier avec lui.

Les fonctionnaires de l'Empire, encore au pouvoir, acceptant de fait, sinon de cœur, le nouvel ordre de choses, jugent un peu plus sainement la situation. Cependant, leur jugement n’est pas assez dénué de partialité. Ne cherchentils pas à plaire au nouveau régime, en ne lui montrant pas la situation sous de trop sombres couleurs. Cossonnier, souspréfet de Lapalisse, écrit au préfet que « la nouvelle Révolution, ou plutôt la fin de la Révolution » a été accueillie avec le « plus grand calme, avec un empressement raisonné dans le plus grand nombre des communes, avec un enthou- Siasme prononcé dans quelques autres » (1).

Cependant, l’ordre est loin de régner, et le nouveau régime n'est pas accepté sans protestations. Lomet, baron des Foucaulds, venant d'Agen, arrive à Moulins le 9 mai, Il trouve la ville en rumeur. « On n’y communique ni avec Paris, ni avec Lyon ; partout il règne un extrême découragement. On s'explique fort librement, beaucoup trop ; les autorités mêmes ne se gênent point. Cet état est de mauvaise augure ; il annonce du moins un commencement d’anarchie » (2). Ainsi, le peuple était, ou découragé, ou résigné. Il accepta le nouveau régime parce qu'il était las de réagir. Là, où il ne trouva personne pour l’entraîner dans des manifestations bruyantes, il resta silencieux. Le Gouvernement prit ce silence pour un acquiescement.

La paix, signée le 30 mai, fut annoncée, avec solennité, dans toute la France. A Moulins, des salves d'artillerie annoncèrent la fête. Un cortège, où avaient pris place les membres des autorités constituées, les fonctionnaires des

(1) Archives départementales, série M, police 1°, série 1814. (2) Maurice Vechembre : Le baron Lomet, p. 14.

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ordres civil, judiciaire eb militaire, partit de la mairie et parcourut les principales rues de la ville ; un héraut d'armes marchait en tête, et lisait une déclaration invitant

les habitants à se livrer à la joie. « Sous le régime d’un descendant d'Henri IV, criait-il, vous avez l'assurance d’une longue suite de jours de bonheur » (1). La proclamation de la paix eut lieu dans toutes les communes du département : à Gannat, un banquet de cent-vingt couverts réunit le sous-préfet eb les notabilités de la ville ; à Saint-Pourçain, les cris de « Vive le Roi », « Vive la duchesse d'Angoulême » s firent entendre.

La réputation des eaux de Vichy valut souvent, à Moulins, le passage des princes et princesses de la maison de Bourbon. En 1814, la duchesse d'Angoulême, allant « prendre les eaux », s'arrêta dans la capitale du Bourbonnais. Le préfet avait préparé une réception digne de l’« Auguste princesse ». Une garde d'honneur fut formée en neuf jours. Les dames de la ville se concertèrent pour former une cour à la duchesse. Elles offrirent un guidon aux gardes d'honneur. Le 4 dragons, alors en garnison à Moulins, fournit un détachement de trente hommes, pour assurer le service de garde. La duchesse fub reçue au son des cloches et aux acclamations de la foule (2). A Vichy, l'« Auguste princesse »

(1) Bulletin de l'Allier, No 406, 23 juin 1814. (2) M. de Champfeu composa, au sujet de la venue de la princesse, le couplet suivant :

De quel ineffable bonheur

Est pénétré qui la contemple,

Trop longtemps, fille du malheur, Des vertus, son cœur est le temple.

L'on voudrait tomber à genoux Devant cet Ange d’Espérance.

I1 semble qu'entre le Ciel et nous, Qu'elle soit l’Ange de la France.

reçut les députations du conseil d'arrondissement et de la municipalité de Gannat. Les présidents des députations demandèrent la décoration du Lys pour ceux de leurs collègues qui ne l'avaient pas. « Son Altesse Royale » promit de la demander au Roi ; cependant, sur la demande expresse faite par le président (1) du conseil d'arrondissement, elle aulorisa les membres de ce conseil à s’en décorer provisoirement.

Rien n'était négligé pour faire acclamer les Bourbons. Le 9 août 1814, le préfet invita les maires à se concerter avec les curés et desservants de leurs communes en vue de célébrer la fête du Roi, avec le plus d'éclat possible. Un grand enthousiasme régna le 25 août, particulièrement à Monilucon, Gannat, Vichy, Saint-Pourçain, Varennes, Montmarault, Chevagnes, Dompierre. A Moulins, la joie « la plus vraie » fut manifestée. Les illuminations furent brillantes et présentèrent « des transparents dont les ingénieux smblèmes exprimaient l'amour du souverain, le souvenir qu'avait laissé dans tous les cœurs le séjour de Son Altesse Royale, Madame la duchesse d'Angoulême et l'hommage rendu aux vertus de notre bon Roi ». Les jeux et les danses se prolongèrent fort avant dans la nuit. (2). Le 1* janvier 1815, on donna, au . théâtre de Moulins, « le Nouvel An, ou les Etrennes de la France » ; la dernière scène, représentant le couronnement du Roi, mit le « comble à l’allégresse du public. » Les cris de « Vive le Roi » retentirent dans la salle et l'on put

‘se « convaincre que le premier besoin des habitants de cette

ville est de manifester leur amour pour un Roi, dont le retour rend à la France, la paix et le bonheur » (3) L'armée avait aussi sa place dans ce concert de louanges.

() Boisrot-Lacour, ex-député à l’Assemblée Constituante. @) Bulletin de l’AMier, No 414, 18 août 1814. (3) Bulletin de l'Allier, Ne 434, 5 janvier 1815.

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Le 6 janvier eut lieu, à Moulins, la bénédiction du guidon donné par le Roi, au régiment de Reine-Dragons. Le guidon, porté à l’autel par le baron des Essarts, colonel du régiment, fut béni par le curé de Notre-Dame. Un bal fut offert par les officiers de dragons aux autorités et notables de la ville. « Lorsque M. le marquis de Frondeville arriva, un seul cadre contenant le portrait du Roi et de Madame, fut descendu du plafond ; à cette vue, les cris de « Vive le Roi », « Vive les Bourbons » se succédèrent longtemps » (1). Le 7 mars 1815, le comte d'Artois passa à Moulins sans être annoncé. Cependant, les autorités et un grand nombre de personnes, « les pius distinguées de la ville », accoururent pour le saluer. Les cris de « Vive le Roi » se firent entendre. Le comte, en quittant Moulins, dit au préfet : « Votre ville est bonne ; je suis fâché de ne pouvoir m'y arrêter plus longtemps ; mais quand je repasserai, je vous préviendrai » (2).

Devant de telles manifestations, comment les Bourbons n’auraient-ils pas cru que leur retour était le vœu de toute la Nation ? Tous les fonctionnaires étaient attentifs à leur montrer un peuple enthousiaste, regardant le nouveau régime comme devant assurer son bonheur. Cette confiance, dont les adeptes de la monarchie entouraient le trône, fut certainement une des causes qui amenèrent le second exil du Roi. Si Louis XVIII avait mieux connu l'âme de son peuple, Al est possible qu'il eût refréné l’ardeur de son entourage et qu’il eût cherché à mieux tenir les promesses faites dans la déclaration de Saint-Ouen et dans le préambule de la Charte.

Tous ces applaudissements, tous ces cris, prodigués par le peuple, étaient-ils bien l'expression du sentiment Bourbonnais ? Ne nous y trompons pas : la génération qui accla-

(1) Bulletin de l'Allier, No 435, 12 janvier 1815. (2) Bulletin de l'Allier, No 443, 9 mars 1815.

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mait Louis XVIII s'était formée pendant la Révolution, elle ne pouvait oublier cette dernière et malgré les garanties promises par la Charte, les Bourbons représentaient, pour la masse, le retour à l’ancien régime. Louis XVIII, dans la déclaration de Saint-Ouen, avait déclaré qu’il ne se souviendrait pas du passé. Mais cet oubli était-il possible ? Pour le Roi : oui ! peut-être, et sans doute était-il sincère quand il avait manifesté son intention. Mais il avait compté sans son entourage. À sa suite, rentraient en France ceux que la Révolution avait chassés ; ceux-ci ne voularent pas accepter les fâits accomplis ; ils considéraient que la Restauration devait leur rendre leurs anciens privilèges, leurs anciennes prérogatives ; ils poussèrent le Roi aux mesures de rigueur. Le clergé, malgré le concordat, était resté un foyer d’opposition. Le retour du Roi lui fit espérer qu'il pourrait reprendre son ancienne place dans l'Etat. Il accueillit la Restauration avec une joie non équivoque. Le 28 avril 1884, le curé de Notre-Dame de Moulins invita les autorités constituées et les fonctionnaires publics à assister à un « Te Deum » solennel. Le « Domine salvum fac regem » fut chanté en action de grâce « des heureux changements opérés dans le Gouvernement » (1). ,

Le 21 mai, l'évêque de Clermont (2) publiait un mandement, par lequel il ordonnait aux curés et desservants de toutes les paroisses de célébrer un service à la « mémoire des Rois Louis XVI et Louis XVII, de la Reine Marie-Antoinette d'Autriche, et de son Altesse Royale Madame Elisabeth de France ». Les autorités civiles et militaires, les fonctionnaires de toutes catégories, assistèrent à cette cérémonie qui avait été annoncée la veille par « le son de toutes les cloches et

(1) Bulletin de l'Allier, No 398, 28 avril 1814. (2) Le département de l'Allier dépendait alors de l'évêché de

Clermont.

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des salves d'artillerie » (1). Le 29 mai, à 4 heures du soir, les mêmes autorités assistèrent au « Te Deum » chanté solennellement, en vertu d’un second mandement de l’évêque de Clermont, « en action de grâce du rétablissement de Louis XVIII, sur le trône de France ». La garde urbaine, les cuirassiers, le 4° régiment de dragons, le 11° régiment d’infanterie et la compagnie de réserve assistèrent à la cérémonie, après laquelle il y eut « la parade » (2).

Louis XVIII, arrivant à Paris, se faisait précéder de paroles généreuses et annonçait l'oubli du passé. Mais toutes ces cérémonies expiatoires, célébrées en France à la mémoire de Louis XVI, n'ébaient-elles pas faites plutôt pour aviver la douleur de ceux qui étaient restés fidèles à leur Roi ? N'étaient-elles pas faites pour réveiller l'animosité de ceux qui n'avaient accepté la Restauration que par nécessité ? Ne montraient-elles pas qu'en haut lieu leur conduite passée n'était pas oubliée ? Le 1* janvier 1815, un mandement ordennait la célébration à perpétuité, le 21 janvier, dans l’église cathédrale, à Moulins, d'un service solennel pour le repos de l’âme de Louis XVI. Le même service devait être célébré dans toutes les cures de chef-lieu de canton. M. Roux, curé de Notre-Dame, invita le préfet et les autorités à venir « mêler leurs larmes au sang de la victime sainte offerte en expiation du crime du 2i janvier » (3). La cérémonie eut lieu avec une grande solennité ; les autorités civiles et militaires étaient présentes, des détachements de la garde nationale et dr régiment de Reine-Dragons étaient sous les armes. Le catafalque était gardé par huit officiers de distinction. A Beaulon, et dans de nombreuses autres communes, les maires et desservants firent célébrer, avec toute la pompe désirable, le service expiatoire pour le « Roi martyre ».

(1) Bulletin de l'Allier, No 404, 9 juin 1814. () Bulletin de l'Allier, N° 403, 2 juin 1814 @) Bulletin de l'Allier, No 436, 19 janvier 1815.

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Louis XVIII conserva un assez grand nombre de fonctionnaires impériaux. Cependant, le baron Pougeart-Dülimbert, alors préfet de l'Allier, bien que s'étant prononcé en faveur de la dynastie restaurée, ne conserva pas son poste. Le 10 juin, le marquis de Frondeville, ancien membre de l’Assemblée Constituante, le remplaça à Moulins.

Le Roi, suivant en cela l'exemple de l'Empereur, envoya dans chacune des divisions militaires des commissaires extraordinaires, munis de plein pouvoir (1). Ces commissaires réorganisèrent les administrations des départements. Le 15 juillet 1814, le vicomte Elisée Lubeau, aide de camp du général Lagrange, fut nommé sous-préfet de l’arrondissment de Gannat, en remplacement de de Sartige. Le lendemain, Auguste Depons était nommé à la sous-préfecture de Moulins. Un peu plus tard, Cossonnier, sous-préfet de Lapalisse, était remplacé par Félix de Conny, qui fut appelé à jouer un certain rôle dans l’histoire de notre département. Enfin Claustrier, secrétaire général de la préfecture, était remplacé dans ses fonctions, par Gengoult-Knils, sous-préfet de Montfort. L'organisation municipale subit des changements peu importants. Les frères Guy, membres du conseil municipal de Fleuriel, Bodin, adjoint au maire d'Hauterive, Parthon, maire de Charroux, Couppery, maire du Montet, Pénin, maire de Dompierre, furent révoqués. Quelques fonctionnaires ne voulurent pas accepter le nouvel ordre de choses et donnèrent leur démission. De ce nombre fut Pradon, receveur particulier de l'arrondissement de Montluçon.

Malgré les efforts des administrateurs pour les comprimer, des murmures se firent entendre. La Restauration n’a-

(1) Le comte Otto fut envoyé dans Îa ?ie division dont faisait partie le département de l'Allier,

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