M. INDÉCIS
Tâchons pourtant d'y voir un peu plus dair qu'bier ;
car il ne m'e^i pas démonti^é que cet lioramc , que nous
avoii^ condaïuué , soil vt^nlablemeui le voleur de la montre
— Oh ! comme c'est cela , comme c'est cela ! ajoute le Bourgeois de Lille , c'est la nature prise sur le lait. U faut que Théodore Leclercq ait été du jury plus de vingt fois. Oh ! ses personnages sont toujours vivants , je les ai retrouvés dans ma session , oh I oh ! oh I Q.
Pourtant , depuis , il en est survenu d'autres , et de copieux , continue le Bourgeois aveesen gros rire. C'est d'abord un campagnard qui dit toujours oui, même dans les cas les plus douteux, et qui ajoute, pour raison, à ceux qui s'étonnent de ce qu'il trouve l'accusé coupable : Bah ! est-ce qull serait là s'il ne Tétait pas ?
C'est ensuite un jeune homme qui ne manque pas de moyens , et qui dit toujours non , par cette autre raison non moins péremptoire que la précédente , que les lois criminelles , tant d'instruction que de correction , sont détestables , qu'il ne veut pas les sanctionner par son concours , et qu'il est persuadé qu'un coupable rendu à la société , sans châtiment , lui sera beaucoup moins nuisible qu'un condamné après avoir subi sa peine.
Ce sont lesindiiiérents qui disent oui qu non selon qu'ils veulent être agréables au procureur-génâtd ou à l'avocat.
(*) Le Jury , ou Dans le dooie, abstiens-toi. (Proverbes dramafiqvesde Th» Uetercq).
Ce sont enfin les égoïstes qui n'attachent d importance qu'aux crimes qui les atteignent personnellement , banquiers qui amnistient volontiei^s les délits rui^aux , campagnards qui accordent merci aux banqueroutiers
frauduleux.
Et le Bourgeois de liUe , une fois lancé , m'initiait à
tous les mystères de la Chambre des délibérations.
c En vain s'écrie-t-on que nous ne devons pas con^ naître la peine, — c'est toujours le Bourgeois de Ulle qui parle I — Tavocat nous Tindique. Par exemple, il ne nous dit pas tout crûment que si notre déclaration est alïirmalive son client sera condamné à mort ; non ; mais il parle de peine capitale , irréparable., d'écha&ud, etc., etc. C'est adroit, n'est-ce pas? >
€ Et puis , est-il bien vrai que nons ned evions pas comiaitre la loi pénale ? J'ai un jour, malgré mon ignorance d'un arrêté municipal , été condamné à 5 francs d'amende pour avoir laissé circuler, dans les chaleurs, ma chienne Bettj/ sans muselière; j'ai, dis-je, été condamné par le juge-de-paix de mon canton qui , à mon objection , m'a répondu en latin que personne n était Cèmé ignorer la Un Ç). »
€ Mais nous avons les circonstances atténuantes.
{*) Ntmoemiêtur 4gnorar$ legem. 11 fant que le Bourgeois de LiUesesoitfiU traduire cetailôme du Mais, car il ne
iiaiipas le latin.
M.' Durei n eu voit nuUe part; M.' Benia eo votl partout; M.*' Indécis trouva que c'est un mSieu comiDode entre la condamna lion et 1 aajuittement; quant a moi , pei*$uacic «viec le juré dont je parlais teut^-à^t'heure de Ténonne disproportion qui existe entre les délits et les peines , je n^applique les circonstanoes atténuanles que quand
il n'y en a pas, attendu que quand il y eu a , j acquilU*. — Va te faire pendre ailkure! Hein ?ji — Le Bourgeois me répéta sa phrase d*un air satisfoit — Bon. — Et moi à mou tour, je i^ecommaude ce nouveau irait du Boiu^geois de Ulle à M. Théodore Ledercq.