LE GAMIN DE LILLE
li n'est peut-être pas uii seul de mes lecteurs, quelque firms el raisonnables que je les appose tous» qui a'ail
dans sa joyeuse vie d'écolier mérité répithèle de gamin.
Bappdons-nous les coups frappéstau^ portos cochiros;
Et les chats vivants accrochés nm sonnettes ;
Ët les pl^ts inorts jetés dans le démêlage des mai>glandes de eoiqtMi4a9itft ;
Rappelons-nous les épiciers dont nous soiiillions les chandelles » et dont nous déroulions au loin la fioaUo glissant sur son rapide dévidoir ;
Les éfHeiers!».» infortunés industriels cpii n*échappent
to
à la malice des enfants que poiu* lombei* sous le crayon des earicaturisles I
Et tant d'autres tours!
£i tant d'autres victimes I
Mais tel n'est pas le gamin que je veux peindre.
L'euiant de bom& maison, gamin à 12 ans, devient homme; son étal de gamin est un accident de jeunesse , comme la rougeole ou la coqueluche; c'est une gourme qu'il jette; pour mon gamine c'est une profession de toute iu vie.
J'ai vu des vieillards m'aborder » et, pour soliicitei* la &veur de porter ma valise, me ftire le salut militaire en
médisant: Voilà le gamm!
Sur le pavé de toutes les grandes villes pullule l'espèce de vauriens que nous connaissons sous ce nom , race d'enfimts désœuvrés qu'une mauvaise éducation , plus souvent encore que la misàre, lance sur les places publiques où ils expleitent pour vivre les ressources d^un cerveau fécond en expédients.
Quels que soient les rapports lie -^ressmblan^ qui eiistent enb*e tous les gamins du monde , à raison de leurs habitudes communes de fainéantise et de débauche^ il est incontestable qâe les mœurs de b ville oA ils exercent les marqueront de leur cachet.
Le Gamin partagera les vertus, les vices, les passions , les ridicules de la population au milieu de lacjuellc il
fl
irivra; mais il d6 possédera tiNit cala que de seceode
main, qu'après Tavoir ramassé dans la rue.
A Paru « viUe à Fesprit iio, aux briUaaU théâtres, auK m*ages politiques, le Gamin ttchera le calembottri^, fiquera la coati emarque à Bolnm ou chez Madame Saqui^ et courra les émeutes.
A Lille , ville de guerre el de commerce , il portera un bomiet de police et vendra... tout ce qu'il pourra.
Le Gamin de Lille, considéré en général , a de iS à SO an&; il est blond, petit pour son âge ; les humeurs scroftdèuses^ qm ont laissé sur son col des ckatrkne bleuâtres, ne lui ont pas rendu le teint plus clair.
Au somme! de sa téte se balance , la houppe d'un bonnet de police coquettement placé sur l'oreille.
Une breteUe de lisière , veuve de sa sœur et couaue i la partie postérieure gaoehe du pantalon , maintienti sur le devant, le vêtement uécessaire, à Taide d'un bouT ion à r Aii^.
Ceci est un héritage de famille.
Le grand-père le xeçat d'un chasseur de la Gardeim^ pénale, dont il tint jadis un instant le dieval.
Le brave chasseur, qui n'avait pas d'autre monnaie, le lui donna en guise de penr-iotr^, et ce bouton précieux, à dêfaiii de vertus domestiques, a passé de culotte en culotte» héréditairement et par ordre de primogéniture, jusqu'au pantalon rouge du petit-fils.
Je dis le pantalon rouge, parce que, depuis Tintro-
duction de la garanoe dans rbabiUement miltlaire , le
Gamin a substitué au pantalon garni de basane le pantalon d'ordoniiaDcet défroqpie d'un fantassin mort dacheléra.
Ce costume, bien que chagriné dans sa tendance par l'addition d une veste de chasse ou d'une blouse ds charreliery dénote suffisamment dans le Gamin on ins* tinct militaire.
U adore le Iroupier ; mais loin de suivre le conseil de Jfafièr» , c'est par les maurais côtés qu'il ressemble à rotyet de son culte Ç). D'un régiment, il ne fréquentera que les tambours et les trompettes ; de ses amis, il nUmitera que les mauvaises habitudes , les jurons, la pipe, la ehique, elc, etc. ; tel est retirait du son de bagueUe, que le corps des Gamins de Lille est une pépinière de tambours ; elle en a de tout temps fourni à l'armée française. Que dis-je ? naguère encore eDe en a expédié en Portugal poui^ le compte de don Pedro. Le Gamin manie très-bien un fîisil, suit la retrace qu'il accompagne cliquetis de ses casUii^iioltes d'arduisc , cl se pique de fiedre sauter son bÀton six pieds au-dessus de la canne du tambour-major.
Après les goûts miiitaires, ce qui distingue la Gamin de Utte, c'est le gteie du commerce.
(*) Quand sur une personne ou prétend se régler, C'est par les beaux côtés qu*jl lui faut ressembler.
Que de petits métiers ne lui suggère pas son cerveau surexcité par Tatmosphère marchande dans laquelle il vit!
Entendez- vous crier les bilku du rai? lesquels ont succédé aux UUets de V empereur. A m Uard kê Mfef» du roi! » Encore une industrie qui souffrirait de la République Ql
Vienne une solennité religieuse, le Gamin vous fournira de TenUiousiâsme en herbes fraîches pour les processions.
Vienne une solennité politique , et le Gamin offrira de l'enthousiasme en lampions de terre glaise pour les illuminations.
Le tout à bon compte*
El puis les roseaux qu*il cueSle dans les fossés de la
Citadelle,
Les chiens qu'B vole,
Les oiseaux qu'il élève,
La peau des chats qu'il écorche l
Compère des escamoteurs qui travaillent en plein air, il vend aux charlatans son aîr crédule et ses grimaces ^ pour iaîre accroire aux badauds qu'un cadenas lui ibrme la bouche, ou bien qu'un couteau lui perce la main. '
Commissionnabre oifideux , il s'offre tout, haut aux étrangers pour leur montrer les monuments de la ville.
(*) Réparation I nous sommes en ISM et le Gamin coniinue à crier les biUets du roi. La fève e«t restée monarcbique.
Etrangers ne Yom y ta ptst le deeroM cache an
adroit proxénèie.
Il ne vous montrera pas ksmoniiinetttspoiirphineors
raisons, doiU la principale est qu'il n'y en a pas à voir (*); craignez plutôt qu'il ne vous indique la demeure de ' quelque Phryné de bas - étage , dont il est le digne cour&r.
Certes, là n'est pae le beau oAtifcdsGaiaiii, mais que
voulez-Yous? Je ne me suis pas engagé à ne le peindre qu'en buste*
Tel est son instinct commercial qu il vend jusqu'à ses jeux : A deux kardiT heure les échasses qu'il s'est &bnquées pour ses menus-plaisirs.
* Il spécule sur sa bravoure ; il ¥end sa vie , non pas seulement en Uoe, à forfait, comme le remplaçant» nais
en détail: pour deux sous il grimpera le longde la porte des Malades, pour quatre il se jettera dans l'eau du haut du pont Napoléon, pour 80 coilimes il ofGrira très^sérieosement aux Canonniers d^ se jucher dans le tonneau qui sert de bat àienrs bombes.
'Ainsi, tous les métiers honteux, périlleux même , il lis' fera pour de l'argent ; utiles , M les dédaifMRÉ peut^^tre.
(•) On n'adresserait plus aujourd'hui ce reproche k la viUe : la Doavelle Mairie , le palais des Archives, la Goloooe com^ mésiontive et la Halle y répondraient vieior leasenieDl.
ta
Vous vous rappelez ce que je disais des causes pi'o-; bables de la vertu des femmes (dans l'opinion du Boor^ geois de Lille)? — L'existence des sociétés d'hommes et i'abaeocedes... — Juafeemenil Groiriei-vous facilement, si TOUS n^nvies {Mis Thonneur d'être Lillois et Tinconvé^ nient quotidien de voir vos belles bottes , chef-d'œuvre de Bufd, inoessummettl et irréparablement lachéee par la boue, croiriez-vous facilement qu'il n'y ait pas un seul déerotteuràLiUe?
Pour moi, comme d'ordkiaire toutes les grandes ins» titutions se tiennent par la main, j'aurais pensé qu'après avoir créé une eômpagDÎe anglaise pour répandre les lumières du gaz dans les boutiques , et un cabinet de lecture pour éclairer ka esprits, la civSisation, toujours prévoyante, aurait jugé convenable de jeter aussi quelque éclat sur nos chaussures.
Et je n'allais pas, datraroonanAition, jusqu^à espérer voir surgir l'élégant canapé des ateliers de cirage des passages de TOpéra ou des Panoramas, ni même la boutiquc en plein air du Pont-Neuf, où le philosophe propriétaire vous ..inet tout à la fois, et sans qu'il vous en coûte davsmtage, le pied sur la sellette et la main sur le Constitutionnel; non ; mais un pauvre décrotteur , dont j*ai sisouv^t besoin, moi qui vous parle,
Mol qui ne fréquente aucune société buvante,
Moi qui, en dépit du Bourgeois de Lille, aime, garçon désœuvré que je suis, ù rendre dos visites le soir à d'ai-
isaUes dames délaissées par leurs maris , intr^ides habitués du (M-deSae ou de Smni^oseph ,
Hoi qui , par une coquetterie bien naturelle , tiens à me présenter chei elles les bottes vierges de macula* tions boueuses ,
Moi qui, enfin, n'ai pas de tilbury, et qui ai pris ks vinaigrettes en horreur depuis que Jules Janin nous en a. « iàen dévoilé le cèté immoi^
neui' de Téclairage a vainement compté sur la lune, la pointedu |ned verticale, le haut du eorpsen avant, me voyez-vous choisissant Iqs pavés saillants, véritable HeC" teur de Saxe , comme m'appelait un de mes amis qui a de l'esprit quoiqu'il fasse descalembouifs?
Me voyez-vous, au moment où j'approche du but, haletant et suant à grosses gouttes, crotté par l'aspersi^
subite de particules aqueuses que me lance un maladroit
dont le large soulier s'enfonce à deux pas de moi dans une flaque perfide?
Et pas un décrotleur sous la main ou plutôt sousle piedi
(•) M. Jules Jania raconte qu'un père, condacteur de vinaigrette, a un jour contribué sans le savoir à renlèvement de sa propre fiile...
Voir le feuilleton dans leqoel le spirituel et néridique éeri- ▼slnmontre I ses lecteurs notre esplanade ▼effdojfSDt entre deux bra^ de la ûeûle.
Et il faut reotrer chez moi !
Et il faut renoncer à ma visite t Gamin , mon ami, achetez des brosses et du cirage ! ftt-cemème ie dassique drageàTœof ai regretté de nos
pères, et vous serez bien récompensé , d abord par la reconnadssanoe publique ; ensuite, ce qui vaudra mieux
pour vous, par uiie ample moisson de décimes (*).
Comme Testimable Bourgeois qu'il seringue , ou sur l'habit noir duquel il imprime, au beau milieu du dos, line souris blanche , le Gamin de Lille tient fort à ses
habitudes.
Les générations de gamins se succèdent sans grands changements apportés soit aux travaux, soit aux jeux.
Il est vrai que le Gamin est forcé , pour de bonnes Nisoas, à rester fldtte aux plaisirs qui ne coûtent pas
cher.
Pendant que , par une belle journée de printemps,
alors qu'une brise légère pousse les nuages, Tenfant de bonne maison, pliant sous ie poids d'un immense cerfvolant et d*ttn paquet de flcdie, eeurt sur la Plaine livrer aux vents son ^o^on, le Gamin le suit, envieux ; mais il ne jouira pas du plaisir si vif de dérouler la corde qui so tend ; c'est tout au plus si on lui laissera gariur la
(*) Mon appel ii'a pas été entendu , il n'y a pa^ encore un seul décrotleur k Lille. Attendons le inacadainisage !
queue ou les oreilles trop légères avecTherbe qu'il dispute aux moutons ; t*M tout au plus si m lui per* mettra de suivre dans les airs , le long du conducteur de chanm, le noMhn de papier qui galope vers le ciel.
Mais le Gamin se vengera •
D*un coup de pierre il crèvera le fragile aérostat, ou
de son couteau de liitier coupera le ûl qui le tient esclave; méchant Gamin, va! et il retournera à ses jeux favoris, la tempête au bord du ruisseau, la giim, le pied iagadiet le emle, et s'il est joueur , la gdoehe sur le
rempart ; c'est là qu'il perdra ses semaines et ses profits.
Il y a de Partistedaus le Gamin dé Lille, maisde l'ar-
tiste de gros calibre. * ■
Il retient les airs de QmUmne ÏW, miaulés par les
orgues de Barbarie.
U imite à ravir -les cris des différents (J/ott;iw qu'ont ofoti à son admiration les cirques lefauitie et Lokut.
Il fait, comme Roussel (') et Manche, les poses horizontales et soulève des poids de plusieurs centaines délivres.
Grand amateur de spectacles, le Gamin ne dédaigne par les exécutions, ces drames de la place publique :
{•) Ce nom appartient à une famille d'harcuias , qui a un moDumcol au cimelière de la ville.
La §mUotme pour la tragédie,
Le blâme pour la poli te pièce {*).
Lui qui| par craiute du violon^ fuit lesagents de police^ il ira au-demil des ^riets du bourreau qu'il connatl et appelle par leurs ûoms, ce doatii est fort honoré parmi aescanaarades,
A leurs yeux, il a grandi d'un pouce depuis qu'à une certaine exécutioui celle de Grandnjean, jepeaee le bourreau lui-même, le distinguant dans la foule, le pria fort poliment d'aller lui acheter pour deux sous de tabac.
Le Gainui de Lille est goguenard, moqueur. Je plains
O C'est l'exposition au carcsD que te progrès des mœurs pvllHqves a fait rayer de dos oodes. Le peuple, essentiellement bon, plâîgnsit les condamnés plus qo*il ne les méprisait.
Leurs chapi aux placés on ^niisc tlo séhiUvs étaient remplis de menue monnaie. J'ai vu un jour un lu ave ouvrier monicr sur réchafaud et verset avec sa cuiller le reste de sa soupe dans la bouche d*un vieillard défaillant.
(**) tifroiMl- Jean I ancien Gamin de Lille, et sa maîtresse, la Mis CharioiUf furent convaincus d'assassinat snr la personne d^e fermière des enirircms^ Nos contemporains garderont
longtemps le souvenir du cynisme cilioiuc de ces misérables durant le trajet de leur prison à réchafaud,
rétranger porteiu* d'un costume ou d'uneiigui^eiiéiérodite j les huées de la chU en Ht lilloise , drmdieOnmUe! m lui manqueronl pas Q«
. Le Gamin ne respecte pas inéiiie ses coimaissaBcea de
tous les jours.
Sans égard pour le vin» ou plutôt pour la ^iàre, il hffic^ son inexordUe cri : Eh! $aûhtl contre Tivropie qtii louvoie dans la rue.
Et les idiots^ ceci Atres inoflénaib 411e les peuples san*
\ages entourent de vénération, il les maltraite^ lui Gaoïin qui a sucé le lait de la civilisation ; Il les insulte.
Le pauvre Lom, vieux jouet de notre enfance , Ibu tranquille dont la manie , qui remonte an temps de
l'Empire, eu conserve encore aujourd'hui le caractère tout guerrier — quede sages ont été moins constants ! —
Louis , qui fait rexercicc et salue militairement, en portant la main à un t)ounet de police qu'il tient peut-être
(f) DfwUêf de raUemand trott, d*oh Ton a fait érâUf par corcuptioa dronUê, Le verbe pronominal Sich troltm^ en atle- Biand , a à peu près le sens du mot lillois : trondeler» Droulle s'applique ainsi trèfr»iastemcDt aux masques co%$rant les ruet, — €feoseéloniiaote, nosfamins d'a^iourd'liiii neponsseni plas ceeri en poursalvinl les masques; ils 7 ont sabstitné le cri de ahul ahul Les Pamiens sont plus consUntSi leur CAtf s» Uî est immortelle.
SI
rie la pitié d'un brave mori à Waterloo ; que de taloches il a reçues 1
Le beau sexe lui-même n'est pas i l'abri des ta«{ui« nerics du Gamin.
U est une BOtabilité femaUe» ilhistrée par Walteau f ), femme colosse dont 1 industrie nourrissante fournit, à peu de Ihds, i TcMimer aftoé les tniffiss de la pelile
propriété, Marie, au doux nom de laquelle le Gamin a accolé une épitiiète homérique quejenera|4M)rteraipas parbienséanee^ mais qui peut se traduire par un équi* valent que j'emprunte au jeune poète Bari)iei' : Marie anfuiiÊmU€êfnmiiidleg;Abibûl il ne se pane pas de
jour qu'il ne la poursuive de ses quolibets , et même de ses voies de Mi, alors qu'elle ne lui verse pas en assez grande quantité le sel nécessaire à Tassaisonnenientde réaorme tubercule qu'elle lui a donné en échange de son liant (").
(*) Tableau de la Braderie.
Il y a dans touies les villes de ces lypes populaires marqaés d*un eadhet différent d'origioaliié : laareliaads des mes», idiots» ? agabeads on sealeaieol exeentriqnesi qu'on a'babliQe à voirai dont le souvenir se transmet parfois de
généra lion en géoéralion.
Lille fournirait sur ce sujet une légende curieuse depuis le roédecio Detraigneani jasqv'l^ I^Hommblmêt sans oublier la Troubadour et la Funisie.
Les Lillois de 40 ans oat tous oonau Pinard qui vendait ses
J ai signalé avec assez d'impartialilc les défauts cl même les vices du Gamin, pour avoir le droit de le disculper des imputations qui seraient de nature à &ire suspecter son opinion polilique»
J'ai entendu des pmonnes mal infiHtnées lui attribuer les allégories ptriformei qui salissent nos murailles, mythes anti-dynastiques, dont le type est édos du cerveau iantasque dcPhilippon.
11 n'en est rien.
Notre Gamin n*est point à cette hauteur.
C'est le propre d'une nation avancée de formuler ainsi en symboles ses sympathies et ses antipathies, et le Gamin de Lille, fruit dépravé d une population peu précoce , n'entend rien à la métaphore.
S'il croque des poires, c'est au naturel , dans toéte rénergie de Texpression propre , à belles dénis : des poires de ioM surtout.
Et puis, le Gamin, comme le Bourgeois, est dévoué à rordre de choses actuel.
pommes de terre en criaoi: ibtmteni ! i boutmi! la i ieiUe Ma- IHies, ainsi aommée du Ifeo de sa naissanoe, qui amorçait las «afiints friands de ses g^ufllrettes de pafn d'épiee af«c «on cri
au doubç ! au daube 1 le peii i François si habile à faire descendre dans sa bouche, par une contraction de la face, ta ganffre qu'on posait sur son front déprimé; et dans un aaure genre» Adrien , le Voyageurt la Poussière » et Bochu» ce petit garaerneat aussi atroce au physique qu*an moral...
C'est doue iUii& une aulre dasse qu'it faut ebershei* les insolents m ricatiirirtes.
J'aTais besoin de lui rendre cette justice avant d'esqmmc les itamim tratis q» e»iO|iàtoront sa rea*
semblance.
Le Gamin de Lille naît dans une cave, l'ainé de onze enfants. Son père, onlemt, est un j^rol^r^ dans toute la force que les Romains attribuaient à ce mot.
Le Gamin s'appelle César, Désiré, ou MmBmis^ quand la nature l'a doué d'une chevelure nuance carotte.
U fréquente alternativement les écoles mutuelles et celles des Frères, qu*il quitte ou reprend en raison des distributions plus ou moins abondantes de vêtements ou de pains.
Après la première communion, il jette le catéchisme aux orties, et, du haut de son grenier deâltier, l'ingrat lapin crie mm / à ses anciens professeurs en robe noire.
Mais il a Inentùt fidt fi du métier qui le tient cloué sur
un escabeau depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir ; il aime l'air , l'enfant de Ulle , il lui faut ses promenades , son Champ-de^Mars , ses revues militaires !
Alors commence cette nouvelle vie que nous venons
de peindre, vie de commerce, de jeux, de débauche , de fainéantise; vie de lazzarane sous le ciel brumeux du Nord, jusqu'au moment où, sentant le besoin de se /aire umart^
il devient loai chand de pain d'épic6> tambour de la Garde natioDale ou pouneur de viiudgreUes.
Ce dernier état est le bàlon de maréchal du Gamin
qui a eu de l'ordre et de la conduite durant son orageuse jeunesse.