LE BOURGEOIS DE ULLE
Ua spirituel peintre de ixmiits vieat de tracer daos le livre des Cent^t-Vn le tableau fidèle du Bourgeois 4e
Paris, type précieux et biea difficile à découvrir au milieu des myriades d'étrangers ^ échantillons bipèdes de toutes les pai'ties du monde , qui , toui Liliouiiaiit saos cesse autour de l'indigène , le frottent , l'usent et en détruisent le caraetère primitif.
Ce que M. Bazin a l'ait pour le Bouigeois de Paris p j'entreprends de le faire pour le Bourgeois de Lille , et ma tâche est bien plus aisée. Je n'ai pas à courir , moi, comme Diogène , une lanterne à la main , pour trouver
mon boui'geois ^ ii est là qui m'attend. Le voyez-vous , là^ devant sa porte t les bras croisés , fiimantsa pipe?...
Enleiiduas-iious d'abord sur mon héros ; je le prends éms la dassemitoy^e , ^tre lenégoctani ^ l'artisan.
Le négociant est épicier en gros ou Shteur ; it est officier de la Garde-nationale , ou s'il n'est que snnple grenadier, c^est qu'il n'a pa$ mJu de grade; ce mot est de lui. Il est du SaU/n, a une loge au spectacle et une voiture.
L'artisan , autrement appelé hmme iéuu , est cordonnier ou menuisier ; il est caporal de pompiers.
Le Bourgeois de Lille est conUseur, bonnetier > orlèvre y souvent épicier , quelquefois huissier , plus rarement avoué y jamais artiste ; il y a incompatibilité.
U a de quarante-dnq à cinquante ans , il est d'une taille moyenne , brun , a le nez gros et rond , une barbe ibrte, d'épais favoris et des boucles d oreille. U est marié , a deux enfiints ; à l'heure quMl est , son garçon , élève de M. Crucq , est mr un bureau , sa iilie soi^ de pension , sa femme tient la caisse.
Le Bourgeois de Lille a une maison à lui , qu'il occupe toute entière : ne l'eût-il qu'à titre de bail, il croirait déroger en sous-Iouant.
Sa maison est propre , économiquement meublée ; vous remarquez parmi les gravures qui décorent h tapisserie de la salie à manger trois tableaux, galerie inévitable et inamovible de tout bon Lillois; c'est le Bombardement de 1792 , la Confédération des trois dé-
parlements , et la dix-neuvième ascension aérostatique de M. Blanchard , accompagné du chevalier Leqiinard Ç) .
Gomme ses voisins , le négociant et Vhomme d'état , le Bourgeois de Lille bit partie de la Garde nationale; il est sergent de grenadim, ou canonnier. Est-il canonnier? il est parti bravement en colonne mobile, et a attrapé k$ fièvreê à Flessingue.
Il est zélé pour le service^ il fait l'exercice comme un Hmi troupier^ car U aime le militaire. Ainsi que d'autres savent les noms des curés et des maires de Tarrondîssement, il sait, lui, le numéro de tous les régiments qui se sont succédé à Lille depuis la Révolution ; il sait le nom de tous les colonels à dater du mulâtre Saint-Georges. Un de ses plaisirs les plus vifs c'est d'aller au-devant des régiments qui viennent tenir garnison à Lille, d'assister àieur toilette sur les bords des iossés, et de pouvoiri le soir, raconter le premier à sasoci^t^qu'îl y a dix légionnaires daiis la l.re compagnie, un tambour-major de six pieds, vingt-cinq enfants de troupe, et trois nègres dans la musique ; car le Bourgeois de Lille est conteur. Il fait beau le voir, le soir, à la mUU, sur un canapé, près du billard , aspirer dâideusement la fumée de son bon tabac de Belgique , làcber lentement et à tour de rôle
(*) Il y a à parier qu'aujoord'hni l'ameublemeDi s'eitteoiritilii , .
des deux gravures rt^'firésenlaul la colonne comméinorStlve da Siège de 1702 cl le luoiiumcal du géoéral Négrier.
une parole et une bouffée y et de paroles en bouffées
vous narrer, à vous étranger, les divers événements dont Ulle a été le thatre.
Que s*il a plus de cinquante ans, tous n*en êtes pas quitte pour les saturnales de la Restauration, ni poui^ la démolition de son jardin du fiiubourg, par ordre du général Maison ; — règle invariable : le Bourgeois de Lille a un jardin au fauboui^; — ni encore pour le séjour de Napoléon et de Marie-Louise, ni pour la comédie jouée à la citadelle par les prisonniers Espagnols ; il vous iaudi*a entendre raconter et la mort de Mosment, descendu des cieux comme Icare, et le bombardement de Lille. Notre Bourgeois a ramassé le boulet qui a emporté la jambe au perruquier Godfernaux,et il l'a incrusté dans sa façade; — deuxième règle invariable : le Bourgeois de Lille a un boulet incrusté dans sa façade. —
Gardez-vousqu'il soit en veine, car, à la seconde pipe, rappelant ses souvenirs confus, il vous jettera dans la déroute du Pas-de-Baisieux et vous montrera :
Le beau Dillon massi^cré dans la rue de Fives i
Le curé de la Hagdeleine déguisé en femme et pendu è la lanterne de la rue St.-Jacques, à la grande joie de la populace qui n'y voyait pas plus clair;
Enfin, le combat des quatre régiments sur la Place.
Notre Boulais, eniant à cette époque, était cacbé dans la rue Neuve, derrière le burfjvet sur lequel fui impitoyablement lardé le brave grenadier de la Couronne,
lequel l'ut ensuite transporté à rHôpital sur une chaise prêtée par M. Lantoing, même que cet honnête hmme
n*a jamais pu ravoir sa chaise Ç),
J'ai parlé de la société du Bourgeois de Lille ; il est en effet d'une société, il faut qu'il soit d'une société ; il en était avant son-mariage, il en est resté depuis, ouvertement ou tacitement, suivant le caractère de sa femme.
Le plus souvent, il en convient et s'^cuse : c'est une habitude insurmoatabie , et puis il y voit des amis, il y faU des affaires ; il insiste sur ce dernier argument.
D'ailleurs, la dépense n'est pas forte. A preuve, il montre à sa lemme les quittances qu' une innocente fraude a légèrement déchargées de quelques bouteilles de vin et de quelques pots de bière.
La swÀéU est une réunion particulière d*amis, réunion essentiellement masculine , quotidienne et régie par des règlements gravement discutés ; c'est une association, une application, en un mot, du système Foktrier à une consommation plus agréable et moins coûteuse de liquidas, et quelquefois de solides ; car il n'est pas rare devoir, un jour où il ne sent rien de confortable
(*) L'établissement des troiioirs a fait disparaître les duryue(«. H est peat^ètre devenu utile d'expliquer qa'bn a[)[)C' lait ainsi d'énormes saillies , avec plalc-forme eu pierr<;s Lleucit, qui garanii^saienl les descentes de caves.
à la maison, le Rourgems de Lille confier à la douce chaleur du four banal la fine cètelelle de porc et le morceau de boadin blanc , éléments économiques d'un souper de la petite propriété.
Quelfuejourpentrètre» ami lecteur» a|)pelant à.mon ude le malin Asmodée, j'enlèverai les toits de^ maisons qui renferment les sociétés» depuis &.-Ja«^ jusqu'aux Phikttmê, sans oublier les Mres féroceg , réunion qui , je vous l'assure , est bien loin de mériter le iioiu odieux dont resprit de parti Ta afiuUée (')•
J'examinerai avec vous l'influence qu'elles ont dû avoir sur les mmursdelaviUe, inlluence toute salutaire; ont , dût-on jusqu'à plus ample développement traiter ma proposition de paradoxe, ]e dirai :
Les bonnes mœurs de la ville de Lille en général , et en particulier la fidélité conjugale , sont dues à deux causes:
L'existence des sociétés d'hommes;
L'absence des décrotteurs ; el cette dernière
cause n'est pas la moins puissante.
n Malgré leur résistance et leur désir de roainteDir leur
individualiiù iudépeiidaiiLe, toutes les sociétés, emportées par le mouveroeol, sool venues se fondre dans ia grande unité sociéuire de rhètel Domaisoiel. Le Beungeois de Lille est aiijourdlia! meoBbre du Cercle du Nord.
J'ai dil que la femme du Boui'geois de Lille lenatl la came.
Je ne sais si ce trait vous aura dossiné bien nettement la position du Bourgeois devant sa feuuue. ^
Je dirai plus explicitement : le Bourgeois de LiHe, si brave, — et jusqu'à présent il n'a donné à personne le droit de douter de son courage : les Autrichiens de 92, les Vendéens dcTalniaf) et les cuirassiers de Polignac sont là pour en répondre, — le Bourgeois de Lille craint pour-* tant trois choses: Dieu^l'i^d^ duffard et..« sa femme :
Dieu^ c'est une suite de son bon naturel et de son éducation honnête : hàtons-nous toutefois d'iyouter qu'il n'est pas dévot ; il envoie à la messe sa femme et ses enfants , et &it maigre le vendredi : voilà pour la crainte de Dieu ;
VEcho du Nord, c'est une conséquence de sa crainte de la publicité qui se résume pour lui dans son vieus journal, censeur véridique et jamais complaisant, et le Bourgeois de Lille redoute avant tout la publicité pour
(*) Le Bourgeois de Lille prit hî% et cause pour Talma que
les officiers des Ctiasseurs de la Vendée poursuivirent , en 18n, le sabre k U niaio, jusque sur leHicuire, pour le châtier de ses opiofons poliliques* Afin de soQSlraire ces officiers au légitime courroux de nos concitoyens qui leur avaient adressé plus de trente cartels « on fit décamper prudemment le régiment pendaui lu nuil.
le bien comme pour le mal. Naturellemeni timide et modeste, il ne craint rien tant que de se mettre en avant.
N'avef-vons pas tu, vingt fois, nombre de femmes se presser à la porte d un bal public et n*oser y entrer, parce que le flageolet jouait dans le vide? N'ave^-vons pas été tenté de les pousser toutes ensemble, joyeuses, au milieu d'une ai'ène impatiente d'être loulée par cent jolis pieds?
Ave2-vous VU| uuc seule fois, ua artiste réunir autre chose que ses musiciens dans le premier concert annoncé?
N*estH:e pas à Lille que fut affichée cette mauvaise plaisanterie d'un directeur de fêtes, lequel, attendu que le premier bal n^attirait jamais personne* prévenait le public que dorénavaat on couuneiiceraitpar le second?
Il craint donc V Écho du Ncri, Torgane le plus sonore de la presse urbaine ; ùis'û a des griefs à fairt^ redresser, do même que les ouvriers menaçaient de leu Jucquart ( ), il menace , lui , de VÉcho du Nord Ç*),
f ) De tous les coiumissaire& de police qui &e sooi succédé à LUIe depuis quarante ans, et le nombre en est grand, M. Jacquart, honnête bomme et bon cStofen,
Est le seul dont ie peuple ttit gardé la nuémoire.
On appeUe encore iacquart la clocbe de'la retraite.
(*•) Sans attacher à'ce changomeni aucune idée de blûmeou d*approbation, nous devons rcconnaiire que le Bourgeois de Liilea*e$t an peu modifié au sujet de la pubUdté.
11 cidiïal aa jemmc, c es( jusiicc. J'ai un regret, c*est de n'avoir pas encore parlé de la femme da Bourgeois de Lille, si digne du respect de son mari.
Travailleuse, économe, il lui doit le bon état de ses affaires. Que ce soit vertu, tempérament ou tout ce que ï ou voudra, elle est sage. Jamais les voiites du tribunal n'ont retenti do scandale d'un procésen adultère Ç). Elle iiiène la vie la plus moootoûe , sans se plaindre ; tandis qu'au-dessus et au-dessous d'elle , elle voit les autres familles parcourir gaîmenl, le dimanche, les campagnes et les guinguettes , seule à la maison, renfermée dans sa dignité, elle s'ennuie vertueusement. Du reste, elle est peu susceptible de chagrin ; à vrai dire , die n'en a qu'un, mais vivant, continuel : c'est sa servante. Vingt fois par jour vous l'entendrez dire que les domestiques sont le désespoir des honnêtes gens, qu'on serait heureux de pouvoir s'en passer, etc., etc.
Certes , une telle supériorité autorise bien la femme h tenir la caisse.
Elle doit imposer au mari cette crainte révérencieuse qui le distingue <— quand il est devant elle , l'ingral i
Vous n'êtes pas sans assister quelquefois à un spectacle du dimanche, alors que devant un parterre joyeux, aui impresflons na!ves, quelque vatet de Montfleur; ou
(*) N*oublions pas que ceci étail écril on 1853.
db MoHère lance ses piquantes boutades contre les
feaiiaes. A la plus inconvenante sortie , vous entendez des applaudiss^nents bruyants partir du milieu du
parterre : c est le Bourgeois de Lille qui prend sa revanche.
Je touche à la partie la plus délicate de mon Uibleau, ropînion politique du Bourgeois de Lille. Incedoper ignés.
Parbleu! dit Tun, vous voilà bien gène ! Le Bourgeois de Lille est philippiste ^ juste-milieu , demandez plutôt au Nord ; et puis rappelez>T0us le dernier voyage du roicitoyen et de son auguste famille ? — Ah ! bien oui ! dira un autre, et le voyage de Charles X! et celui du duc de Berry î soyez persuadé que le Bourgeois de Lille est royaliste, légitimiste* — Croyez cela I lyoutera un troi-* sîème; est-ce que je n*étais pas è Lille au bombardement, moi ? est-ce que je n'ai pas entendu ia municipalité jurer haine à la royauté? est-ce que je n'ai pas vu quatorze citoyens se faire faire la barbe, avec un éclat de bombeen guise de plateau, auxcrisdeVtt^^ia Aîw6%«e f est-ce que, encore aujourd'hui, nosbrevesCanonniarsne conservent pas fièrement sur leur étendard : 29 seftem- BRE 1792 , date glorieuse du siège iavnortel qui ouvrit si dignement l'ère républic aine ?
Que répondre à tout cela? Que le Bourgeois de Lille n*est exclusivement ni royaliste, ni juste-milieu , ni républicain ; qu'il est... bourgeois de Lille, mais bourgeois
comme on Tétait dans les Tilles suisses et allemandes
du moyen-âge , c'est-à-dire tenant beaucoup à sa ville, i ses usages locaux, à ses institutions monicipales , aux
hommes qu'il a vu naître et dont il a connu les pères, et fort légèrement attaché aux hommes et aux choses du dehors.
Tous les gourernemenls qui lui paraîtront stables et qui iEtssnrerontè son commerce des chanees de prospé-*
rité le trouveront fidèle, quelle que soit leur forme, car il est trop froid et surtout trop raisonnable pour se pas^ siminer pour rnie théorie , pour une abstraction.
Les différentes variations que Tou a cru remarquer dans son opinion politique ne proviennent dono pas de sa mobilité, mais de son iiMlifférence.
S'il reçdt bien les rois, c'est curiosilét c'est peUtense; il en ferait autant pour le Pape ou pour l'Empereur de la Qiine. S'il défend contre eux les i^emports de sa ville, c^est braToure personnelle.
En un mot, le Bourgeois de Lille est essentiéUemeut manidpai. Toyes ses magistrats! Cm qai loi sont en*
voyés, ceux qui lui viennent du dehors, il ne les connaît paS| ou» s*il les connaît, il les considère eommedesgarnisai^ qui lui seraient imposés par mi ^inquenr . Il en est autrement de ses magistrats urbains ; il les aime, il te honore. Dans la me, il séhiera un atl^oinl an maire, et il passera à côté du préfet sans le regarder, n y a du bon dans ce patriotisme local, qtd, danscer-^
taines occasions, unissant étroilement les tiabitanto d*iuie
grande ville, peut présenter une barrière invincible à la tyrannie d'un gouvememeni central ; il est malheureux toutefois qu*il s'alimente dans un préjugé, dans une pré* veniion, quej oserai appeler stupide^ contre les étrangers. Un étranger à Ulle , c*est un paria ; malheur à lui s'il ne puise pas dans une grande fortune les moyens de se créer une société 1,.. celles de la ville sont fermées pour lui : c'est un étranger! Que si /"k cette qualité proscrite il joint la trisie qualité d'agent salarié du gouvernement, il est perdu.
11 faut avoir vu un bourgeois de Lille dire en parlant d'un fonctionnaire iCeU m emphyé^ pour avoir une idée de son dédain, de son mépris même pour tout ce qui ne compte pas une boutique sur larue, ou desaîeui inscrits sur le livre d'or de la bourgeoisie,
£t| pâr étrangers, le Bourgeois de Lille n'entend pas seulement» dans son aversion, les habitants d'une autre nation, ni même des provinces éloignées de la France; réiras^er, c'est tout ce qui est hors barrière. Nos ûls m font pas deux lieues dans la cunpagnesansenvenir aux mains, ou du moins aux propos, avec les paysans de leinr Age. On connaltles épithètas que les champions se
prodiguent de part et d'autre ; elles sont classiques. Notons toutefois un progrès ^ enfonts , notre esprit de localité se resserrait dans Tétroite enceinte des paroisses; J'ai eu deux dents cassées dans un combat
tmiiéï^StMit^EAmie. Aujourd'hui, les petits garçons ne se battent plus que contre les faubouriens.
A cette aversion du Bourgeois de Lille pour tout ce qui est étranger, joignez un profond dédain pour tout ce qui s*occupe d'art, de science, et eu géiiéral de travaux d'esprit.
Un peintre , un poète * un avocat , un médecin, un musicien , un magistrat même, n'obtiendra pas dans son esprit le quart de la considération qu'il accordera à un homme qui vend des prunes ou des sarraux.
Jugez de la littérature du Bouq;eois de Lille par le nombre des cabinets de lecture ; il ; en a un pour soixante-dix mille habitants.
En général , la littérature du Bourgeois de Lille se résume dans ua amour bien prononcé pour les jeux de la scène.
Il aime beaucoup le théâtre ; malheureusement tous les directeurs qui Tout exploité depuis vingt ans se sont rainés : c'est un vrai guignon.
Je ne sais pas si vous aurez reconnu le Bourgeois de UUe dans le portrait tant physique que moral que je viens d'en tracer; quelques derniers coups de pinceau compléteront peut-être la ressemblance.
Le Bourgeois de Lille déjeûne avec du café au lait, règle, à midi, sa montre au cadran de la Grande Place ,
If
ditteàiuifliMtfaietmipe. 11 vaAuspecladt» tedunanche» au partem asds; donreiitr'acle, 0 eourlà la Vignette Ç), retient sa place avec son mouchoir, et entend le reste de lapièca dans la corridor. Le Bourgaob de Lille eo est encore à Topéra-coinique ; il appelle un ténor un E11&viott, oa baryton on Martin, et la prima-dona nne première chanteuse ayec ou sans roulades. Il chante luimême, au-dessert, et pleure quand sa Me roucoule, en balançant la léte, une romance de Romagnési.
Il lit plus souvent les Petites A[ficJies de Danel que le Naiimial on la Rmme desdeux mondei, lait une collection de billets de mort ^ et conserve T^c/io du Nord; c'est une ooodition de son abonnement commun avec quatre voisins, n se méfie trois mois à Tavance du poisson d'avril qui doit l'envoyer à l'Abattoir visiter un animal monstrueu, regrette le comique St. «Preux et le dîncteur
Duvcrger, et meurt enfin sans savoir s'il y a à Lille une
«aur rojale ou un tribunal de première instance.
(•) Estaminet ainsi nommé d'une pelilc vigne qui couviaii Il façade de la maison.