‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 103 sur 186 · Acte ni, scène xvi · texte numérisé non relu

Acte ni, scène xvi

DORIMENE.

Il n'est pas malaisé de s'en apercevoir.

dorante; Madame, voilà le meilleur de mes amis.

MONSIEUR JOURDAIN

C'est trop d'honneur que vous me faites.

DORANTE

Galant homme tout-à-fait.

DORIMENE.

J'ay beaucoup d'estime pour luy.

MONSIEUR JOURDAIN

Je n'ay rien fait encore, Madame, pour mériter cette race.

DORANTE, lias à M. Jourdain.

Prenez bien garde, au moins, à ne luy point parler u diamant que vous luy avez donné.

MONSIEUR JOURDAIN

Ne pourois-je pas seulement luy demander comicnt elle le trouve?

DORANTE

Comment? gardez-vous-en bien. Gela seroit vilain à vous; et pour agir en galant homme, il faut que vous fassiez comme si ce n'estoit pas vous qui luy eussiez fait ce présent. Monsieur Jourdain, Madame, dit qu'il est ravy * de vous voir chez luy.

DORIMENE.

Il m'honore beaucoup.

MONSIEUR JOURDAIN

Que je vous suis obligé, Monsieur, de luy parler ainsi pour moy !

DORANTE

J'ay eu une peine effroyable à la faire venir icy.

MONSIEUR JOURDAIN

Je ne sçay quelles grâces vous en rendre.

DORANTE

Il dit, Madame, qu'il vous trouve la plus belle personne du monde.

DORIMENE.

C'est bien de la grâce qu'il me fait.

Page 1