‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 126 sur 186 · ACTE V, SCENE DERNIERE. 1 G · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE DERNIERE. 1 G

dit que vous voulez donner vostre fille en mariage à un caresme-prenant.

MONSIEUR JOURDAIN

Voulez-vous vous taire, impertinente '( Vous venez toujours mesler vos extravagances à toutes choses, et il n'y a pas moyen de vous aprendre à estre raisonnable.

MADAME JOURDAIN

C'est vous qu'il n'y a pas moyen de rendre sage, et vous allez de folie en folie. Quel est vostre dessein, et que voulez-vous faire avec cet assemblage ?

MONSIEUR JOURDAIN

Je veux marier nostre fille avec le fils du Grand Turc.

Avec le fils du Grand Turc?

MONSIEUR JOURDAIN

Oùy, faites-luy faire vos complimens par le truchement que voilà.

MADAME JOURDAIN

Je n'ay que faire de truchement, et je luy diray bien moy-mesme à son nez, qu'il n'aura point ma fille.

170 LE BOU I!'. EO i s G E Hl l I.IIOM ME,

MONSIEUR JOURDAIN

Voulez-vous vous taire, encore une fois '.

DORANTE

Gomment, Madame Jourdain, vous vous oposez à un bonheur comme celuy-là ? Vous refusez Son Altesse Turque pour gendre ?

MADAME JOURDAIN

Mon Dieu, Monsieur, meslez-vous de vos affaires.

D0RIMENE.

C'est une grande gloire, qui n'est pas à rejetter.

MADAME JOURDAIN

Madame, je vous prie aussi de ne vous point embarasser de ce qui ne vous touche pas.

DORANTE

C'est l'amitié que nous avons pour vous, qui nous fait intéresser dans vos avantages.

Je me passeray bien de vostre amitié.

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