ACTE V, SCENE DERNIERE
COVIELLE
Ne faites pas semblant de rien.
MADAME JOURDAIN
Oùy, voilà qui est fait, je consens au mariage.
MONSIEUR JOURDAIN
Ah ! voilà tout le monde raisonnable. Vous ne vouliez pas l'écouter. Je sçavois bien qu'il vous expliqueroit ce que c'est que le fils du Grand Turc ?
MADAME JOURDAIN
Il me l'a expliqué comme il faut, et j'en suis satisfaite. Envoyons quérir un notaire *.
DORANTE
C'est fort bien dit. Et afin, Madame Jourdain, que vous puissiez avoir l'esprit tout-à-fait content, et que vous perdiez aujourd'huy toute la jalousie que vous pouriez avoir conçcue de Monsieur vostre mary, c'est que nous nous servirons du mesme notaire pour nous marier, Madame et moy.
MADAME JOURDAIN
Je consens aussi, à cela.
MONSIEUR JOURDAIN
C'est pour luy faire acroire.
DORANTE
Il faut bien l'amuser avec cette feinte.
MONSIEUR JOURDAIN
Bon, bon. Qu'on aille viste quérir le notaire.
DORANTE
Tandis qu'il viendra, et qu'il dressera les contacts, voyons nostre ballet, et donnons-en le divertissemenl à Son Altesse Turque.
MONSIEUR JOURDAIN
C'est fort bien avisé, allons prendre nos places.
MADAME JOURDAIN
Et Nicole?
Je la donne au truchement; et ma femme, à qui la voudra.