I .1: MUSICIEN ITALIEN
Ueau temps qui s'envole — Emporte la joie; — D'Amour dans I
— Ou jouit ilu moment.
La musicienne.
Tant qu'en sa llcur — Itit la jeunesse, — Qui, trop cruelle, — De nom gne.
TOUS DEUX
Sus! chantons! — Sus! jouissons — Dans les heaux jours de la jeunesse : — Bien perdu ne se retrouve plus!
Musicien.
L'œil qui, amoureux, — Enchaîne mille cœurs,— Fait douce la blessure,
— Heureuse la peine.
Musicienne.
Mais lorsque refroidie — Languit la vie, — Plus l'âme raidie — N'a de flammes.
TOUS DEUX
Sus ! chantons. .. etc.
P. 185. — Le Scaramouche, dit M. Moland Molière et la Comédie italienne) existait déjà, au xvi° siècle, dans la troupe « des Fcdeli; il vêtait représenté par un acteur nommé Goldonï, et il a été dessiné par Callot dans la série des Petits Danseurs,, f ou IJallo di Sfessania.
Le plus célèbre après Goldoni fut Tiberio Fiurelli, qui, d'à-, près Le Boulanger de Chalussay, aurait dinné des leçons à Molière. En tête de sa comédie diffamatoire à'Elomire hypocon~ dre, on voit une gravure, que nous avons reproduite dans notre édition /Paris, Liseux, 1 vol. in 16), et qui représente « Scaramouche enseignant, — Elomire estudiant » : tous deux ont le même costume noir, bas noirs avec jarretières noires attachées
>us le jarret par un gros nœud; haut-de-chausse noir, étroit; isaque noire, avec ceinture; fraise blanche; béret, noir; tous îux, face à face, mit la même attitude et font les mêmes Bstes. — Scaramouche est armé d'un long fouet qu'il agile e la main gauche; de la main droite, Molière lient un miroir ui reflète, etoù il étudie ses jeux de physionomie.— Tous deux afin ont la même moustache, la même mouche. Ils n'ont as de masque; nous savons que Tiberio Fiurelli s'enfarinait.
Le Scaramouche, reprend M. Moland, est le type de l'avenarier napolitain, vantard et poltron, plus souple, moins conaincu et moins solennel que le capitan espagnol, lascif, ayant jutes les traditions fescennines.
C'est par allusion à son costume noir que Molière a dit, [ans Le Sicilien : « Le Ciel s'est habillé ce soiren Scaramou- :he. »
P. 185. — Le Trivclin était un arlequin, avec le masque, ians la batte. Il jouait, dit M. Campardon, (Les coniéd. ital. le la Ivoupc du Roi) les rôles d'intrigants spirituels, soit avenuriers, soft valets. Dominique Locatelli, Trivclin alors célèbre, «ait venu à Paris vers 1644. Il mourut à Paris, dans son donicile, rue St-Honoré, le 26 avril 1671, et fut enterré le lendenain en l'église du couvent des Grands Augustins. — Il avait 38 ans.
P. 185. — « Le caractère d'Arlequin, dit le Calendrier hist des Théâtres, (Paris, Cailleau, 1751) est celui d'un valet ignorant et simple dans le fond, mais qui fait tout son possible pour avoir de l'esprit, et pousse celte envie jusqu'à la malice. Il est gourmand, fidèle, actif, et, par crainte ou par intérêt, il commet toutes sortes de fourberies et d'impostures. C'est un caméléon qui prend toutes les couleurs. Il doit exceller dans les impromptus, et la première chose que le peuple demandel c'est de savoir si l'arlequin est agile, s'il saute, s'il danse, s'il fait des culbutes. »
Son costume, composé de pièces de différentes couleurs distribuées en triangles ou en losanges symétriques, rappelle
relie aalure du caméléon donl i i parlé aussi. A l'ha-
bit d'Arlequin, dil M. Moland, on ajouta les paillettes qui ai font comme un reptile ruis [ui ajoutent à caj
aspect scintillant, à ce je ne Bals quoi di :ugacc,
qu'on a de plus en plus accusé an lui.
Le plus célèbre des Arlequins, celui qui faisait, avec Tiberio Piurelli àcaramouche et avec Dominique Locatelli Trivelin), partie du la troupe qui se partag Molière, la salie <Ju
Palais Royal, était Dominique Biancolelli. Dominique • • t ii i l un lettré : le présidenl di Harlay, qui le trouva étudiant a la IJibliolhèque de Saint-Victor, en fit son ami. — N --ne en
1640, Dominique mourut le 8 août 1688; lui aussi lut enterré, dans une église, à Saint-Eustache,
P. 185. — Une Nuit, à la manière des comédiens italiens. — Il nous est difficile de comprendre comment on pouvait l'aire a une Nuit •> sur une scène ayant un éclairage fixe formé de chandelles ou de bougies; chez nous, plusieurs artifices pourraient s'y prêter: le gaz baissé, la lumière électrique projeté) sur un personnage plus ou moins vague, etc. Alors, i traste ne pouvait s'obtenir que par un éclairage exagéré, d'oij émergeait une forme sombre. Ainsi, nous savons comment sJ représentait une ombre : » l'on lira force pétars à l'entrée de l| porte, et Hircan sortit du milieu d'une flamme de poix-résine,« mesme qu'une ombre à l'hoslel de Bourgogne. Il tenoit en main un flambeau allumé qui faisoit force fumée d. Sorti Berger extravagant, 10^7, p. 248.)
Lorsque, en 1C53, fut dansé le Ballet royal de la Xuit, i semble que quand la Xuit paraissait, on la voyait c se couvi de son manteau » (XIIIe entrée). Mille attributs aidaient à reconnaître ; son char était traîné par des hiboux :
De plus, on y voyoit encore Les astres, le croissant, l'aurore, Maint assaut, maint rude combat,
Des sorciers allant au sabat, Loups-garoux, dragons et chimères. . .
Enfin, c'était à l'aide de torches que l'on augmentait ou l'on diminuait la lumière; et, quelle que fût l'habileté du machiniste, on pouvait bien faire paraître et disparaîlre des personnages, des animaux faniasliques, des montagnes même; on ne pouvait, avec le système d'éclairage des théâtres, obtenir une obscurité complète.