‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 147 sur 186 · Tout franc, co«s tous levez tous les jours trop matin · texte numérisé non relu

Tout franc, co«s tous levez tous les jours trop matin

Rac. 7*/aiV.

— a On a encore cassé /««/ «^/ un M. 1>... pour ses absences.

Si v.

4" Adjectifs variables (Participes présents invariables transformés en):

— « De chatouillantes aprobations. » — Boury. gent. p. i.

De même :

128. Le contraignant effort de ces aveux en face. — Mol. Fem. Sur.

246 Hais Monsieur Trissotin

M'uispne au fond de l'âme un dominant chagrin. — Id. Ibid.

1791. Et c'est un stratagème, un surprenant secours. — Id. Ibid.

Un commentateur cite contraignant comme « un mot expressif que nous avons perdu ». — Contraignant n'a jamais appartenu à la langue française; Molière fait ici du part, de contraindre un emploi qu'auraient pu revendiquer les Précieuses, et qui tendait à devenir à la mode. Il applique à tous les participes une transformation que l'usage admet seulement pour quelques-uns, comme : couleur changeante, preuve concluante, menace effrayante, etc.

Vaugelas a traité ce point, mais sans faire la distinction,

due aux grammairiens modernes, entre les participes présents, toujours invariables, et les adjectifs verbaux, qui sont variables. [Vaug., éd. Chassang, II, p. 152-159.) Ni Th. Corneille, ni l'Acad. franc., qui ont commenté Vaugelas, n'ont débrouillé la question. — Voy. Chassang, Nouv. yr. fr. Cours sup., p. 371-

Ce langage, dont Molière semble avoir adopté la mode, s'était fait remarquer dans Scudéry. 11 parle, dans Almaîiidc, « d'une persécutante image », du « méprisant comte de Penafiel ». (p. 61, 627.)

Si l'éclat plaît d'abord, il blesse dans la suite : La dépense a souvent un chagrinant retour.

IIvuteroche. Bourg, de Qualité, IV, iv.

Adverbes :

1° Comme, pour comment :

— « Voilà comme vous dépensez vostre bien. » — Bourg, gent. p. 133.

De même :

431 Comme est-ce qu'on s'y porte ?

Mol. Tort.

— « Je suis bien aise d'apprendre comme on parle de moi. »

Id. L'Avare, III, v.

1197. Un co:ur né pour servir sait mal comme on commande.

Coks. Pompée.

690. . . . J'aime à voir comme vous l'instruisez. — Rac. Athalie. Voy., dans cette collection, notre Lexique du Tartufle.

2° Davantage que :

— « 11 n'y a rien... qui chatouille davantage que les aplaudîssemens que vous dites. » — Bourg, gent. p. 4.

Davantage, qui, sous la forme d'avantage, s'employait seul et absolument depuis le xiv° siècle, devient terme de comparaison, suivi de que, à parlir du xvie siècle, selon M. Chassang (ouvr.

— 2Gi —

a . Le xvn* el le wni" siècles ont toujours dil davantage que ; jours, on esl revenu ;i L'usage primitif, sans la conj. que. On remarquera que l'Acad. : l- n'a jamais donné d'exemple 'avantage que ; 2* dans bob deux dernières ■

qu {avantage s'emploie toujours absolument », malgré

l'usage de nos meilleurs écrh ains.

— a Je n'eu ^.ii> pas davantage que quand j<' suis sorti du lit. »

Malh. Lettr. àPeiresc, \i janv. 1613.

i>\. Voulant faire beaucoup, il ne peut dava

Que soupirer tout bas..~ — lu. Larm. de Saint-Pierre.

.Mil. Puisqu'un mut de sa bouche opère davantage Que /oui l'esprit humain ne saurait concevoir.

Cork. Imit. de J.C.

31j. — Oui, mus ne pourries pas lui dire davantage Que ce que je lui dis pour le faire clic auge.

Mol. L'Étourdi.

— a Ne souhaitez rien davantage que la gloire. »

Rac. Rem. .sur Piniare.

— « Le repos de la solitude lui plaît davantage que la Cour ou Taris. >j

Sév. Lettr. à M>ac de Grignan. 23 juin 1677.

— <x II n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode et qui le soulève davantage que le grand jeu. »

La Bruyère. Caracl. — De la mode, i 7.

Ou peut citer encore de nombreux exemples de Pascal, de Bossuet, de Voltaire, de J.-J. Rousseau, etc.

Le premier grammairien qui se soit élevé contre cette locution, dont il cite un grand nombre d'exemples contraires à sen opinion, parait être Andry de Boisregard, dans ses Rêfl. sur l'état présent de la lang. franc., qui parurent pour la première fois en juill. 1(188.

o° Depuis, avec un infinitif :

— « Depuis avoir connu l'eu Monsieur vostre père. »

Bourg, gent. p. 144.

De même :

— a Depuis vous avoir écrit celle que vous recevez. »

Malh. Lettr. à Peircse, juillet, 1609.

— Depuis vous avoir adressé la lettre que j'écrivois à M. de La Fonlinc... » — IUc. Lcltr. à Yiturt, 22 juillet 1662.

— « Il y a bien loin depuis avoir permission de vendre sa charge, isqu'à avoir trouvé un marchand. »

Sèv. Lettr. à Ume de Grignan, 30 oct. 1675.

Andry de Boisregard, Befl. sur l'usage présent de la lanrj. r., 1688, est le premier grammairien, à notre connaissance, qui it condamné cette façon de parler. Il cite, pour la reprendre, la hrase suiv. d'Arnauld d'Audilly : « Après le baptême, la pénience est utile pour effacer les péchez qu'on a commis depuis 'avoir reccu. » — L'Acad. ne cite aucun exemple, dans aucune e ses éd., de depuis avec un infin.. En espagnol, on dit fort lien : despues de haver hecho, après, depuis avoir fait.

4° Ensemble, avec lui, avec elle :

— « Je veux contr' elle conserver mon ressentiment, et rompre enwmble tout commerce. » — Bourg. genC. p. 99.

Cet emploi de ensemble avec le sing. je est un tour particulier i Molière, probablement échappé à sa plume, et dont on ne cite lucuu autre exemple.

5e Mieux, pour le mieux :

Voyons par expérience

Qui des deux aimera mieux. — Bourg, gent, p. 19.

De même :

538. « Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux.» — .Mol. Dëp. am.

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