M. DC. LXXI AVEC PRIVILEGE DU ROY
La Bibliographie Molicresquc, de Paul Lacroix, cite encore une édition portant le nom du libraire Claude Barbin et la date : Paris, 1073; — une autre portant le nom de la veuve Duchesne, Paris, 1784 ; — une autre enfin, donnée chez Mossy , Marseille, 1798.
Il faut y joindre, d'après la même Bibliographie, une édition mise en trois actes, et donnée à La Haye en 1770 : «- Ce travail de coupure et de remaniement
voulu, eu notre absence, la communiquer à notre ami, M. Ch. Royer pour une collalion scrupuleuse des textes . Nous ne saurions assez dire toute notre reconnaissance pour Mmo la baronne J. de Rothschild, M. Ch. Royer et M. Ém. Picot.
a été fait par un comédien du théâtre de Bruxelles à la demande de plusieurs troupes de campagne, qui ne pouvaient jouer la pièce, foute d'un personnage convenable pour les divertissements et les ballets. » C'est sans doute un arrangement du même genre qui fut publié « à Vienne en Autriche », avec la date M. DG. LVI, date évidemment erronée, et où il faut lire M. DCG. LVI, ainsi que le prouve l'examen des. fleurons, des caractères, du papier, et de l'orthographe. On a supprimé le Dialogue en musique qui termine le premier acte, et, remplacé par d'autres couplets les chansons à boire du quatrième acte. Nous en connaissons un exemplaire appartenant à M. Desvernay, directeur de Lyon-Revue, qui a bien voulu le mettre à notre disposition avec une bonne grâce dont nous lui sommes très obligé.
Parmi les reproductions iidèles,' imprimées en Hollande, de l'édition originale, M. Paul Lacroix cite celles des Elzevier, 1671, 1675 et 1680, et de Welstein,, en 1693. Nous y joindrons une édition, que nous possédons, sans lieu d'impression, avec la sphère et la mention: « suivant la copie imprimée A PARIS M.DC.LXXXVIII. »
Enfin, et pour terminer, en la complétant, cette énumération, nous indiquerons une édition qu'on dirait laite pour la Bibliothèque bleue, tant le papier en est mauvais et l'impression négligée, et qui porte, audessous de la sphère elzévirienne, la mention suivante : « Sur l'Imprimé, A PARIS, chez Pierre Le Moxnier, au Palais. M.D.CG.LXV1I. » Mais elle est antérieure à 1767, ainsi que le prouvent les caractères, et ne peut être de 1667, puisque la pièce est
J;de 1670. Nous ne saurions expliquer cette erreur ma- Imfeste.
Les traductions du Bourgeois gentilhomme sont Inombreuses. M. Paul Lacroix cite, en italien: U 17/- I/3/70 nobile, de Cesare Ventimonte, mais avec la date ■erronée de 1669. Nous possédons, en portugais, HO Peâo fîrfnlgo, comedia do senhor Molière, tradu. zida em vulgar pelo capitâo Manoel de Souza, L'sboa, KM.DGC.L.X1X ; excepté le nom du Bourgeois (Jorihmr, tous les autres noms sont changés ; le Dialogue ten musique et les Chansons à boire ne rappellent Vu rien les vers de Molière. Viennent ensuite, par flor.lre de date, les traductions suivantes: 1672, en [anglais; 1680, en hollandais ; — 1725, en danois ; — 11768, en suédois; — 1782. en polonais; — 1783, en [suédois ; — 1788, en russe et en allemand ; — 1823, en bolonais ; — 183o, en roumain ; — 1846, en danois; — |859, en suédois; — 1861, en serbo-croate, — 1866, en hollandais : — 1867, en grec moderne; — 1871, en anglais ; — 1881, en hongrois.
L'honneur de ces traductions est un hommage rendu par toute l'Europe au génie de Molière. Ce n'est pas seulement dans Le Bourgeois gentilhomme que, en tous temps et en tous pays, on trouvera des modèles 'de la bonne comédie; c'est dans toutes ses pièces, dont la moindre est encore une des gloires littéraires de la France.
Ch.-L. Livet.
Vichy, le 24 décembre 1884.