SECOND LAQUAIS
Monsieur?
MONSIEUR JOURDAIN
Tenez ma robe. Mo trouvez-vous bien comme cela*?
MAISTRE A DANCER
Fort bien. On ne peut pas mieux.
MONSIEUR JOURDAIN
Voyons un peu vostre affaire.
MAISTRE DE MUSIQUE
Je voudrois bien auparavant vous faire entendre un
air qu'il vient de composer pour la sérénade* que vous m'avez demandée. C'est un de mes écoliers, qui a pour ces sortes de choses un talent admirable.
MONSIEUR JOURDAIN
Oiiy, mais il ne falloit pas faire faire cela par un écolier; et vous n'estiez pas trop bon vous-mesme pour cette besongne-là.
MAISTRE DE MUSIQUE
11 ne faut pas, Monsieur, que le nom d'Ecolier vous abuse. Ces sortes d'Ecoliers en sçavent autant que les plus grands maistres, et l'air est aussi beau qu'il s'en puisse faire. Ecoutez seulement.
MONSIEUR JOURDAIN
Donnez-moy ma robe pour mieux entendre. . . Attendez, je croy que je seray mieux sans robe. . . Non, redonnez-la-moy, cela ira mieux.
MUSICIEN chantant.
Je languis nuit et jour, et mon mal est extrême, Depuis qu'à vos rigueurs vos beaux yeux m'ont soumis : Si vous traitiez ainsi, belle Iris, qui vous aime, Hélas! que pouriez-vous faire à vos ennemis?
MONSIEUR JOURDAIN
Cette chanson me semble un peu lugubre; elle en-