A C T E 1 1 1 , SCENE III
MONSIEUR JOURDAIN
Sans doute.
MADAME JOURDAIN
Tout cela est fort nécessaire pour conduire vostre maison.
Assurément. Vous parlez toutes deux comme des bestes, et j'ay honte de vostre ignorance. Par exemple, sçavez-vous, vous, ce que c'est que vous dites à cette heure * ?
MADAME JOURDAIN
Oùy. Je sçay que ce que je dis est fort bien dit, et que vous devriez songer à vivre d'autre sorte.
MONSIEUR JOURDAIN
Je ne parle pas de cela. Je vous demande ce que c'est que les paroles que vous dites icy.
MADAME JOURDAIN
Ce sont des paroles bien sensées, et vostre conduite ne l'est guéres.
MONSIEUR JOURDAIN
Je ne parle pas de cela, vous dis-je. Je vous de-
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mande-: ce que je parle avec vous, ce que je vous dy à celle heure, qu'est-ce que c'est?
MADAME JOURDAIN
Des chansons.
MONSIEUR JOURDAIN
Hé non ! ce n'est pas cela. Ce que nous disons tous deux, le langage que nous parlons à cette heure?
Hé bien?
MONSIEUR JOURDAIN
Comment est-ce que cela s'apelle?
MADAME JOURDAIN
Gela s'apelle comme on veut l'apeller.
MONSIEUR JOURDAIN
C'est de la prose, ignorante.
MADAME JOURDAIN
De la prose !