‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 82 sur 186 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

CLEONTE, COVIELLE.

CLEONTE.

Quoy! traitler uu amant de la sorte, et un amant le plus fidelle et le plus passionné de tous les amans?

COVIELLE

C'est une chose épouvantable, que ce qu'on nous fait à tous deux.

96 LE I10UHUE0IS (iKNTILHOMMK.

CLEONTB.

Je fais voir pour une personne toute l'ardeur; e toule la tendresse qu'on peut imaginer; je n'aim rien au monde qu'elle, et je n'ay qu'elle dans l'esprit elle fait tous mes soins, Ions mes désirs, toute mi joye; je ne parle que d'elle, je ne pense qu'à elle, j ne fais des songes que d'elle, je ne respire «pie pa elle, mon cœur vit tout en elle; et voilà de tar d'amitié la digne récompense! Je suis deux jour sans la voir, qui sont pour moy deux siècles effroya blés; je la rencontre par hazard; mon cœur à ectt veue se sent tout transporté, ma joye éclate sur mo visage; je vole avec ravissement vers elle; et l'inlidell détourne de moy ses regards, et passe brusquemen comme si de sa vie elle ne m'avoit veu!

COVIELLE

Je dis les mesmes choses que vous.

CLEONTE.

Peut-on rien voir d'égal, Goviclle, à cette perfidi de l'ingrate Lucile ?

COVIELLE

Et à celle, Monsieur, de la pendarde de Nicole?

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