‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 6 sur 119 · ACTE I. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE II

Le Maître a Danser. — C’est pour vous faire voir l’excellence et l’utilité de la danse et de la musique.

M. Jourdain. — Je comprends cela à cette heure.

Le Maître de Musique. — Voulez-vous voir nos deux affaires ? 5

M. Jourdain. — Oui.

Le Maître de Musique. — Je vous l’ai déjà dit, c’est un petit essai que j’ai fait autrefois des diverses passions que peut exprimer la musique.

M. Jourdain. — Fort bien. lo

Le Maître de Musique, aux musiciens. — Allons, avancez. (AM. Jourdain.) Il faut vous figurer qu’ils sont habillés en bergers.

M. Jourdain. — Pourquoi toujours des bergers ? * On ne voit que cela partout. 1 5

Le Maître a Danser. — Lorsqu’on a des personnes à faire parler en musique, il faut bien que, pour la vraisemblance, on donne dans la bergerie.® Le chant a été de tout temps affecté aux ^ bergers ; et il n’est guère naturel, en dialogue, que des princes ou des bourgeois chantent 20 leurs passions.

M. Jourdain. — Passe, passe."* Voyons.

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