‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 7 sur 119 · UNE MUSICIENNE, DEUX MUSICIENS · texte numérisé non relu

UNE MUSICIENNE, DEUX MUSICIENS

LA MUSICIENNE

Un cœur, dans l’amoureux empire,

De mille soins est toujours agité :

On dit qu’avec plaisir on languit, on soupire ;

Mais, quoi qu’on puisse dire.

Il n’est rien de si doux que notre liberté.

PREMIER MUSICIEN

Il n’est rien de si doux que les tendres ardeur» Qui font vivre deux cœurs Dans une même envie.

On ne peut être heureux sans amoureux désirs « Otez l’amour de la vie,

Vous en ôtez les plaisirs.

SECOND MUSICIEN

Il serait doux d’entrer sous l’amoureuse loi,

Si l’on trouvait en amour de la foi :

Mais, hélas ! ô rigueur cruelle 1 On ne voit point de bergère fidèle :

Et ce sexe inconstant, trop indigne du jour,

Doit faire pour jamais renoncer à l’amour.

PREMIER MUSICIEN

Aimable ardeur 1 . . . .

LA MUSICIENNE

Franchise 1 heureuse 1 . . .

SECOND MUSICIEN

Sexe trompeur ! . . . .

PREMIER MUSICIEN

Que tu m’es précieuse 1

LA MUSICIENNE

Que tu plais à mon cœur I

SECOND MUSICIEN

Que tu me fais horreur l

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