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Le bourgeois gentilhomme

On écrit de Chambord à la Gazette, sous la date du 14 octobre 1670 : (( Leurs Majestés (arrivées depuis le 9 en ce château) eurent hier pour la première fois le divertissement d'un ballet de six entrées, accompagné de comédie, dont l'ouverture se fit par une merveilleuse symphonie, suivie d’un dialogue en musique des plus agréables. » Cette mention, si peu précise qu’elle puisse paraître, désigne à n’en pas douter le Bourgeois gentilhomme. Robinet, de son côté, dans sa lettre en vers du 18 octobre, s’exprime comme il suit :

Les deux Majestés, à Chambord,

Ont reçu, tout de plein abord.

Harangues, mauvaises ou bonnes.

Des plus magistrales personnes.

Et depuis ce jour, profitants

Tant qu’elles peuvent du beau temps,

S’y sont comme il faut diverties,

Notamment en plusieurs parties De chasse; illec, en bonne foi,

Plus qu’ailleurs, un plaisir de roi.

Mardi, ballet et comédie 1 Avec très bonne mélodie Aux autres ébats succéda ;

Où tout, dit-on, du mieux alla

Par les soins des deux grands Baptistes

Originaux, et non copistes.

Comme on sait, dans leur noble emploi Pour divertir notre grand roi.

C’était presque l’anniversaire de la première apparition de Monsieur de Pourcmugnac que le poète célébrait, dans le même château, sous les traits de monsieur Jourdain. Chambord, comme on voit, inspirait une énergique gaieté au génie de Molière. Le Bourgeois gentilhomme offre certainement un des plus excellents types qu’il ait créés et un des plus heureux sujets de comédie que le ridicule des homnies ait pu fournir. Molière, en effet, n’avait peut être pas encore peint un travers aussi commun, aussi général, aussi impé-

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