ACTE V, SCÈNE NII
LUCILE
Comment! mon père, comme vous voilà fait! Est-ce une comédie que vous jouez !
Non, non, ce n’est pas une comédie; c’est une affaire fort sérieuse, et la plus pleine d’honneur pour vous qui se peut souhaiter. (Montrant cléonte.) Voilà le mari que je vous donne.
LUCILE
A moi, mon père?
MONSIEUR JOURDAIN
Oui, à vous. Allons, touchez-lui dans la main ; et rendez grâces au ciel de votre bonheur.
LUCILE
Je ne veux point me marier?
MONSIEUR JOURDAIN
Je le veux, moi, qui suis votre père.
LUCILE
Je n’en ferai rien .
MONSIEUR JOURDAIN
Ah ! que de bruit ! Allons, vous dis-je. Çà, votre main.
LUCILE
Non, mon père; je vous l’ai dit, il n’est point de pouvoir qui me puisse obliger à prendre un autre mari que Cléonte ; et je me résoudrai plutôt à toutes les extrémités, que de... (Reconnoissant Cléonte.) Il est vrai que VOUS êtes mon père; je vous dois entière obéissance ; et c’est à vous à disposer de moi selon vos volontés.
MONSIEUR JOURDAIN
Ali! je suis ravi de vous voir si promptement revenue dans votre devoir; et voilà qui me plaît, d’avoir une fille obéissante.