‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 120 sur 122 · CINQUIÈME ENTRÉE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ENTRÉE

Deux musiciens poitevins : Messieurs Noblet et La Grille.

Poitevins dansants : Messieurs La Pierre, Favier et Saint-André.

Poitevines da?isantes : Messieurs Faure, Foignard et Favier le jeune.

Les huit flûtes et hautbois : Les sieurs Descouteaux, Pièc^ie le fils, Philidor, Boutet, Du Clos, Plumet, Fossart et Nicolas Hottere.

1. Il s’agit ici du célèbre arlequin Dominique Biancolelli, dont il est si souvent question dans l’histoire anecdotique du siècle. Voici quelques traits que nous fournissent les historiens du théâtre : A la scene, et sous son masque, il savait exciter le rire des spectateurs; mais, à la ville, il était mélancolique et triste. Étant allé un jour chez un fameux médecin pour le consulter sur la maladie noire dont il était attaqué, celui-ci, qui ne le connaissait pas, lui dit qu’il n’y avait d’autre remède pour lui que d’aller souvent rire aux bouffonneries d’Arlequin. a En ce cas, je suis mort, répondit le pauvre malade, car c’est moi qui suis Arlequin. » Les Italiens jouaient des pièces françaises; les comédiens français prétendirent qu’ils n’en avaient pas le droit.' Le roi voulut être le juge de ce difïérend; Baron se présenta pour défendre la prétention des comédiens français, et Arlequin vint pour soutenir celle des Italiens. Après le plaidoyer de Baron, Arlequin dit au roi; « Sire, comment parlerai-je? — Parle comme tu voudras, répondit le roi. — Il n’en faut pas davantage, dit Arlequin, j’ai gagné ma cause. » On assure que cette décision, quoique obtenue par subtilité, eut son effet, et que depuis les comédiens italiens jouèrent des pièces françaises. Dans les mémoires de Dangeau, on lit sous la date du 2 août 1688 :

« Arlequin est mort aujourd’hui à Paris. On dit qu’il laisse 300.000 livres debiens. On lui a donné tous les sacrements, parce qu’il a promis de ne plus monter sur le théâtre. » Et un anonyme (Saint-Simon) a ajouté en note : « Cet Arlequin' étoit le sieur Dominique, comédien plaisant, salé, mettant du sien, sur-le-champ et avec variété, ce qu’il y avoit de meilleur dans ses rôles; il étoit sérieux, studieux et très instruit. Le pr< mier président de Harlay, qui le rencontra souvent à la bibliothèque de Saint-Victor, fut si charmé de sa science et de sa modestie, qu’il l’embrassa et lui demanda son amitié. Depuis ce temps-là jusqu’à la mort de ce rare acteur, M. de Hai lay le reçut toujours chez lui avec une estime et une distinction particulières ; le monde qui le sut prétendoit qu’Arlequin le dressoit aux mime», et qu'il étoit plus savant que le magistrat mais que celui-ci étoit aussi bieo meilleur comédien que Dominique.»

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APPENDICE

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