‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 33 sur 122 · MONSIEUR JOURDAIN, UN MAITRE TAILLEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR JOURDAIN, UN MAITRE TAILLEUR

UN GARÇON TAILLEUR portant l’habit de monsieur Jourdain ç, UN LAQUAIS.

MONSIEUR JOURDAIN

Ah! VOUS voilà! je m’allois mettre en colère contre vousL

LE MAITRE TAILLEUR

Je n’ai pas pu venir plus tôt, et j’ai mis vingt garçons après votre habit.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous m’avez envoyé des bas de soie si étroits, que j’ai eu toutes les peines du monde à les mettre, et il y a déjà deux mailles de rompues.

LE MAITRE TAILLEUR

Ils ne s’élargiront que trop.

MONSIEUR JOURDAIN

Oui, si je romps toujours des mailles. Vous m’avez aussi fait faire des souliers qui me blessent furieusement L

I. Après la colère furibonde de monsieur Jourdain, quoi de plus comique que cette apostrophe presque doucereuse? Monsieur Jourdain est impatient comme un parvenu, et timide comme un bourgeois qui ne sait pas encore se faire servir. Il n’y a point de traits d’esprit qui vaillent ces petites passions maniées avec une telle délicatesse. (Aimé Mautin.)

J. On voit que le tailleur, à cette époque, se chargeait de fournir presque toutes les parties de riiabillement ; ce qui était nécessaire, en elfet, pour qu’il put introduire une certaine harmonie dans un costume très compliqué.

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