PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET
Les quatre garçons tailleurs dansants’^ s’approchent de monsieur Jourdain. Deux lui arrachent le haut-de-chausses de ses exercices ; les deux autres lui ôtent la camisole ; après quoi, toujours en cadence, ils lui mettent son habit neuf. Monsieur Jourdain se promène au milieu d"eux, et leur montre son habit pour voir s’il est bien.
GARÇON TAILLEUR
Mon gentilhomme, donnez, s’il vous plaît, aux garçons quelque chose pour boire.
MONSIEUR JOURDAIN
Comment m’appelez-yous ?
GARÇON TAILL3UR.
Mon gentilhomme.
MONSIEUR JOURDAIN
Mon gentilhomme ! Voilà ce que c’est, de se mettre en personne de qualité! Allez-vou?'en demeurer toujours habillé en bourgeois, on ne vous cira point : Mon gentilhomme. (Donnant de l’argent) Tenez, Yoilà pour Mon gentilhomme.
GARÇON TAILLEUR
Monseigneur, nous vous sommes bien obligés.
MONSIEUR JOURDAIN
Monseigneur I Oh 1 oh I Monseigneur! Attendez, mon ami ; Monseigneur mérite quelque chose, et ce n’est pas une petite parole que Monseigneur ! Tenez, voilà ce que Monseigneur vous donne.
GARÇON TAILLEUR
Monseigneur, nous allons boire tous à la santé de Votre Grandeur.
MONSIEUR JOURDAIN
Votre Grandeur! Oh ! oh ! oh ! Attendez ; ne vous en allez pas. A moi. Votre Grandeur ! (Bas, à part.) Ma foi, s’il va jusqu’à l’Altesse, il aura toute la bourse. (Haut.) Tenez, voilà pour ma Grandeur.
GARÇON TAILLEUR
Monseigneur, nous la remercions très humblement de ses libéralités.
* Les éditions de la pièce disent quatre garçons tailleurs, au lieu de six que compte le livre du ballet.
LE BOURGEOIS GENTILROMME.
MONSIEUR JOURDAIN
Il a bien fait, je lui allois tout donner K
DEUXIÈME ENTRÉE DE mLLET
Les garçons taiUeurs se réjouissent de la libéralité de monsicii. Tourdain par une danse qui fait le deuxième intermède.