‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 38 sur 122 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

MONSIEUR JOURDAIN

il faut, dis-je, que tu nettoies la salle, et...

NICOLE

Hi, hi.

MONSIEUR JOURDAIN

Encore ?

NICOLE, tombant à force de rire^.

Tenez, monsieur, battez-moi plutôt, et me laissez rire tout mon soûl ; cela me fera plus de bien. Hi, hi, hi, hi, hi.

MONSIEUR JOURDAIN

J’enrage !

NICOLE

De grâce, monsieur, je vous prie de me laisser rire. Hi, hi, hi.

MONSIEUR JOURDAIN

Si je te prends...

NICOLE

Monsieur, eur, je crèverai, ai, si je ne ris. Hi, hi, hi.

Mais a-t-on jamais vu une pen darde comme celle-là, qui me vient rire insolemment au nez, au lieu de recevoir mes ordres ?

NICOLE

Que voulez-vous que je fasse, monsieur ?

MONSIEUR JOURDAIN

Que tu songes, coquine, à préparer ma maison pour la compagnie qui doit venir tantôt.

NICOLE, se relevant. *

Ah! par ma foi, je n’ai plus envie de rire ; et toutes vos compagnies font tant de désordre céans, que ce mot est assez pour me mettre en mauvaise humeur.

MONSIEUR JOURDAIN

Ne dois-je point pour toi fermer ma porte à tout le monde

NICOLE

Vous devriez au moins la fermer à certaines gens.

I. Cette indication a été donnée pour la première fois par l’éditeur de 1734, Marc-Ant. Joly, d’après la tradition du théâtre; mais elle n’existe ni dans les éditions originales, ni dans l’édition de 1G82.

1. Cette indication a, bien entendu, la même source cpie la précédente.

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