‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 68 sur 122 · CLÉONTE, COVIELLE · texte numérisé non relu

CLÉONTE, COVIELLE

COVIELLE

Vous avez fait de belles affaires, avec vos beaux sentiments.

CLÉONTE

Que veux-tu? j’ai un scrupule là-dessus que l’exemple ne sauroit convaincre.

COVIELLE

Vous moquez-vous, de le prendre sérieusement avec un homme comme cela? Ne voyez-vous pas qu’il est fou? et vous coûtoit-il quelque chose de vous accommoder à ses chimères ?

CLÉONTE

Tu as raison; mais je ne croyois pas qu’il fallût faire ses preuves de noblesse pour être gendre de Monsieur Jourdain.

CO VIELLE, riant.

Ahl ahi ah!

1. Voyez, dans la Notice, l’entretien de Sancho Pança et de Thérèse, sa femme ; traduit du chapitre v, deuxième partie de Don Quichotte.

CLÉONTE

De quoi ris-tu ?

CO VIELLE

D’une pensée qui me vient pour jouer notre homme et vous faire obtenir ce que vous souhaitez.

CLÉONTÉ.

Comment ?

COVIELLE

L’idée est tout à fait plaisante.

CLÉONTE

Quoi donc?

11 s’est fait depuis peu une certaine mascarade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans une bourle que je veux faire à notre ridicule. Tout cela sent un peu sa comédie; mais, avec lui, on peut hasarder toute chose il n’y faut point chercher tant de façons, et il est homme à y jouer son rôle à merveille, et à donner aisément dans toutes les fariboles qu’on s’avisera de lui dir^/ J’ai les acteurs, j’ai les habits tout prêts; laissez-moi faire seulement. '

CLÉONTE

Mais apprends-moi...

COVIELLE

Je vais vous instruire de tout. Retirons-nous; le voilà qui revient.

Page 1