ACTE IV, SCÈNE I
Moi, madame? Dieu me garde d’eu vouloir parler ! ce ne seroit pas agir en galant homme ; et le diamant est fort peu de chose.
DORIMÊNE.
Vous êtes bien dégoûté.
MONSIEUR JOURDAIN
Vous avez trop de bonté...
DORANTE, après avoir fajt signe à monsieur Jourdain.
Allons, qu’on donne du vin à monsieur Jourdain, et à ces messieurs*, qui nous feront la grûce de nous chanter un air à boire**.
DORIMÊNE.
C’est merveilleusement assaisonner la bonne chère, que d’y mêler la musique ; et je me vois ici admirablement régalée.
MONSIEUR JOURDAIN
Madame, ce n’est pas...
DORANTE
Monsieur Jourdain, prêtons silence à ces messieurs ; ce qu’ils nous diront vaudra mieux que tout ce que nous pourrions dire ***.
Les musiciens**** prennent des verres, chantent deux chansons k boire, et sont soutenus de toute la symphonie h
* Var. Et à ces messieurs et à ces darnes ^ (1682.)
** Var. De nous chanter quelque air à boire. (I6S2.)
*** Var. Ce qu’ils nous feront entendre vaudra mieux que tout ce que nous pourrions dire. (168*2.)
**** Les éditions de la pièce disent : les musiciens et la musicienne.
de Villiers (1665J, on s entretient avec admiration d’un potage aux oignona^ blancs farcis :
LÉANDRE
Je fus hier dîner chez un de mes atnis,
Et mangeai d’un potage aux oignons blancs farcis.
CLIDAMANT.
Aux oignons blancs farcis ! Peste! il est admirable ;
J’en ai vu l’inventeur.
LÉANDRE
Il aimoil bien la table.
CLIDAMANT.
Aux oignons blancs farcis!
LÉANDRE
. Tu les aimes, je croi ?
CLIDAMANT.
Je puis bien les aimer, c’est un manger de roi.
Voy. les Contemporains de Molière, par V. Fournei, tome I, page 335.
1. Le livre du ballet donne les noms des trois musiciens : « Messieurs de Le Grille, Morel et Blondel. »