SCÈNE V
MONSIEUR JOURDAIN, COVIELLE, déguisé.
Monsieur, je ne sais pas si j'ai l’honneur d’être connu de vous.
MONSIEUR JOURDAIN
Non, monsieur.
CO VIELLE, étendant la main à un pied de terre.
Je VOUS ai vu que vous n’étiez pas plus grand que cela.
MONSIEUR JOURDAIN
Moi?
COVIELLE
Oui. Vous étiez le plus bel enfant du monde, et toutes les dames vous prenoienl dans leurs bras pour vous baiser.
Pour me baiser ?
CO VIELLE
Oui. J’étois grand ami de feu monsieur votre père.
MONSIEUR JOURDAIN
De feu monsieur mon père?
COVIELLE
Oui. C’étoit un fort honnête gentilhomme.
MONSIEUR JOURDAIN
Comment dites-vous ?
COVIELLE
Je dis que c’étoit un fort honnête gentilhomme.
MONSIEUR JOURDAIN
Mon père?
COVIELLE
Oui.
MONSIEUR JOURDAIN
Vous l’avez fort connu?
COVIELLE
Assurément.
MONSIEUR JOURDAIN
Et VOUS l’avez connu pour geniilhomme?
Sans doute. ^
MONSIEUR JOURDAIN
Je ne sais donc pas comment le monde est fait !
COVIELLE
Comment?
MONSIEUR JOURDAIN
11 y a de sottes gens qui me veulent dire qu’il a été marchand.
COVIELLE
Lui marchand ! C’est pure niédisartce, il ne l’a jamais été Tout ce qu’il faisoit, c’est qu’il étoit; fort obligeant^, fort offîi