‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 80 sur 122 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MONSIEUR JOURDAIN, COVIELLE, déguisé.

Monsieur, je ne sais pas si j'ai l’honneur d’être connu de vous.

MONSIEUR JOURDAIN

Non, monsieur.

CO VIELLE, étendant la main à un pied de terre.

Je VOUS ai vu que vous n’étiez pas plus grand que cela.

MONSIEUR JOURDAIN

Moi?

COVIELLE

Oui. Vous étiez le plus bel enfant du monde, et toutes les dames vous prenoienl dans leurs bras pour vous baiser.

Pour me baiser ?

CO VIELLE

Oui. J’étois grand ami de feu monsieur votre père.

MONSIEUR JOURDAIN

De feu monsieur mon père?

COVIELLE

Oui. C’étoit un fort honnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN

Comment dites-vous ?

COVIELLE

Je dis que c’étoit un fort honnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN

Mon père?

COVIELLE

Oui.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous l’avez fort connu?

COVIELLE

Assurément.

MONSIEUR JOURDAIN

Et VOUS l’avez connu pour geniilhomme?

Sans doute. ^

MONSIEUR JOURDAIN

Je ne sais donc pas comment le monde est fait !

COVIELLE

Comment?

MONSIEUR JOURDAIN

11 y a de sottes gens qui me veulent dire qu’il a été marchand.

COVIELLE

Lui marchand ! C’est pure niédisartce, il ne l’a jamais été Tout ce qu’il faisoit, c’est qu’il étoit; fort obligeant^, fort offîi

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