SCENE XII
LE MARQUIS, LA COMTESSE, VÉTILLE, puis MAURICE.
VÉTILLE, descendant vers la comtesse.
Tout le monde s'en va...? Mais alors, moi aussi.
LA COMTESSE, se levant.
Quoi? Vous aussi, docteur?
VÉTILLE
Mais, madame, ma mission est terminée ; pour la décision que vous avez à prendre, c'est affaire de famille, et je n'ai pas voix
au chapitre, (a ce momoment, la porte de Maurice s'ouvre et l'on voit celui-ci en costume de bain achevant de passer un peignoir que Luc lui tend.) D'aillcurS, Voici
votre fils qui est prêt ; si vous le permettez, en attendant l'heure de mon train, je descendrai avec lui, assister à son bain.
LA COMTESSE, regardant son fils qui sort de sa chambre, — avec émotion et d'une voix étranglée.
Le pauvre petit !
MAURICE, sortant de sa chambre.
Je vais prendre mon bain, maman.
LA. COMTESSE, s'etTorçant de dissimuler son trouble.
Oui, mon enfant, va !... Tiens, M. le docteur t'accompagne.
MAURICE
Ah! c'est bien aimable! Alors, venez docteur.
Il fait mine de gagner le hall.
VÉTILLE, faisant le même mouvement.
Voilà.
LA. COMTESSE, le voyant s'en aller, brusquement.
Maurice !
MA.URICE, se retournant.
Maman ?
LA. COMTESSE, très émue.
Embrasse-moi, mon enfant, embrasse-moi bien !
MAURICE, allant à elle.
Mais avec joie, maman, (ii l'embrasse, eiie
le mange de baisera.) Qu'cst-CC CJUe VOUS aveZ ? LA COMTESSE, voulant cacher son émotion.
Rien, rien, mon enfant! va! va !
MAURICE, que cette réponse ne satisfait pas.
Ah?
Il adresse au marquis un regard interrogateur. LE MARQUIS, au-dessus et à gaucho de la table.
Hein?... Mais il n'y a rien. Ta mère éprouve le besoin de t'embrasser. C'est très naturel.
MAURICE, peu convaincu.
Ah?... oui... (a part.) C'est drôle! (naut à vétille.) Eh bien, docteur, si vous voulez...?
VÉTILLE
Je vous suis.
LA COMTESSE, le regardant partir.
Pauvre petit !
VÉTILLE
A tout à l'heure, madame ! Je viendrai vous présenter mes hommages.
LA COMTESSE, remontant.
C'est cela, docteur, à tout à l'heure.
LE MARQUIS, remontant également.
Et merci.
LA GOMTESSa.
Ah ! oui.
VÉTILLE, fait un geste pour dire que cela n en vaut pas la peine, puis :
A tout à l'heure !
Il sort rejoindre Maurice.