‹ Le bourgeon; comédie en trois actesChapitre 38 sur 62 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, ROGER

Roper paraît au foml tenant un plateau sur lequel est un papier plié en deux et va directement à la Ghoiite.

ÉTIENNETTE

Qu'est-co que c'est, Roger?

ROGER, présentant le papier à la Ghoute.

Un mot pour madame.

LA GHOUTE, étonnée.

Pour moi?

MAURICE, corrigeant malicieusement.

Pour mademoiselle.

ROGER, conciliant.

Pour mademoiselle.

LA GHOUTE.

Vous permettez ? (se levant et descendant un peu à

droite pour lire.) « Est-co qu'il y en a encore

pour longtemps ? » (sur no ton moitié lassé moitié

rieur.) Oh ! (Lisant.) (( Jc m'embête par là ! viens

un peu : on rira!... » (a part en riant.) quelle brute ! (Haut, à Roger.) C'est bicn ! dites que je viens ! (Roger sort. — A Maurice.) Je VOUS demande pardon, monsieur l'abbé, c'est une personne qui est là; qui a... à m'entretenir.

GUÉRASSIN, à part.

« A l'entretenir » ! c'est un rien!

MAURICE, se levant.

Mais, mademoiselle, je vous en prie...!

Ah! seulement je vous demanderai la permission de vous présenter mes adieux.

LA GHOUTE.

Ohl mais je reviens.

MAURICE

C'est que moi je suis obligé de partir.

TOUTES, se levant.

Oh! déjà?... déjà ?

MAURICE

Hélas, oui mesdames. Je n'étais venu que pour prier madame de Marigny de m'excuser si je suis forcé de renoncer pour aujourd'hui à notre conférence quotidienne.

ÉTIENNETTE

Ohl vraiment?

MAURICE

C'est demain que je rentre à la caserne,

et nous sommes convoqués pour aujourd'hui avant six heures à la Place.

TOUTES, désappointées.

Oh!

LA GHOUTE, enfant gâtée.

Oh ! qu'ils sont ennuyeux à la Place ! Vous ne pouvez pas y aller un autre jour?

MAURICE, avec un geste désolé tout en souriant de 1 innocence de sa question.

Impossible! Avec les choses militaires...!

LA GHOUTE.

En disant que vous étiez avec nous 1

MAURICE, id.

Même en disant ça.

LA CHOUTE, sur un ton de regret, à Maurice qui sur ces dernières répliques a gagné le milieu de la scène.

Allons ! Puisqu'il en est ainsi, au revoir monsieur l'abbé, et, j'espère, à bientôt.

MAURICE *

Mais je l'espère aussi.

LA CHOUTE, après avoii- fait une révérence à Maurice. — sur un ton déluré.

A tout à l'heure, vous autres.

Elle sort.

Kt. 1, près de la cheminée, — Cl. 2, — Paul 3, — M. k, — (j. 5, un peu au-dessus, — la Ch. 6.

176 LE nOURGKON

MAURICE, qui, sur la sortie de la Choute, est remonté.

Charmante jeune fille!... (a cuérassin qui est à sa gauche.) et qucUe natuFC supérieure!...

GUÉRASSIN, avec une admiration jouée.

Ah!

Roger entre du fond, avec une carte sur un plateau; il va vers Étiennette près de la cheminée, en descendant par la gauche de la table.

ÉTIENNETTE

Qu'est-ce encore?

ROGER

Madame, c'est une dame, accompagnée de... de sa femme de chambre, qui demande à être reçue en particulier.

ÉTIENNETTE, ennuyée.

Allons, bon! quoi ? quelle dame ?

ROGER

Voici sa carte.

Il présente le plateau à Étiennette.

ÉTIENNETTE, prenant la carte et lisant.

Comtesse de Plounidec... !

MAURICE

Maman !

TOUS

Hein ?

ÉTIENNETTE, allant (3) à Maurice.

Madame votre mère ! Madame votre mère chez moi... ?

MAURIGIî.

Pourquoi? Qu'est-ce que ça signifie?

ÉTIENNETTE

Je ne sais pas... Pourvu que ce ne soit pas pour... t

MAUHIGE.

Pour quoi ?

ÉTIENNËTTE.

Hein? non, rien!... (a Roger.) Vous n'avez rien remarqué dans l'air de cette dame?...

ROGER, ail dessus de la table.

Dans son air?... non.

11 remoDte près de la porte.

MAURICE

Il faut vraiinoiit quelque raison majeure pour que ma mère vienne ainsi vous demander un entretien particulier.

ÉTIENNËTTE, troublée.

Oui, évidemment.

MAURICE

Ah! je voudrais l)ion savoir...

Ecoutez, monsieur l'abbé, cet entretien

ne saurait être long"; (rinliquant la porte de gauche.)

voulez-vous attendre par là avec ces dames

et (jUeraSSin. (a (iuô;assin,qui est au-dessus de la ta-

ble. causant avec Clôo et Paulette, l'invitant à indiquer le

chemin.) Guérassin !

GUf;RASSIN.

Entendu !

Il remonte et pendant ce qui suit, tout en bavardant avec Paulette et Gléo passe dans la pièce de gauche dont la porte reste ouverte.

ÉTIENXETTE.

Aussitôt madame votre mère partie je viendrai vous donner l'explication.

MAURICE

Attendre, cela me mettrait bien en retard ! d'autant qu'il faut que je passe encore chez moi avant d'aller à la Place ; (Tout en

marchant avec Ktiennette dans la direction de la porte de

gauche.) mais voici ce que je puis faire : de chez moi, — c'est sur mon chemin — avant la Place, je remonte ici savoir...

ÉTIENNETTE

Eh! bien, c'est ça! Tenez passons par là.

(A Roger, avant do sortir.) Ct VOUS, iutroduisCZ

ces dames.

ROGER

La bonne aussi?

ÉTIENNETTE

Hein?

ROGER

La bonne ?

KTIENNETTE.

Oui... non... comme le désirera madame la comtesse, (a Mamice.) Allons I

MAURICE

Mon Dieu ! pourvu que cela no soit pas quelque contrariété!

Ils sortent.

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