SCENE II
Les Mêmes, HUGUETTE.
HUGUETTE, arrivant du fond gauche. Elle est à bicyclette et descend ainsi jusqu à 1 avant-scène.
Bonjour, monsieur le Curé.
Elle descend de bicyclette.
l'abbé.
Ah ! mademoiselle Huguette!...
JEAN— LOU, essayant de s esquiver sans être remarqué.
Oh!
l'abbé, tout en déposant son casier à bouteilles sur le banc circulaire de 1 arbre.
Ah! bien, justement... (voyant Jean-Lou qui cherche à s esquiver et le rattrapant par son crochet avec le bec de corbin do sa canno.) Eli! là, ne t'cn Va
donc pas toi, là-bas.
JEAN-LOU, tout gêné.
Mais, monsieur l'Abbé...
UUGUEÏTE, tout en déposant sa bicjclette contre le juur du presbytère, un peu au-dessus du banc.
J'arrive en avant-garde ; la famille me suit.
l'abbé.
Parfait ! Tenez, mademoiselle Huguette, voici un petit gars qui n'ose pas vous dire qu'il a une surprise pour vous.
HUGUETTE, descendant.
Pour moi?
l'abbé, le faisant passer au 2 en le prenant par 1 oreille.
Allez. Jean-Lou.
JEAN-LOU^ tout honteux et se faisant un peu tirer.
Oh! non ! non!
L'ABBÉ
Comment, « non » ?
JEA.N-LOU) qui tient toujours son verre enveloppé de ouate dans la main.
C'est-à-dire... Oh! mademoiselle... c'est une bêtise, une façon de vous remercier bien faiblement.
HUGUETTE
Et de quoi, mon Dieu?
JEAN-LOU
Mais de... (Bien godicho.) C'cst moi le noyé, mademoiselle.
HUGUETTE, le regardant.
Ah! c'est vous que...
Elle baisse les 3'eux instinctivement.
.lEAN-LOU, baissant la tête.
C'est moi, oui, mademoiselle... Jean-Lou, le vitrier...
HUGUETTE
Oh ! je vous demande pardon, je ne vous reconnaissais pas... c'est que c'est la première fois que je vous vois... (Hésitant et baissant
les yeux.) comme ça.
JEAN-LOU, gêné.
Oui, en effet...
Ils restent un instant décontenancés, n'osant se regarder ; à un moment donné leurs regards se rencontrent, ils rebaissent aussitôt les yeux. L ABBÉ, voyant leur embarras réciproque — jovialement.
Eh bien, c'est le moment d'y aller de ton
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offrande . (sur un ton un peu moqueur.) (( A. ma Sail-
vetouse, son sauveLé ».
Oui. monsieur le curé, (.v iiuguette.) Alors, voilà, mademoiselle, si c'était un effet de votre bonté d'accepter ce modeste vase en souvenir de la chose...
Il lui tend le verre sans oser la regarder. HUGUETTE, prenant le verre sans regarder non plus Jean-Lou.
Oh! vous êtes bien aimable, monsieur Jean-Lou.
JEAN-LOUj id.
C'est pas bien beau.
HUGUETTE, id.
Oh! c'est très joli.
JEAN-LOU
C'est simple.
HUGUETTE
Ça me touche profondémoiil . monsieur Jean-Lou.
JEAN-LOU
Alors, vrai, mademoiselle, vous n(i m'en voulez pas ?
HUGUETTE
Et de quoi donc, monsieur Jean-Lou?
JKAN-LOU.
Mais... de m'être montré si iiiip(di... yiw ma ttuiue ce jnur-Ià.
HUGUETXE.
Oh! pouvez- vous dire!
JEAN-LOU
Si. si. je sais très bien que ce n'est pas comme ça qu'on se présente à une demoiselle... surtout qui n'est pas do votre monde.
HUciUETïE.
Ce n'était pas de votre faute, monsieur Jean-Lou.
JEAX-LOU.
Sûr que ce n'était pas ma faute ! et il est évident que sur le moment on n'y a réfléchi ni l'un ni l'autre.
HL'GUETTE
Oh! non!
Jl, AN-LOU.
Seulement, quand après ça on se rencontre, on a beau faire : on pense, on se rappelle... et on se trouve tout gêné.
HUGUETTE
Oui.
JEAN-LOU
Oh! je le sens bien, allez.
HUGUETTE
Est-ce hôtel je vous aurais revu comme
VOUS étiez la première fois, je ne sais pas, il me sembleque ça m'aurait paru naturel...
JEAN-LOU
J'aurais tout de même pas osé.