SCENE YI
EFFIE, seule.
Grâce au ciel, me voilà seule, et je puis pleurer. Mon Dieu ! moi qui , ce malin , me suis levée si joyeuse, si contente! qui aurait pu me dire .. Lui faire bonne mine, à cette femme, oh ! non, certainement! ce serait plus fort que moi, et j'aime mieux m'en aller, quitter pour toujours la brasserie. {Après un instant de réflexion.) Eh ! .e puisje? comment justifier ce départ? Aux questions dont on m'accablerait, pourrais-je répondre : Je vous quitte, monsieur Robinson, parce que, moi pauvre orpheline, j'avais rêvé qu'un jour... El cependant je ne puis pas rester ici!
pre:mif.r couplet.
Monsieur Robinson
Est si bon garçon ,
Si doux, si sinc'ere'.
Dans tout le canton.
Il est en renom
Pour son caractère ;
Puis, il est si bien !
Ouel air aiircùblc !
Dans tout son maintien
Quelle ur.Acc aimable!
Kl ce Irdsor-lri,
Que tant j'appre'cle, Pleurant.
AU! ah! ail! ah! ali!
Une autre l'aura,
Le possédera !
Ali I ail ! ah I ah ! ali
Et la pauvre Efiie,
Hélail en mourrai
rCUXIEME COUPLET.
Souvent je croyais, Parfois je pensais Que j'avais su plaire.
Et qu'il me prendrait, Qu'il me choisirait Pour sa ménagère ; Je l'aurais clie'ri Comme on ne peut l'être ; Pour faire un mari Le ciel l'a fait naître...
Mais, ce Ire'sor-là, Que tant j'appre'cie,
Sanglotant, Ah! ah! ah! ah! ah!
Une autre l'aura.
Le possédera...
Ah! ah! ah! ah! ah!
Et la pauvre Effie, Hélas ! en mourra!
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SCExNE YII.
EFFIE, BOB, en habit de fêle.
BOB, ouvrant la porte du fond et parlant à la cautonnade.
Puisqu'on vous dit que c'est ici, dans la grande cour qu'on mangera, qu'on boira, qu'on dansera. [Descendant la scène.) Ces garçons taverniers... c'est bête 1
EFFIE, s'essuyanl les yeux.
Bob, M. Robinson a bien recommandé que tout le monde fût gai et joyeux; c'est pourquoi Je vous
prie...
BOB, la regardant.
Eh bien! vous avez drôlement l'air de suivre la consigne; votre figure est tout je ne sais quoi... vous avez pleuré, miss Effie?
EFFIE
Moi ! non I
BOB
Qu'est-ce qui a osé vous faire du chagrin, à vous, si gentille et si bonne? dites-le-moi bien vitel je ne suis pas Anglais pour rien.
Il fait le geste de boxer.
EFFIE
Merci! merci, mon garçon!... occupons-nous plutôt de bien recevoir la future de M. Robinson.
BOB
La future! comment? le maître songe à se remarier, et c'est pas avec vous ?
EFFIE
Aurais-je jamais pu prétendre...?
BOB
Le bourgeois a tort, mamiclle Effie, et je le lui dirai, moi.
EFFIE
Garde-t'en bien, il se fâcherait.
EOB.
Comment! t'est pas vous, marnselle Effie, qui serez notre nouvelle bourgeoise? Eh ben I tant pis ! dans nos petites causeries, comme ça, entre BOUS autres brasseurs, nous disions quelquefois : Comment se fait-il que le patron ne songe pas k
se donner une compagne , mamselle Effie , par exemple 7
EFFIE
C'est qu'il ne m'aime pas.
On entend la ritournelle du morceau suivant. BOB.
Ah t voilà les invités 1
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