‹ Le brasseur de PrestonChapitre 10 sur 63 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

EFFIE, seule.

Grâce au ciel, me voilà seule, et je puis pleurer. Mon Dieu ! moi qui , ce malin , me suis levée si joyeuse, si contente! qui aurait pu me dire .. Lui faire bonne mine, à cette femme, oh ! non, certainement! ce serait plus fort que moi, et j'aime mieux m'en aller, quitter pour toujours la brasserie. {Après un instant de réflexion.) Eh ! .e puisje? comment justifier ce départ? Aux questions dont on m'accablerait, pourrais-je répondre : Je vous quitte, monsieur Robinson, parce que, moi pauvre orpheline, j'avais rêvé qu'un jour... El cependant je ne puis pas rester ici!

pre:mif.r couplet.

Monsieur Robinson

Est si bon garçon ,

Si doux, si sinc'ere'.

Dans tout le canton.

Il est en renom

Pour son caractère ;

Puis, il est si bien !

Ouel air aiircùblc !

Dans tout son maintien

Quelle ur.Acc aimable!

Kl ce Irdsor-lri,

Que tant j'appre'cle, Pleurant.

AU! ah! ail! ah! ali!

Une autre l'aura,

Le possédera !

Ali I ail ! ah I ah ! ali

Et la pauvre Efiie,

Hélail en mourrai

rCUXIEME COUPLET.

Souvent je croyais, Parfois je pensais Que j'avais su plaire.

Et qu'il me prendrait, Qu'il me choisirait Pour sa ménagère ; Je l'aurais clie'ri Comme on ne peut l'être ; Pour faire un mari Le ciel l'a fait naître...

Mais, ce Ire'sor-là, Que tant j'appre'cie,

Sanglotant, Ah! ah! ah! ah! ah!

Une autre l'aura.

Le possédera...

Ah! ah! ah! ah! ah!

Et la pauvre Effie, Hélas ! en mourra!

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SCExNE YII.

EFFIE, BOB, en habit de fêle.

BOB, ouvrant la porte du fond et parlant à la cautonnade.

Puisqu'on vous dit que c'est ici, dans la grande cour qu'on mangera, qu'on boira, qu'on dansera. [Descendant la scène.) Ces garçons taverniers... c'est bête 1

EFFIE, s'essuyanl les yeux.

Bob, M. Robinson a bien recommandé que tout le monde fût gai et joyeux; c'est pourquoi Je vous

prie...

BOB, la regardant.

Eh bien! vous avez drôlement l'air de suivre la consigne; votre figure est tout je ne sais quoi... vous avez pleuré, miss Effie?

EFFIE

Moi ! non I

BOB

Qu'est-ce qui a osé vous faire du chagrin, à vous, si gentille et si bonne? dites-le-moi bien vitel je ne suis pas Anglais pour rien.

Il fait le geste de boxer.

EFFIE

Merci! merci, mon garçon!... occupons-nous plutôt de bien recevoir la future de M. Robinson.

BOB

La future! comment? le maître songe à se remarier, et c'est pas avec vous ?

EFFIE

Aurais-je jamais pu prétendre...?

BOB

Le bourgeois a tort, mamiclle Effie, et je le lui dirai, moi.

EFFIE

Garde-t'en bien, il se fâcherait.

EOB.

Comment! t'est pas vous, marnselle Effie, qui serez notre nouvelle bourgeoise? Eh ben I tant pis ! dans nos petites causeries, comme ça, entre BOUS autres brasseurs, nous disions quelquefois : Comment se fait-il que le patron ne songe pas k

se donner une compagne , mamselle Effie , par exemple 7

EFFIE

C'est qu'il ne m'aime pas.

On entend la ritournelle du morceau suivant. BOB.

Ah t voilà les invités 1

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