‹ Le brasseur de PrestonChapitre 13 sur 63 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

ROBINSON, EFFIE, TODY.

TOBy, à Robinsou d'un air agile.

Dieu vous garde, monsieur Robinsou ! Votre iVère, mon lieutenant, est-il ici?

ROBIKSOK.

Nonl

Comment! il n'y est pas?

ROBINSON

Mais cela ne fait rien, soyez le bien venu, monsieur Toby: dites donc, je me marie, mon vieux sergent, et je pense que le bruit des cornemuses et des pots de bierre ne vous effraiera pas. EFFIE, faisant une grande révérence.

Sergent, la mariée vous invite.

TOBY

Par saint Georges! il s'agit bien de cornemuses et de pots de bierre en ce niomeuil

EFFIE

Mais vous m'effrayez, sergent I

ROBINSOM.

Oui, au fait, pourquoi cette colère, sergent?

TOBY

Pourquoi? parce que, si demain à midi votre Trère n'a pas reparu au camp...

ROBINSON

Eh bien?

TOBT.

Il sera condamné comme déserteur, et, si jamais on le rattrape, son affaire sera bâclée I

Il faille geste lie fusiller.

ROBINSON

Comment? que dites- vous là?

Mais il avait sans doute une permission ?

TOBY

Celle qu'il avait est expirée depuis trois jours: notre régiment est à trente milles d'ici, nous sommes en face d'un gros détachement du prince Edouard, le fils du prétendant. D'un moment à l'autre on va causer à coups de mousquet, et mon lieutenant ne sera pas de la conversation !

ROBlNSON.

Ah ! mon Dieu ! que venez-vous de m' apprendre !

TOBY

Moi; j'espérais le trouver ici, et j'accourais le prévenir.

EFFIE

Non, il n'y est pas venu.

ROBINSON

Mais, sergent, vous vous alarmez peut-être à tort, les chefs...

TOBY

Les chefs ont usé d'indulgence; et si le lieutenant n'était pas aussi aimé, il y a trois jours que sa sentence serait pronosctc.

noDiNSON, tombant sur un banc.

Mon pauvre frère! fusillé !...

TOBY

Je sais bien qu'une douzaine de balles dans l'estomac, c'est une mauvaise ration, difficile à digérer; mais ce n'est rien encore que ça 1 Mon lieutenant sera dégradé, déshonoré!

ROBINSON

Déshonoré !

TOBY, à lui-même.

Brave lieutenant! sois tranquille, va! si tu meurs, le sergent Toby manquera bientôt aussi à l'appel; il chargera ces enragés d'Écossais de lui délivrer sa feuille de route pour le grand voyage! ROBINSON, prenant la main de Toby.

Merci, sergent, merci pour mon frère, de l'attachement que vous lui portez.

TOBY

Mille tonnerres ! c'est bien naturel ! mon lieutenant ! Savez-vous bien qu'il m'a sauvé plus de coups de verges que je n'ai déchiré de cartouches; au dernier combat? savez-vous qu'il s'est jeté entre un grand montagnard et moi ? qu'il a reçu dans le bras le coup de feu qui allait me casser la lète? Que maintenant sa vie, c'est la mienne! son honneur, c'est le mien!

ROBINSON

Mais est-ce qu'il n'y a rien à faire? voyons!

EFFIE

Oui, sergent, dites-nous un peu...

TOBY

Oh! mon Dieu! rien! Je vais retourner au camp ; vous autres, mariez-vous I

ROBINSON

Nous marier! dans un pareil moment!

Nous n'avons plus le cœur à la joie I

TOBY

L'heure s'avance, il faut que je parte ; adieu, monsieur Robinson.

ROBINSON

Mais un instant, sergent, attendez donc un peu, il faut chercher encore. Ah!... je me souviens que, l'année dernière, mon frère était amoureux comme un fou d'une jolie miss de Carlisle, la sœur d'un marin, je crois.

TOBY, impatienté.

Eh ! qu'importe tout cela?

ROBINSON

Comment ! qu'importe ! mais il est, j'en suis sûr, chez la belle miss, s'oubliant à filer le parfait amour: Carlisle n'est qu'à vingt milles d'ici, il faut y courir.

EFFIE

Oui, oui, partons, monsieur Robinson... je ne vous quitte pas, d'abord.

TOBY

Dam ! après tout, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal,

ROBINSON

En route!... quelque chose me ditquenous allons retrouver mon étourdi de frère; avec ma cariole

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nous seron» bientôt arrivés. [A la canionade.) Bob, attèle la grande noire. ( 4 Effie.) C'est gentil à toi de m'accompagner, Effie ; au retour, BOUS ferons la noce. {A la cantonade.) Allons donc, Bob, dépêche-toi 1... Ah! j'oubliais, monmanteau et de l'argent.

EFFIE

Et moi, ma mante t

Elle monte le petit escalier ^ gauche, et disparaît. ROBiNSON , à Toby.

Me voilà, sergent, me voilà... c'est à en perdre la té tel

Il sort par la gauche.

TOBT, à la cantonade.

Hâtez-vous, je prendrai les devans à cheval.

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