‹ Le brasseur de Preston opera comique en trois actesChapitre 51 sur 61 · ROBINSON, LORD MULGRAVE · texte numérisé non relu

ROBINSON, LORD MULGRAVE

LORD MULGRAVE

Nous sommes seuls, écoutez-moi.

robinson, affectant de l'assurance.

Oui, mylord.

LORD MCLCRAVB.

La dépêche que le roi vient d’ouvrir devant vous a fait naître au plus haut degré sa colère et son indignation.

robinson, d'un air suppliant.

Eh bien ! mylord...

LORD MULCRAVE.

Eh bien! celte dépêche apprend à sa majesté que nos affaires vont mal en Irlande.

robinson, très-êlonné , balbutiant.

Elles vont mal en Irlande, nos affaires? tiens, tiens 1 tiens!

lord mulgrave, toujours avec mystère.

Les mécontens augmentent de jour en jour, ils ont même osé prendre des positions militaires.

ROBINSON

Voyez-vous! (A part t avec joie.) On ne sait rien! mon frère! mon frère !...

LORD MOLGRAVE.

Notre bonté, ils l'ont prise pour de la faiblesse, de la crainte; ils ont eu 1 audace de déchirer les proclamations royales, et, vous le dirai-je? violant toutes les règles de la guerre, ils se sont emparés du major Turner cl ils l’ont fusillé !

ROBINSON

Ils ont fusillé le major Turner 1 cet excellent Turner t (A part.) Je ne le connaissais pas du tout.

LORD MULGRAVE, fll’CC Chaleur.

Plus de pitié pour eux! ils veulent la guerre, ils l’auront.

robinson, cherchant à s’animer.

C’est bien fait !

lord mulgrave.

Mais une guerre terrible! le sang veut du sang.

Parbleu 1

lord mulgrave, marchant à grands pas.

Àhl messieurs les Irlandais, vous assassinez

lâchement l’homme qui venait vous apporter des paroles de paix et de pardon !... ce n’est plus un ambassadeur que nous daignerons vous envoyer pour vous faire entendre la raison et baisser humblement la télé; nous vous enverrons un homme de guerre, un homme sans pitié, un sabreur!...

( S’arrêtant vis-à-vis de Robinson et le montrant.) Et le voilé !

robinson, tombant sur un fauteuil.

Plalt-il?

LORD mulgrave, sans faire attention à Robinson et regardant la carte sur la table à droite.

Point de rcmerciemens , capitaine Robinson!

le courage plus qu’humain que vous avez montré dans la dernière affaire nous est un sûr garant du succès. Pas de transaction avec les rebelles! entendez-vous, capitaine Robinson? ( Robinson , ne sachant où il en est, fait signe que non.) Le sabre, rien que le sabre!

Robinson fait signe que oui.

robinson, à part.

J’étouffe, j’âuraii besoin de me fairo saigner!

LORD MULGRAVE

Vous partirez dans trois heures.

robinson, balbutiant.

Permettez, mylord... permettes... dans trois heures I diable! sans être préparé? sans avoir pris les petites dispositions nécessaires...

LORD MULGRAVE

Je vous comprends... vous voulez arrêter avec moi une espèce de plan de campagne... c’est juste? je reconnais bien là l’homme de guerre! Tenez, voici la carte détaillée de l’Irlande! pointons ensemble. (Il va s'asseoir à la table à droite.) Metlez-vous en face de moi, là.

robinson, à part , approchant un fauteuil.

J’aimerais mieux avoir A prendre uue demidouzaine de redoutes !

Il «'asseoit.

lord mulcrave, pointant sur la carte.

Tenez!... les rebelles se sont emparés de ces défilés... nos troupes sont ici!... que pensezvous devoir faire?

robinson, après avoir regardé long-temps la carte avec une grande attention.

J'y suis.

LORD MULGRAVE

Vraiment?

RODINSON.

Oui, général!... voyons!... et vous?

lord mulgrave, avec modestie.

Moi?... j’appuierais notre aile gauche contre ce ravin.

ROBINSON

C’est ce que j'avais pensé.

LORD MULGRAVE

Mais si l’ennemi tournait le ravin, comment sauveriez-vous le centre?

robinson , voulant prendre de l'assurance.

Le centre?... le centre!... mon général... vous comprendrez que, lorsqu'on a comme moi l’babi-

tude de la guerre, on s’occupe du centre avant tout, parce que le centre!... diable, le centre!... c’est tellement important... je suis sûr que vous y avez pensé, général !

LORD Ht} (.GRAVE.

Moi!... je ferais alors traverser la rivière pour se jeter dans le bois que voici...

ROBINSON

Eh bien! moi, général, sauf meilleur avis... je ferais traverser la rivière pour se jeter dans le bois que voici.

Il mootre un endroit >ur U carie.

Page 1