‹ Le brasseur roi;Chapitre 140 sur 141 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La clarté du fanal solitaire se reflétait sur le pâle visage de Wenemare. Il avait la tête découverte. Le vent du matin, écartant ses cheveux noirs , laissait voir en entier son large front, où les rides, nées de la souffrance et comme narguant sa jeunesse, venaient protester de la haute violation d'une noble nature, de Ja chute d'une grande âme. Il semblait à la fois un monument et une ruine. Il tenait de l'homme et du spectre.

Le fils des rois a rassemblé ses souvenirs. Une pensée jaillit de son âme .

« — Wenemare ! à moi ! » s'écrie-t-il.

C'était son appel d'autrefois quand tous deux guerroyaient ensemble. Urbin a tressailli joyeusement. Le son a vibré dans son cœur ; c'est un retentissement, pour lui, des jours d'honneur , d'amour et de gloire.

Il s'élance vers le brancard.

« — Te rappelles-tu, dit Louis, la ferme de Keruel et de Barbe? Là , un dépôt sacré me fut confié par un prêtre mourant. Je jurai de ne jamais m'en séparer. C'était un sac de cuir : où est-il?

» — Comment le saurais-je, mon prince?

vous n'en aviez rien dit à personne. Il sera resté chez Bertrade; et, caché dans vos vêtemens, ce dépôt....

» — Dieu ! s'il s'égarait ! s'il tombait entre les mains d'Artevelle, Bertrade....

» — Eh bien !

» — Serait perdue.

» — Perdue!

» — Et elle m'a sauvé.

» — Qu'entends-je !

» — Horrible catastrophe ! J'ai trahi la

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