CHAPITRE X. iy
et leur chef se concertent sur le meilleur parti à prendre pour dérober aux regards curieux le fils des souverains légitimes, l'espérance de la nation , le salut futur de la Flandre.
Un vaste établissement industriel s'élevait , du côté de Bruges , au fond d'une riche vallée. Des lampes y brûlaient à l'intérieur; et leurs clartés mourantes luttaient avec les premiers rayons du matin, Les routiers y portent leurs pas.
Ce lieu se nommait Réthelsée. On entendait de loin le bruit des marteaux, des roues et des mécaniques que l'eau y faisait mouvoir jour et nuit. Il y avait là moulins à foulons, tisserands et teinturiers.
Gérard Denys est arrivé au pied d'un énorme poteau , au sommet duquel est une
jç)6 LE BRASSEUR ROI.
lanterne allumée. Une palissade, semblable aux retrancbemens d'un camp, ferme le passage aux voyageurs à cheval. L'entrée eot permise aux piétons.
Le brancard où repose le prince est arrêté par la barrière. Gérard Denys écarte sa troupe, pour que l'aspect inopiné des enfans de la guerre n'alarme point les fils du commerce. Puis, laissant Louis de Maie à la garde d'Urbin, il s'introduit à Réthelsée.
Le comte a poussé un long soupir. La cessation de tout mouvement et l'interruption de toute marche le tirent de son
repos funèbre. Il s'est redressé sur son
séant ; et, jetant çà et là un regard inquiet, il aperçoit Urbin appuyé contre la palissade , seul., immobile, en face de lui.